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Analyse

Aînés et garderies : Ottawa vise juste, mais…

Le premier ministre Justin Trudeau montre le pouce à Chrystia Freeland après que la ministre a présenté son tout premier budget fédéral.

Le premier budget en deux ans du gouvernement Trudeau ne lésine pas sur les dépenses pour relancer l’économie canadienne.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le Canada est au nombre des pays qui couvrent le moins bien les revenus des gens à la retraite. On comprend, dans les circonstances, pourquoi le gouvernement Trudeau a décidé de corriger cette lacune. Mais, en versant un chèque unique de 500 $ aux personnes de 75 ans et plus cet été, il est difficile de ne pas y voir une stratégie électoraliste.

En plus d’annoncer ce chèque de 500 $, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a dévoilé dans son budget la majoration des prestations de la Sécurité de la vieillesse de 10 % dès l’été 2022 pour les personnes de 75 ans et plus.

Deux questions se posent : d’abord, pourquoi ne pas commencer à bonifier la Sécurité de la vieillesse de 10 % dès cette année? Et ensuite, pourquoi ces mesures ne touchent que les 75 ans et plus? Pourquoi pas dès l’âge de 65 ans?

Le taux de remplacement net des pensions, selon les estimations de l’OCDE, était de 50,7 % des revenus de préretraite au Canada en 2018. Autrement dit, le passage à la retraite représente une chute majeure du niveau de vie moyen des Canadiens.

Chute du niveau de vie des aînés

Le taux de remplacement net moyen des pensions dans l’OCDE est de 57,6 %. Celui de l’Union européenne est de 63 %. Sur un total de 49 pays étudiés, le Canada est au 32e rang en matière de couverture, loin derrière l’Italie, l’Inde, la France et le Danemark. On fait à peine mieux que les États-Unis, où les niveaux d’inégalités explosent.

Il faut donc agir. Les aînés, au Canada, ont besoin d’avoir une meilleure protection de leur niveau de vie. C’est près de 4 personnes sur 10, âgées de plus de 65 ans au Québec, qui doivent faire appel au Supplément de revenu garanti pour combler leurs besoins à la retraite.

La hausse de 10 % à partir de l’été 2022 permettra donc un ajout moyen de 766 $ sur 12 mois à la prestation de la Sécurité de vieillesse. C’est près de 65 $ de plus par mois, qui s’ajoutent ainsi à une prestation qui s’élève actuellement à 618,45 $. La prestation sera, par la suite, indexée à l’inflation.

Il aurait été approprié, compte tenu du piètre résultat du Canada dans le classement de l’OCDE, que la majoration de 10 % s’amorce dès cette année, qu’elle s’applique dès l’âge de 65 ans et que cet enjeu soit libre de tout intérêt électoraliste.

181 $ au Québec, 1578 $ à Toronto

Par ailleurs, le gouvernement fédéral s’attaque enfin à la question des services de garde au Canada, près de 25 ans après la création des centres à la petite enfance au Québec.

Il a été prouvé, démontré, calculé à maintes reprises que ce programme de garderies à faibles coûts a bénéficié à l’économie du Québec avec une hausse du taux de participation au marché du travail, essentiellement chez les femmes.

Ottawa propose de partager les coûts associés à ces garderies dans les provinces et de négocier un accord asymétrique avec le Québec. C’est 240 000 travailleurs qui pourront ainsi intégrer ou réintégrer le marché du travail grâce à des garderies à 10 $ par jour en moyenne.

Pendant qu’au Québec, le coût médian des services de garde est de 181 $ par mois, il s’élève à 716 $ à Moncton, 950 $ à Edmonton, 1140 $ à Ottawa et 1578 $ à Toronto.

Maintenant, on verra bien si toutes les provinces voudront financer un tel programme, à parts égales avec le gouvernement fédéral. Et quelle entente le Québec va-t-il négocier? Quelle part le gouvernement fédéral viendra-t-il payer au Québec?

Et puisque le gouvernement fédéral juge aujourd’hui adéquat de payer la moitié des services de garde dans les provinces, ne serait-il pas approprié que le gouvernement Legault exige une compensation pour les coûts associés à son système de garde depuis plus de 20 ans?

Des éléments fondamentaux et structurants

Il est certain que le chèque de 500 $ aux aînés cet été ressemble à une manoeuvre électoraliste. Cependant, la bonification de 10 % de la Sécurité de la vieillesse l’an prochain, le système de garderies, les sommes injectées dans l’innovation et les technologies propres, et le maintien des soutiens aux entreprises et travailleurs d’ici novembre sont des éléments fondamentaux, structurants dans certains cas.

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