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AstraZeneca pour les plus de 40 ans : engouement à Ottawa et dans l'est ontarien

Une fiole contenant le vaccin d'AstraZeneca.

Les Ontariens âgés de 40 ans et plus pourront recevoir le vaccin d’AstraZeneca dans les pharmacies dès mardi.

Photo : Associated Press / Christophe Ena

Radio-Canada

La décision du gouvernement ontarien d’abaisser à 40 ans l'âge minimal pour recevoir le vaccin AstraZeneca dans les pharmacies ontariennes est accueillie avec enthousiasme à Ottawa et dans l'est ontarien, alors qu'il sera disponible dès mardi. Le Québec devrait quant à lui prendre une décision prochainement.

Le téléphone n’arrête pas de sonner, c’est non-stop depuis ce matin, confie Vijay Shukla, pharmacien à la Cedarview Pharmacy située dans le quartier Barrhaven, à Ottawa.

L’engouement pour la vaccination avec l'AstraZeneca se fait sentir partout dans la région depuis que le bureau de la ministre de la Santé de l'Ontario, Christine Elliott, a annoncé que le vaccin AstraZeneca allait être offert aux 40 ans et plus dans les 1400 pharmacies ontariennes homologuées.

Jusqu'ici, ce vaccin ne pouvait être administré qu'aux personnes de 55 ans et plus. Mais le gouvernement ontarien a décidé de le rendre disponible aux populations âgées de plus de 40 ans.

Cette décision arrive après que Santé Canada eut annoncé, la semaine dernière, qu'il ne restreignait pas pour le moment l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca à des populations particulières.

L’Agence fédérale de santé considère en effet que le risque de caillots sanguins est très faible et que les avantages du vaccin l'emportent sur ses inconvénients potentiels.

Même si le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI), qui agit à titre de conseil, n’a pas encore donné sa recommandation officielle, les autorités de santé publique de l’Ontario, du Manitoba et de l'Alberta ont décidé d’aller de l’avant.

À Ottawa et dans l’est ontarien, les plages horaires ont rapidement trouvé preneur.

Nos rendez-vous en ligne étaient déjà tous comblés la nuit dernière. Des gens se sont déjà inscrits dans la liste d’attente.

Une citation de :Vijay Shukla, pharmacien à la Cedarview Pharmacy

Le téléphone et le site Internet de la pharmacie de M. Shukla n’ont pas cessé de sonner ces dernières heures, créant même plusieurs bogues informatiques.

Alors que près de 90 pharmacies d’Ottawa et de l’est ontarien pourront, dès mardi, inoculer l’AstraZeneca aux 40 ans et plus, la résidente d’Ottawa, Rachel Gouin, ne voit rien de surprenant dans cet engouement.

Je connais ma génération. Ça ne m'étonne pas du tout que ce soit comme ça, affirme l'Ottavienne de 48 ans. On essaie de faire notre part. On nous demande de se faire vacciner et bien on va y aller.

Je trouve ça des bonnes nouvelles de voir les critères d’éligibilité étendus parce que je trouvais ça vraiment désolant de voir des gens qui passaient sur l'opportunité d’avoir un vaccin dans l’espoir d’en avoir un autre.

Une citation de :Rachel Gouin, résidente d'Ottawa

L'Ottavienne tente depuis dimanche soir de prendre un rendez-vous, sans succès pour le moment.

J’ai vu que les gens se mobilisaient pour trouver un espace. Je ne peux pas dédier toute ma journée à ça, mais il semble que c’est ça que ça va prendre, confie-t-elle. Je me suis inscrite sur deux listes, puis j’essaie de voir une fois de temps en temps s'il y a des espaces de libres.

Rachel Gouin aurait aimé que le gouvernement rende la vaccination accessible et facile notamment aux communautés plus touchées qui n'ont pas forcément le temps d’attendre des heures au téléphone pour avoir un rendez-vous.

Un vaccin sécuritaire

La mauvaise presse du vaccin AstraZeneca ne semble pas avoir refroidi les ardeurs de Rachel Gouin.

L'important est de se faire vacciner et je trouve que les risques sont vraiment très minuscules, affirme l’Ottavienne.

L'Association des pharmaciens de l'Ontario, qui a appelé la province à permettre aux pharmaciens d'administrer le vaccin AstraZeneca aux personnes de moins de 55 ans depuis plusieurs jours déjà pour éviter que les doses expirent, rappelle que les données collectées jusqu'à présent démontrent que le vaccin est sécuritaire.

Nous pensons que c'est un vaccin sûr et efficace et que les avantages l'emportent sur les risques, a indiqué le président-directeur général de l'association, Justin Bates, qui espère que ce vaccin sera homologué pour toute personne de plus de 18 ans.

Même son de cloche du côté de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, qui espère que le gouvernement québécois donnera lui aussi son aval rapidement.

On devrait aller de l'avant, car les effets secondaires de l’AstraZeneca sont quand même très rares. Ils sont bien pris en charge maintenant, contrairement au début où on ne savait pas trop à quoi on faisait face, explique le président de l’Association, Benoît Morin. On l’a bien identifié. On sait bien mieux comment le diagnostiquer et le traiter. On parle des thromboses, donc c’est beaucoup plus sécuritaire.

Pour le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO), le Dr Paul Roumeliotis, les résidents ne devraient pas hésiter.

Les risques d'attraper la COVID et ses complications sont plus élevés que d'avoir le vaccin et c'est bien sûr que les bienfaits du vaccin sont beaucoup plus [importants] que les risques, a-t-il commenté en point de presse lundi.

La vaccination en Outaouais

Après des débuts enthousiastes, la popularité pour l'AstraZeneca a commencé à baisser en Outaouais, selon Nency Héroux, du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

Est-ce qu'il y a un engouement monstre comme on a eu au jour un? La réponse est clairement non, mais il y en a encore, raconte Mme Héroux. C’est toujours dommage, car c’est un bon vaccin qui est victime d’une histoire et on traîne un peu ça.

Jusqu'à présent plus de 2300 doses du vaccin AstraZeneca ont été administrées en Outaouais.

Tandis que les vaccins Moderna et AstraZeneca sont dorénavant disponibles dans les pharmacies québécoises, la vaccination en Outaouais va bon train, précise toutefois le CISSS de l'Outaouais, qui indique que 26 % de la population a déjà reçu sa première dose de vaccin dans la région.

On a franchi le cap de nos 100 000 doses en fin de semaine et on est bien contents.

Une citation de :Nency Héroux, directrice de la vaccination COVID-19

La santé publique régionale a expliqué ouvrir ses plages horaires au fur et mesure que les livraisons de vaccins sont confirmées, ce qui peut créer l’impression qu’il y a beaucoup de plages horaires vides, selon Mme Héroux.

Pour ce qui est de l'élargissement de la vaccination à d’autres groupes en cas de rendez-vous annulés ou de plages horaires vides, le CISSS de l'Outaouais détaille sa stratégie.

Dans un souci que chaque dose soit bien utilisée, on va soit vers le prochain groupe prioritaire, vers le groupe prioritaire actuel ou des groupes planifiés plus tard dans la semaine. C’est un peu cet exercice-là qui est fait, affirme Nency Héroux.

Alors que le Québec a élargi la vaccination aux travailleurs essentiels comme les policiers et le personnel des écoles, Nency Héroux rappelle qu’il est essentiel d’avoir une preuve d’emploi comme une carte d’employé, une lettre de l’employeur ou encore un relevé de paie, lorsqu'on se présente à un centre de vaccination.

Avec les informations de Mama Afou, Laurie Trudel et Matthew Kupfer de CBC

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