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Un projet de mine de fer de 500 M$ à Chibougamau et au port de Saguenay

Un train arrive au port de Grande-Anse à La Baie.

Le minerai proviendra la nouvelle mine de fer de Chibougamau.

Photo : Radio-Canada / Pascal Girard

Un nouveau projet de mine de fer de 500 M$, dans le secteur de Chibougamau, est en développement. Le minerai, avec une teneur en vanadium, serait amené par train jusqu’au port de Saguenay pour ensuite être exporté par bateau.

Le projet est mené par l'entreprise Vanadium One Iron Corp, basée à Toronto. En janvier dernier, elle a nommé Hubert Vallée, né à Chambord, au poste de vice-président du développement. Il est un des artisans du développement du projet de la mine du lac Bloom, près de Fermont.

On parle d’un projet d’environ 500 millions de dollars de capital. On parle d’environ 350 emplois. Au Saguenay, ça va dépendre du modèle d’affaires qu’il va y avoir, si c’est le port qui va s’en occuper ou si c’est nous autres. On pourrait parler peut-être d’une trentaine d’emplois au Saguenay, a révélé Hubert Vallée en entrevue à Radio-Canada jeudi.

Le projet a été révélé au moment de l’inscription de l’entreprise au Registre des lobbyistes du Québec, le 8 avril. Il est indiqué qu'il s'agit d'une compagnie minière junior qui possède des claims de minerais de fer et vanadium dans la région de Chibougamau, Québec, [et qui] vise à développer un projet d'exploitation de mine de fer et des infrastructures de transbordement et chargement de bateau conjointement avec le Port de Saguenay.

Des pelles mécaniques stationnées sur le site de la mine du lac Bloom, près de Fermont.

Hubert Vallée, maintenant chez Vanadium One, est un des artisans derrière la mine du lac Bloom, près de Fermont.

Photo : Radio-Canada

L'inscription vise à permettre de rencontrer des élus et intervenants pour faire la promotion du projet et de trouver du support monétaire ou pas afin de faire avancer le projet. Des subventions éventuelles serviraient à payer des consultants pour une étude de faisabilité et commencer les démarches et études pour l'obtention des autorisations environnementales nécessaires.

Les informations au registre ont aussi été confirmées par Hubert Vallée. On veut travailler activement à se trouver un partenaire important qui va acheter le produit et qui va contribuer financièrement pour les besoins financiers des deux prochaines années. Pour les deux prochaines années, on parle d’un besoin de 10 millions de dollars pour développer une étude de faisabilité qui sera précise à 10 % et entamer tout le processus environnemental, incluant une partie super importante qui est l'acceptabilité sociale des communautés visées, a-t-il raconté.

Au mont Sorcier

La mine serait située au mont Sorcier, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Chibougamau, dans le Nord-du-Québec. Le produit final comprendrait environ 65 % de magnétite de fer, avec une partie de 0,67 % d’oxyde de vanadium. Selon l'évaluation de l'entreprise, les revenus proviendraient à 86 % du fer et à 14 % du vanadium, en raison de sa forte valeur. 

Un chemin dans la neige vers une montagne l'hiver.

La mine se trouverait au mont Sorcier, près de Chibougamau.

Photo : Radio-Canada / Vanadium One Iron Corp

La prospection dans ce secteur remonte aux années 50. Vanadium One y a acheté en 2016 les claims miniers.

Les installations qui servent à concentrer le minerai seraient aménagées non loin de la mine. Le projet nécessiterait aussi la construction d'une portion de voie ferrée de 18 kilomètres pour rejoindre le réseau existant.

Des aménagements au port de Saguenay

Des capacités d’entreposage seraient érigées, sur le site de Grande-Anse. Certaines infrastructures pourraient être partagées avec d'autres projets.

En gros, ça va être l’aménagement d’aires d’entreposage pour leur produit, puis certaines infrastructures de manutention du produit aussi, a détaillé le président-directeur général du Port de Saguenay, Carl Laberge. Nous, comme vous le savez, on a un projet de convoyeur multiusager qu’on caresse depuis un certain temps et sur lequel on travaille activement. Donc, éventuellement, ils pourraient utiliser ce système de convoyeur là pour se rendre jusqu’au quai pour le chargement des navires.

Un homme en chemise bleue sourit dans un bureau.

Le président-directeur général du Port de Saguenay, Carl Laberge, se réjouit de voir s'ajouter un projet supplémentaire sur sa table de travail.

Photo : Radio-Canada / Pascal Girard

Des avantages au Québec

Dans une présentation disponible sur Internet vouée aux investisseurs, plusieurs avantages du projet sont avancés. Il est d'abord indiqué que le Québec est reconnu comme une des meilleures juridictions au monde pour l'extraction minière. Le faible coût de l'énergie hydroélectrique est aussi mentionné, tout comme le fait que la voie ferrée est sous-utilisée jusqu'aux ports en eau profonde.

Ce document mentionne aussi le port de Québec comme possibilité, en plus de celui de Saguenay qui est la première option. On veut bénéficier au maximum de l’électricité qui est un avantage stratégique du Québec pour être capable d’avoir une production qui va minimiser les gaz à effet de serre, a ajouté Hubert Vallée.

Bien qu’il se réjouisse de voir apparaître Vanadium One à Saguenay, Carl Laberge est conscient qu’il est ardu d’amener un projet de ce genre à se concrétiser. Il y a des défis logistiques puis environnementaux aussi et des défis techniques. Donc, ils vont avoir à passer au travers de toutes ces étapes-là, a-t-il prédit.

D'autres projets

Rappelons qu'il existe actuellement un projet de ferrovanadium, soit avec une présence plus élevée en vanadium, qui serait aussi réalisé conjointement à Chibougamau et à Saguenay. Métaux BlackRock possède les autorisations gouvernementales depuis mai 2019, mais n'est pas allée de l'avant encore. L'entreprise serait toujours à la recherche d'investisseurs. À la différence de Vanadium One, il y aurait une usine de transformation qui serait construite au port de Grande-Anse.

Deux autres grands projets sont liés au Port de Saguenay. Il y a d’abord Arianne Phosphate pour qui un port serait construit sur la rive nord du Saguenay. L’entreprise bénéficie aussi de toutes les autorisations gouvernementales. Le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec attend une réponse cet été de la part du gouvernement, après un rapport critique de la part du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Sur la liste des minéraux critiques

Le 12 mars dernier, le gouvernement fédéral a inscrit le vanadium sur la liste des minéraux critiques. La liste du Canada indique aux investisseurs où le Canada entend concentrer ses efforts et ouvrir la voie. Les minéraux critiques nous rapprochent vraiment de la carboneutralité, avait déclaré le ministre des Ressources naturelles Seamus O'Regan Jr par voie de communiqué.

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