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Qualité de l'air : près de la moitié des classes dépassent la cible fixée par Québec

Le ministère de l'Éducation dévoile les résultats des tests de CO2 réalisés dans 15 000 classes.

Une classe remplie de pupitres, sans élèves.

Des tests ont été réalisés dans 2906 écoles.

Photo : CBC/Evan Mitsui

48,8 % des classes du Québec affichent des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) qui ne permettent pas de respecter les normes du Québec pour assurer les meilleures conditions sanitaires et de réussite scolaire. Le ministère de l'Éducation fixe la cible à 1000 parties par million (ppm).

Ce n'est pas idéal, mais c'est acceptable et sécuritaire, a assuré le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge, mardi, en marge de publication du rapport des tests réalisés dans 2906 écoles du Québec.

Le ministre affirme que la barre de l'acceptable peut être placée à 1500 ppm, en se basant sur trois exemples pris ailleurs dans le monde.

« Est-ce que c'est épeurant d'avoir une classe qui a une des trois mesures à 1350 [ppm de CO2]? La réponse, c'est non. Il ne faut pas faire des peurs aux parents et aux membres du personnel. »

— Une citation de  Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Radio-Canada révélait mardi que des classes ont même dépassé les 3000 ppm, par exemple à Portneuf et à Mirabel. À Montréal, une classe modulaire a même atteint 3948 ppm.

Dans sa directive aux écoles, Québec demandait de respecter une concentration de 1000 ppm pour garantir une bonne qualité de l’air, car un taux de CO2 supérieur nuit à la réussite éducative.

L’Institut national de santé publique du Québec dit que la transmission [du virus de la COVID-19] est augmentée dans les espaces restreints, ventilés de façon inadéquate, à forte densité d’occupants et lorsque la durée d’exposition est prolongée.

Plus de transparence réclamée

Le ministère n'a pas dévoilé les données brutes des résultats et des circonstances de la prise d'échantillons, qu'ils détient, mais uniquement un résumé des résultats.

À l'Assemblée nationale, la députée libérale Marwah Rizqy a demandé au ministre de l'Éducation de rendre publique la liste des écoles où il y a un problème de ventilation, ce qui n'a pas été fait dans le rapport publié ce matin.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a aussi réclamé que Québec rende publics :

  • les résultats de tous les tests de qualité de l'air dans chaque école
  • la méthodologie utilisée
  • la liste des interventions faites
  • copie des contrats d'entretien de ces systèmes

Des correctifs en retard

Dans le communiqué, on apprend que des correctifs ont été apportés dans 90,7 % des locaux testés. Or, le ministère avait demandé de réaliser les travaux avant le 28 février dans les classes ventilées naturellement et avant le 15 mars dans les classes ventilées mécaniquement.

Parmi les quelque 150 classes en retard, plusieurs sont dans des écoles fermées par la santé publique.

Le rapport dévoilé par Québec permet par ailleurs de constater qu'après les correctifs réalisés dans les classes à plus de 1500 ppm, seules 43,2 % des classes sont parvenues à faire passer leur niveau de CO2 sous ce seuil.

Québec distribue des échangeurs d'air

Les cas les plus problématiques, au-delà de 2000 ppm, pourront bénéficier d'un des 438 échangeurs d'air commandés par le gouvernement. Au moins une centaine ont déjà été distribués dans les écoles.

« Le ministère accompagne ceux qui éprouvent des difficultés à corriger la situation, notamment en leur fournissant des échangeurs d'air. »

— Une citation de  Communiqué du ministère de l'Éducation du Québec

Tests controversés

« Les données qui semblaient non conformes ont été retirées pour ne pas fausser les résultats », assure le ministère.

Une enquête de Radio-Canada a montré que le protocole de tests n'avait pas été respecté à la lettre par plusieurs centres de services scolaires, ce qui avait abaissé les résultats.

Une façon de faire, critiquée, avait été d'ouvrir les fenêtres en tout temps, même pendant le cours, ce que ne recommande pas la santé publique.

Selon le bilan du ministère, l'ouverture des fenêtres durant les cours a eu peu d'impact sur la température dans les salles. 88 % des classes avaient une température supérieure à 20 degrés Celsius lors de la troisième mesure (après ouverture des fenêtres durant 20 minutes).

Le ministère a toutefois déjà annoncé qu'il modifiera son protocole de tests à l'avenir. « En se basant sur l'expérience vécue, le ministère adaptera le processus pour la suite, dans le cadre d'une démarche d'amélioration continue », peut-on lire.

Pour consulter les résultats pour chaque centre de services scolaire, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

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