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La prochaine phase d’Elysis se fera à l’aluminerie d’Alma

Plusieurs tables où des dignitaires sont assis au moment de la conférence de presse.

De nombreux dignitaires ont participé à l'annonce concernant Elysis.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

L’unité de démonstration industrielle de la technologie Elysis sera construite à l’usine de Rio Tinto à Alma. L’une des salles de cuves y sera dotée de cette technologie visant à produire de l’aluminium sans émettre de gaz à effet de serre.

Du même coup, Québec accorde 20 millions de dollars à Elysis, la coentreprise formée de Rio Tinto et d’Alcoa, pour pousser son développement. Pour fabriquer de l'aluminium sans gaz à effet de serre, le nouveau procédé utilise des anodes inertes, beaucoup moins polluante que les actuelles anodes au carbone.

La conférence de presse pour cette annonce a eu lieu à quelques pas du centre de recherche d’Elysis, situé au Complexe Jonquière, en présence du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, de la ministre responsable de la région, Andrée Laforest, du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, et de représentants des entreprises partenaires.

Elysis utilisera le site d’Alma avec sa technologie AP-45 comme vitrine lorsque viendra le temps de commercialiser son produit. Si tout se déroule comme prévu, cette autre étape devrait être franchie en 2024.

Nous sommes impatients d’utiliser les nouvelles cuves et de démontrer au monde entier que la décarbonisation de la production de l’aluminium sera bientôt une réalité et que l’expertise d’Elysis et des équipementiers québécois seront au coeur de cette révolution, a mentionné le président-directeur général d’Elysis, Vincent Christ.

Je veux qu’on soit les premiers à concrétiser ce changement révolutionnaire pour l’industrie de l’aluminium.

Une citation de :Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, se réjouit de cette avancée qui contribuera à construire la nouvelle économie verte du Québec.

Imaginez, si toutes les alumineries du Québec adoptaient la technologie d’Elysis, on pourrait réduire annuellement les émissions de gaz à effet de serre de près de 5 millions de tonnes métriques, ce qui équivaut au retrait de 1,5 million de voitures, seulement au Québec. Imaginez dans le monde!, a illustré le ministre.

Possibles pertes d'emplois à Alma

La mise en place d'Elysis risque aussi éventuellement de faire perdre des emplois.

Au plan économique, une anode inerte durerait jusqu'à 30 fois plus longtemps qu'une anode au carbone, selon le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma. La fermeture de l'usine d'anodes au carbone d'Alma ferait disparaître 270 emplois, soit le tiers des emplois de l'aluminerie. L'usine qui va produire ces anodes-là et les équipements, parce qu'on ne sait pas encore de quoi que ça va avoir l'air ces cuves-là, il faut s'assurer que ça, ça soit fait ici, dans notre région, a clamé Sylvain Maltais, le président du syndicat affilié aux Métallos.

Chez les élus aussi, on calcule que les anodes actuelles rapportent environ 400 millions de dollars par année dans la région. C'est certain que ça va être dans les pertes, mais en bout de ligne on a une usine d'extrusion ici à Alma. On a créé un parc technologique pour attirer de la PME à transformer de l'aluminium, a prévu le maire d'Alma, Marc Asselin.

Maintenant que l'unité de démonstration sera construite dans la région, la prochaine étape sera de s'assurer que les premières cuves Elysis soient installées ici. Pour ce type de demande, les élus, en plus d'autres acteurs, s'étaient d'ailleurs regroupés dans une table de concertation régionale sur l'aluminium, question de joindre les voix et non les diviser. L'usine de fabrication doit être implantée au Saguenay-Lac-Saint-Jean parce que l'impact d'Elysis, c'est ici qu'il va se faire sentir, a exigé la mairesse de Saguenay, Josée Néron.

Les élus voient donc dans les avancées d'Elysis un motif de plus de pousser sur Rio Tinto pour agrandir ses alumineries d'Alma et de Jonquière, tant pour sauver des emplois que parce que l'aluminium produit par l'hydroélectricité sera encore plus vert avec des anodes inertes.

C'est une bonne nouvelle, mais pour ça il faut s'assurer qu'on ait plus de production au Saguenay et que ça va signifier plus d'emplois dans une technologie la plus révolutionnaire, a ajouté le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

Fitzgibbon aimerait une garantie des entreprises

Sylvain Gaudreault a d'ailleurs questionné le ministre Fitzgibbon là-dessus le lendemain à l'Assemblée nationale, à savoir si Québec allait faire des efforts pour maintenir les emplois. Nous terminons la stratégie québécoise de l'aluminium, je vais rencontrer les parties prenantes dans les prochaines semaines. Nous allons divulguer la stratégie dans les prochains mois. Il est clair qu'on aimerait avoir une garantie des entreprises pour maintenir les emplois, a répondu le ministre de l'Économie.

Avec des informations de Gilles Munger

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