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Des femmes enceintes du Pontiac s’inquiètent des contrôles policiers

Gros plan du ventre d'une femme enceinte qui le tient.

Les femmes enceintes du Pontiac doivent se rendre vers Gatineau ou l’Ontario pour donner naissance à leur enfant (archives).

Photo : iStock

Le département d’obstétrique de l’Hôpital du Pontiac à Shawville est fermé depuis plus d’un an, obligeant les femmes enceintes à se rendre vers Gatineau ou l’Ontario pour donner naissance à leur enfant. Avec les points de contrôle policiers mis en place depuis lundi, le stress est à son comble pour des mères qui sont sur le point d’accoucher.

Sans service d’obstétrique à Shawville, des femmes enceintes du Pontiac doivent parcourir de longues distances pour accoucher.

Pour se rendre à l’hôpital de Pembroke, en Ontario, au moins 45 minutes de route sont nécessaires. Pour se rendre à l’hôpital de Gatineau, ou encore au campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa, l’itinéraire grimpe à plus d’une heure.

Enceinte de 36 semaines, Julie Dagenais doit accoucher de son troisième enfant au campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa comme sa grossesse est à risque élevé.

C’est 1 h 20 pour me rendre à l’hôpital Civic. Avec le barrage routier, ça peut nous rajouter 10, 15, 20, 30 minutes d’extra, soutient Mme Dagenais. Juste attendre ça, c’est extrêmement stressant.

Les frontières entre le Québec et l’Ontario sont fermées depuis lundi, et des barrages routiers sont en vigueur. Cette mesure a causé d’importants bouchons de circulation à l’heure de pointe, lundi matin.

Des voitures font la file en raison d'un barrage policier sur le pont du Portage.

Les barrages entre Gatineau et Ottawa sont entrés en vigueur à 0 h 01, lundi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

La Police provinciale de l’Ontario (PPO) a assuré, dans un courriel envoyé à Radio-Canada, que les mères devant se rendre du côté de l’Ontario pour accoucher pourront traverser la frontière. Si leur voiture est identifiée au Québec, elles devront s’arrêter au barrage pour informer les policiers qu’elles vont accoucher.

Tu ne sais pas ça va être quoi le temps, lance Mme Dagenais.

La mère de famille de Campbell’s Bay déplore que les femmes enceintes du Pontiac ne puissent pas accoucher près de chez elles. Ce n’est pas un jeu […] quand ça vient avec des mamans enceintes.

Julie Dagenais lors d'une entrevue Facetime.

Julie Dagenais, mère de famille de Campbell's Bay dans le Pontiac.

Photo : Radio-Canada

On est délaissé un petit peu par le service de Shawville, parce que l’obstétrique est fermée. Toutes les mamans du Pontiac, on est toutes redirigées vers quelque part, un peu à l’inconnu.

Une citation de :Julie Dagenais, mère de famille de Campbell’s Bay dans le Pontiac

La porte-parole de Voix du Pontiac, Josey Bouchard, dénonce le fait que ces mères doivent s’expatrier pour donner naissance à leur enfant.

Il faut se déplacer, il faut prévoir du temps et [...] à ça, s’ajoute d’attendre avant de passer un barrage policier, s’exclame-t-elle.

On sait que les policiers vont utiliser leur jugement, ils vont les laisser passer, soutient Mme Bouchard, mais s’il y a une file de voitures, que fait-on? Est-ce qu’on essaie de dévier de la file de voitures, on klaxonne, on met les lumières? Qu’est-ce qu’on fait pour laisser savoir aux policiers qu’il y a urgence et qu’il faut passer devant les autres?

C’est comme si on ne faisait pas partie du Québec

La porte-parole de Voix du Pontiac en a assez de voir son coin de pays dépourvu de services médicaux. La pandémie nous a permis de voir que l’Outaouais a toujours été le parent pauvre au niveau de la santé, dit-elle.

Mme Bouchard qualifie même la situation de désastreuse et considère que les habitants sont traités comme des citoyens de deuxième classe, et, en milieu rural, de troisième classe à certains égards.

Josey Bouchard en entrevue Skype.

Josey Bouchard, porte-parole de Voix du Pontiac.

Photo : Radio-Canada

C’est comme si on ne faisait pas partie du Québec à un certain point. Vraiment, on a toujours été laissé un petit peu de côté.

Une citation de :Josey Bouchard, porte-parole de Voix du Pontiac

Les résidents du Pontiac se débrouillent pour obtenir les services de santé dont ils ont besoin, raconte Mme Bouchard. Elle se désole que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais ne soit toujours pas parvenu à rétablir le service d’obstétrique dans le Pontiac.

Le CISSS de l'Outaouais tente de rassurer

Dans une réponse envoyée par courriel, le CISSS de l'Outaouais assure que les femmes qui ont besoin de traverser la frontière pour des raisons médicales pourront le faire sans contrainte.

Même s’ils nous disent que les femmes peuvent aller accoucher à Gatineau, on parle quand même d’un temps qui est inacceptable en termes de pouvoir aller accoucher, rétorque la porte-parole de Voix du Pontiac.

Cette dernière affirme que la population n’acceptera jamais la fermeture permanente du département. On est vraiment un hôpital communautaire rural qui se doit d’avoir tous ses services, insiste Mme Bouchard.

Mais pour l'heure, le CISSS de l'Outaouais précise ne pas avoir le personnel nécessaire pour rouvrir le service d'obstétrique et ne s'engage pas sur une date de réouverture.

Nous travaillons avec les acteurs de la communauté dans le but de mettre en place des stratégies d'attraction et de rétention de personnel qualifié dans le Pontiac. Nous sommes également à organiser notre de point de service sage-femme à l'Hôpital du Pontiac. Toutefois, nous sommes confrontés également à des activités de recrutement de sages-femmes, explique-t-on dans un courriel.

Selon les données transmises par le CISSS de l'Outaouais, 70 femmes enceintes du Pontiac ont accouché à l’Hôpital de Gatineau et 131 en Ontario, entre février 2020 et aujourd'hui.

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