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Budget fédéral : malgré ses critiques, le NPD assure la survie du gouvernement Trudeau

Jagmeet Singh au micro

Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique, assure qu'il serait « irresponsable » de tenir des élections en pleine pandémie de COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Peu importe si les autres formations d'opposition approuvent ou non le premier budget de la ministre Chrystia Freeland, la survie du gouvernement minoritaire de Justin Trudeau semble assurée par le soutien du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a vite mis fin au suspense.

« Avec la troisième vague qui frappe fort, c'est irresponsable d'avoir une élection », a soutenu sur les ondes d'ICI RDI le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, qui ne s'est pourtant pas privé de critiquer un budget financé par Monsieur et Madame Tout-le-Monde et trop clément pour les ultrariches.

Je ne ferai pas tomber le gouvernement, a-t-il indiqué, sans aller jusqu'à dire formellement si sa formation appuiera le budget. Le leader de la formation avait déjà affiché ses couleurs il y a quelques semaines. Il avait mentionné qu'il ne déclencherait pas d'élections tant que durerait la pandémie de COVID-19.

M. Singh a toutefois promis de se battre pour les gens et de continuer de mettre de la pression sur Justin Trudeau pour [qu'il] livre la marchandise.

La taxe de luxe annoncée qui sera imposée aux consommateurs les plus fortunés n'est pas une mesure suffisante, a-t-il fait valoir.

En ne taxant pas les ultrariches, c'est Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui vont payer la facture pour la relance.

Une citation de :Jagmeet Singh, chef du NPD

Le chef néo-démocrate a de plus regretté ce qui n'apparaissait pas dans le budget et qui aurait selon lui été essentiel pour aider les Canadiens à faire face à la pandémie : l'instauration d'un programme de médicaments universel, une des idées phares du NPD, tout comme l'idée d'augmenter l'accès aux congés de maladie payés.

Le gouvernement a laissé tomber les Canadiens, a pour sa part affirmé le leader du Parti conservateur, Erin O'Toole, également sur les ondes d'ICI RDI.

Je suis déçu parce que les Canadiens, particulièrement dans la troisième vague de la pandémie, ont besoin d'un plan réel, a-t-il soutenu.

Le gouvernement Trudeau prévoit trop de dépenses, mais sans stratégie sur la relance économique dans toutes les régions de notre pays, juge-t-il.

[Le gouvernement Trudeau] n'a pas de plan pour les emplois, aucun plan pour les PME, en crise maintenant. Il n'a aucun plan pour les jeunes.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur

[Il y a] beaucoup de dettes sans un plan pour notre avenir, a-t-il poursuivi. Il n'y a pas de plan pour rééquilibrer le budget, a martelé M. O'Toole.

Au sujet de l'ambitieux programme pancanadien de garderies, modelé sur celui du Québec, M. O'Toole a répondu qu'il faudrait voir si le fédéral imposera des conditions. Je respecte les champs de compétence des provinces, a-t-il affirmé.

Critiquant l'approche « Ottawa sait mieux que tout le monde » (Ottawa knows best), il a dit préférer le versement d'une aide directe aux parents, rappelant que ce n'était pas la première fois que les libéraux promettaient un tel programme.

Précisant qu'il annoncerait la façon dont il voterait plus tard cette semaine, le chef conservateur a indiqué que sa formation présenterait des amendements pour le bien-être des Canadiens.

Le Bloc déplore l'abandon de certains aînés

En entrevue à ICI RDI, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a reconnu qu'il y avait du bon dans le budget, comme la taxation des géants du web et les sommes consenties à l'industrie aérospatiale, bien présente au Québec, mais a insisté sur les failles qu'il y voit.

Il y a beaucoup de bonnes choses. Il en manque deux et elles sont cruciales, a-t-il soutenu, montrant du doigt l'absence de nouveaux transferts en santé ainsi que l'abandon des personnes âgées de moins de 75 ans.

Le budget libéral prévoit notamment le versement d'un chèque unique de 500 $ pour les plus de 75 ans au lieu des 110 $ mensuels que réclamait le Bloc pour les aînés de plus de 65 ans.

Comment peut-on être à ce point chiche pour nos parents, pour nos grands-parents, alors qu'ils sont les premières victimes? a lancé le chef bloquiste, soulignant que les aînés visés ne recevraient leur chèque qu'en août.

La pandémie, elle est maintenant. C'est maintenant que les aînés avaient besoin d'aide.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Il y a des choses dont on ne sait pas précisément comment ça va se moduler, a-t-il aussi déploré, évoquant l'exemple gigantesque des garderies à 10 $ par jour d’ici 2026 à l’extérieur du Québec, dont la mise en place devrait coûter près de 30 milliards de dollars au cours des 5 prochaines années.

La compensation que recevra Québec, qui a déjà son propre programme de garderies, devra faire l'objet de négociations entre les deux parties.

Est-ce que le chèque va être sans condition pour le Québec, qui, après tout, est l'inspiration même d'un programme de garderie?, s'est interrogé M. Blanchet.

L'absence de transferts en santé irrite les provinces

Ils sont assis derrière une table lors d'une conférence de presse.

En septembre 2020, les premiers ministres de l'Alberta, Jason Kenney, de l'Ontario, Doug Ford, du Québec, François Legault, et du Manitoba, Brian Pallister, s'étaient réunis à Ottawa pour faire part de leur demande.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Québec et Queen's Park ont salué certaines mesures, mais émis des critiques.

Les deux gouvernements provinciaux ont ainsi déjà déploré un élément crucial qui fait défaut au budget fédéral. L’augmentation des transferts fédéraux en santé de 42 à 70 milliards de dollars, que réclamaient les provinces et territoires n'y est pas.

Ça fait des mois que les provinces et territoires font la demande unanime au fédéral d’augmenter les transferts en santé de façon récurrente [et] sans condition, a déploré en soirée le premier ministre du Québec, François Legault, sur Twitter, faisant écho à ce qu'avait déjà écrit son ministre des Finances sur le média social.

Justin Trudeau avait la chance de faire sa juste part, mais a encore une fois refusé d’écouter nos demandes.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Le ministre des Finances de l'Ontario, Peter Bethlenfalvy, est allé dans le même sens.

Il est déplorable que le gouvernement fédéral n'ait pas profité de l'occasion pour répondre à la demande présentée de façon urgente et unanime par tous les premiers ministres du pays visant à ce que le financement fédéral des soins de santé soit accru considérablement pour qu'il représente au moins 35 % des dépenses provinciales-territoriales en santé, a-t-il dit dans un communiqué.

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, qui commentera formellement le budget fédéral mardi matin, y est allé d'une première réaction sur Twitter, saluant entre autres les mesures de relance et la prolongation des mesures de soutien.

Usant d'euphémismes, il a exprimé la position du Québec quant à la compensation liée à son programme existant de garderies. Nous soulignons aussi que le gouvernement fédéral reconnaît la qualité du programme québécois de services de garde et apprécions la compensation financière qui devra nous être versée sans condition, a-t-il écrit.

De son côté, son homologue ontarien a dit constater avec plaisir que les priorités du budget fédéral sont les mêmes que celles du récent budget ontarien.

Invoquant l'intensification de la crise liée à la COVID-19, le ministre Bethlenfalvy s'est cependant dit déçu que le budget ne prévoie des restrictions frontalières plus strictes pour limiter l'entrée et la propagation de nouveaux variants plus contagieux de la COVID qui causent la troisième vague, l'approvisionnement en vaccins et des améliorations à la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique.

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