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Le maire Watson espère obtenir la levée des barrages routiers

Un embouteillage dû à un barrage routier.

Un embouteillage dû à un barrage routier.

Photo : Radio-Canada / Christian Lariviere

Radio-Canada

Après une première journée difficile sur les routes de la région de la capitale nationale, le maire d’Ottawa, Jim Watson, dit qu’il va demander au premier ministre Doug Ford de supprimer les barrages routiers.

C’est vraiment une situation frustrante pour les personnes qui habitent à Gatineau et travaillent à Ottawa, et vice-versa, lance le maire d’Ottawa Jim Watson, qui répète son désaccord avec la mise en place de points de contrôle sur les ponts interprovinciaux entre la Ville d’Ottawa et Gatineau.

Ce dernier dit avoir vu les photos des files d’attente d’automobilistes, ce matin, avec l’entrée en vigueur des barrages routiers entre les deux villes, à la suite de la fermeture des frontières interprovinciales annoncée vendredi par le gouvernement ontarien.

Le maire déplore cette décision et espère convaincre le premier ministre Ford de revenir dessus.

J’ai reçu des messages de gens fâchés et j’espère pouvoir convaincre le premier ministre Ford de quitter ce programme, car nous sommes vraiment une région unique dans le pays, donc je ne pense pas que c’est une bonne idée, estime-t-il, insistant qu’il n’a pas été consulté par la province quant à la mise en place de cette mesure.

J’ai vu les photos avec les grandes lignes sur les ponts.

Une citation de :Jim Watson, maire d’Ottawa

Et pour convaincre le gouvernement Ford de faire marche arrière, le maire d’Ottawa avance déjà quelques arguments.

Il y a jusqu’à 100 agents de police 24 h sur 24, sept jours sur sept. Ça va coûter beaucoup d’argent et créer beaucoup de frustration pour les automobilistes. [...] Cette semaine, je vais parler avec M. Ford pour exprimer mes sentiments et dire que si ça doit continuer avec la police d’Ottawa, c’est la province qui va payer la facture pour ça, pas les contribuables de la Ville, prévient le maire Watson.

Pour lui, il ne s’agit pas seulement d’une question financière, mais aussi d’une question d’efficacité.

Il n’y a pas de preuve que ça va aider à lutter contre la COVID-19, soutient M. Watson.

Des voitures font la file à l'approche du pont Macdonald-Cartier.

Les barrages routiers ont causé d'importants ralentissements sur le réseau routier.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, ne cache pas non plus son opposition aux contrôles routiers. Pour lui, il aurait mieux valu essayer de mettre en place un couvre-feu ou, au moins, des contrôles routiers hors des deux centres urbains que sont Ottawa et Gatineau, voire seulement en fin de semaine.

Par l’approche ciblée par les deux gouvernements provinciaux, on attaque les travailleurs essentiels. On ajoute du stress à leur quotidien, quand la plupart des gens demeurent chez eux, car l’école se fait à la maison et avec les différentes restrictions de ce qui est ouvert et de ce qui est fermé, dit-il. Il y aura toujours des gens qui se déplacent pour de mauvaises raisons, mais la grande majorité, surtout aux heures de pointe, ce sont des gens qui doivent se rendre au travail, car ce sont des travailleurs essentiels, estime M. Fleury qui suggère de réduire le nombre de lieux de travail jugés essentiels et de vacciner en priorité celles et ceux qui doivent se rendre au travail.

Une première phase de sensibilisation

Les barrages des policiers d'Ottawa devraient être en place en tout temps, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, aux sorties des ponts Champlain, du Portage, Macdonald-Cartier et de la Chaudière. La mesure provinciale de l'Ontario s’applique également aux piétons et aux cyclistes, d’où la présence de la police sur le pont Alexandra.

Des policiers seront aussi présents au traversier entre Masson et Cumberland.

Selon les premiers chiffres transmis par le Service de police d’Ottawa (SPO), 31 voitures se sont vues refuser l’accès à Ottawa entre 6 h et 14 h.

Ce matin, avec l’achalandage et l’heure de pointe, on a vu quand même beaucoup de circulation. On a réajusté un peu nos pratiques et on va continuer à réajuster la façon avec laquelle on procède au cours des heures et des journées qui suivent, a expliqué la porte-parole du SPO, Amy Gagnon, qui précise qu'en matinée, la décision a été prise de relâcher les mesures et de laisser passer le plus de véhicules possible, compte tenu des retards considérables sur le réseau routier de Gatineau à Ottawa.

Quoi qu’il arrive, tant que les points de contrôle seront en place, les automobilistes devront faire preuve de patience, prévient toutefois l’agente Gagnon.

C’est sûr et certain qu’il faut s’attendre à des délais. Ce sont des barrages routiers. On arrête les conducteurs, on parle avec eux. Donc, attendez-vous à des délais, mais on va faire de notre mieux pour les minimiser au cours des jours à venir, assure-t-elle.

Des policiers interceptent des véhicules à Pointe-Fortune.

Un barrage policier était en place à Pointe-Fortune, à la frontière entre l'Ontario et le Québec, lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Dans l’est ontarien, le constable Kenneth Gray, du détachement de Hawkesbury de la Police provinciale de l'Ontario (PPO), assure que tout s’est bien déroulé aux deux points de contrôle surveillés.

On est dans une phase d’éducation pour faire comprendre les restrictions [...]. Ce matin, on n’a pas eu d’incident du tout. Les gens étaient très compréhensifs. Pour certains, c’était nouveau, ils pensaient que c’était que du côté du Québec, dit-il.

Plusieurs automobilistes venus faire du magasinage à Hawkesbury ont toutefois dû rebrousser chemin, a précisé la PPO, mais le constable Gray assure que les gens, en grande partie, avaient des raisons valables [de traverser].

14 jours d’isolement pour un retour de l’Ontario

Du côté du Québec, le ministère de la Sécurité publique précise que, selon l’arrêté ministériel, les personnes qui entrent au Québec en provenance de l’Ontario pour regagner leur résidence principale doivent s’y isoler pendant 14 jours dès leur retour, sauf quelques exceptions.

Les personnes qui ne respectent pas cet ordre d’isolement s’exposent à des amendes de 1000 $ à 6000 $, explique le ministère.

Dans le cadre de leurs opérations régulières ou suivant des dénonciations, les policiers pourront intervenir, ajoute-t-il dans une réponse écrite.

Avec les informations de Denis Babin, Rémi Authier, Stéphane Leclerc, Jérémie Bergeron

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