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La fonction publique municipale de Gatineau prépare l'après-pandémie

La Maison du Citoyen, l'Hôtel de ville de Gatineau, vue de l'avant.

Depuis mars 2020, près de 700 employés de la Ville de Gatineau sont en télétravail et 215 autres travaillent en alternance entre le bureau et la maison.

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Le télétravail pourrait demeurer une pratique permanente pour la fonction publique municipale à Gatineau. Même si la Ville n'a pas encore déposé de plan officiel de retour au bureau, les discussions sur l'après-pandémie sont amorcées, et les syndicats veulent avoir leur mot à dire.

Depuis mars 2020, près de 700 employés de la Ville sont en télétravail et 215 autres travaillent en alternance entre le bureau et la maison. C’est quinze fois plus d'employés que ce qui était prévu dans le cadre d'un projet pilote, lancé un mois seulement avant le début de la crise.

Disons que notre projet pilote est allé assez rapidement. C'est clair que le télétravail va faire partie de l'avenir, explique le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Je pense que les employés vont le demander et l'employeur trouve ça intéressant.

Il y a des gains importants, mais aussi des effets néfastes.

Une citation de :Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Selon le maire, plusieurs questions restent en suspens quant au coût du télétravail pour la Ville, par exemple en termes d'achat d'équipement, et quant à la sécurité des réseaux utilisés par des employés qui travaillent avec des données confidentielles.

Des défis techniques

Des enjeux techniques subsistent également pour bon nombre d’employés. C’est le cas notamment pour Julie Cadieux, technicienne au service de la paye.

Étant donné que je reste à la campagne, y'a pas de réseau Internet Bell fibre ou Vidéotron. Y'a aucun Internet à part mes données cellulaires, souligne la résidente de L'Ange-Gardien. C'est certain que c'était un peu stressant au début.

Julie Cadieux devant son ordinateur portable en télétravail.

Julie Cadieux, employée du service de la paye à la Ville de Gatineau

Photo : courtoisie / Julie Cadieux

Malgré tout, Mme Cadieux considère que les avantages du télétravail compensent les difficultés techniques. Elle indique qu'elle peut profiter d'une heure et demie de sommeil de plus et éviter les bouchons de circulation qui faisaient partie de son quotidien avant.

Inspecteur au service de l'urbanisme, Stéphane Plouffe souhaite aussi conserver une formule hybride au moment du retour à la normale. Même s'il passait déjà quelques jours au bureau dans le cadre d'un projet pilote sur le télétravail, sa résidence est maintenant devenue son bureau principal.

Stéphane Plouffe à son bureau devant son ordinateur portable en télétravail.

Stéphane Plouffe, inspecteur au service d'urbanisme de la Ville Gatineau

Photo : courtoisie / Stéphane Plouffe

Nous sommes trois à la maison. Nous avons donc installé trois postes de travail et on fait une rotation, pour accommoder tout le monde, relate-t-il.

M. Plouffe admet toutefois que le travail à distance, surtout dans ses fonctions, a amené son lot de défis.

Le plus gros défi est la communication avec les collègues, les gestionnaires, les citoyens, quand vient le temps d'expliquer, à distance, sans appui visuel, une réglementation déjà très complexe.

Une citation de :Stéphane Plouffe, inspecteur au service de l'urbanisme de la Ville de Gatineau

Le télétravail, oui, mais...

Malgré des débuts un peu chaotiques, les syndicats qui représentent les employés de la Ville croient que la dernière année a été un succès et que le télétravail a démontré ses effets bénéfiques.

Marie-Claude Provencher à son poste de travail à deux écrans en télétravail.

Marie-Claude Provencher, présidente du Regroupement des professionnels de la Ville de Gatineau

Photo : courtoisie / Marie-Claude Provencher

Je pense qu'on a prouvé qu'on est capables d'être fonctionnels. On veut conserver la possibilité de faire du télétravail, affirme la présidente du Regroupement des employés professionnels de la Ville de Gatineau, Marie-Claude Provencher.

Est-ce que ce sera sous une forme hybride, où nos gestionnaires voudront peut-être une présence physique une ou deux journées par semaine? Nous, on veut collaborer pour que ça continue à bien aller, ajoute-t-elle.

Même son de cloche chez le syndicat des employés cols blancs, qui émet toutefois certaines réserves.

On a une crainte au niveau du respect des conditions de travail de nos membres, lance la présidente du syndicat des cols blancs à la Ville de Gatineau, Geneviève Carrier. On a des services comme l'urbanisme, où des employés reçoivent des appels le soir, même la fin de semaine. Donc ces gens-là, même s’ils sont en télétravail, pour continuer à rendre le service et diminuer les délais, leur horaire a pris le bord.

Oui, on a maintenu les services, mais je pense que plusieurs ont débordé de leurs tâches habituelles pour être capables de livrer la marchandise.

Une citation de :Geneviève Carrier, présidente du syndicat des cols blancs à la Ville de Gatineau

La plus grande préoccupation pour son syndicat est le taux d'absentéisme de ses membres.

L'absentéisme semble être à la hausse ces temps-ci, s’inquiète Mme Carrier. On avait commencé 2020 avec des inquiétudes pour la santé psychologique de nos membres, nous l'avions même signifié dans les médias. Un an plus tard, on est d'autant plus préoccupés. Va falloir s'y attarder pour protéger la santé de notre monde.

Geneviève Carrier devant une affiche du Syndicat des cols blancs de la Ville de Gatineau.

Geneviève Carrier, présidente du Syndicat des cols blancs de la Ville de Gatineau

Photo : courtoisie / Geneviève Carrier

La leader syndicale reconnaît également le besoin exprimé par ses membres de retrouver leurs collègues de travail. En même temps, elle admet qu'un retour au travail à plein temps risque de susciter des craintes, voire même de la résistance chez les syndiqués, maintenant habitués à travailler de la maison.

Il va falloir y aller graduellement. Il va falloir trouver des mécanismes, une façon de le faire, parce qu’on va faire face à un enjeu, soutient-elle.

Des changements pour les autres travailleurs de la Ville

La grande majorité du personnel de la Ville de Gatineau, qui compte 3660 employés au total, n'a pas été touchée par le télétravail. Ce nombre inclut des pompiers et des policiers notamment, jugés essentiels durant la pandémie, mais aussi des cols bleus.

Pour ces derniers, la pandémie a été difficile en raison des changements constants de règles sanitaires et de sécurité, des changements qui ont complexifié les tâches à accomplir.

La problématique qu'on avait, c'est qu'on pouvait pas être plus qu'une personne par véhicule. Quand t'as des équipes de quatre personnes qui travaillent ensemble, ça faisait qu'on était obligé d'avoir plusieurs camions par équipe, jusqu'à ce qu'on arrive à mettre une cloison avec une personne à l'avant et une personne à l'arrière, décrit le président du Syndicat des cols bleus de Gatineau, Denis Savard.

L'autoportrait de Denis Savard.

Denis Savard, président du Syndicat des cols bleus de Gatineau.

Photo : courtoisie / Denis Savard

Quand les gens font de la mécanique automobile avec un masque de procédure, des lunettes, un protège facial, c'est pas si simple, illustre-t-il.

Des fois, la protection pour la COVID peut amener des risques supplémentaires au travail. Ça crée de l'incertitude, du stress qu'on n’avait pas besoin de vivre.

Une citation de :Denis Savard, président du Syndicat des cols bleus de Gatineau

Le seul côté positif des mesures en place, selon M. Savard, est la fréquence accrue du nettoyage et de l'entretien des équipements, de même que l'hygiène des mains.

Toutefois, pour les cols bleus comme pour tous les autres employés de la Ville, le poids d'une année pas comme les autres commence à se faire sentir.

Les gens commencent à être démoralisés, à être à fleur de peau, observe Denis Savard. Quand il y a des incidents, avant, le monde aurait peut-être parti à rire de la situation, mais là, le monde est plus à cran, je dirais. Ça a compliqué notre travail, on fait beaucoup plus de rencontres pour calmer le jeu.

Si tous les employés de la Ville attendent avec impatience la fin de la pandémie et commencent déjà à réfléchir à l'après-crise, tous savent aussi que le travail et les services aux citoyens devront se poursuivre.

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