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Budget fédéral : le gouvernement Trudeau veut moderniser la fonction publique

Bureaux de l'Agence du revenu du Canada, à Ottawa.

Le gouvernement Trudeau a présenté son plan pour moderniser la fonction publique dans son budget 2021 (archives).

Photo : Reuters / Chris Wattie

Le gouvernement fédéral signale, dans le budget 2021, qu’il compte revamper les systèmes informatiques de la fonction publique pour rendre celle-ci plus efficace dans les services qu’elle livre à la population, mais aussi pour passer en deuxième vitesse quant à la lutte contre les fuites de données personnelles.

Comme nous l’avons constaté au cours de la dernière année, des services et des programmes gouvernementaux rapides et efficaces sont essentiels pour aider les Canadiens et les entreprises à surmonter des périodes difficiles, peut-on lire dans un passage faisant allusion à des mesures d’aide phares déployées durant la première vague de la pandémie, comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Ottawa prévoit, dans son premier budget en deux ans, réduire le fardeau administratif des entreprises qui souhaitent toucher des prestations gouvernementales pour, par exemple, leurs employés temporairement mis à pied.

Dans cette veine, on entend allouer 43,9 millions $ sur trois ans à l'Agence du revenu du Canada (ARC), à partir de 2021-2022, afin de tester des prototypes pour la mise en œuvre d’une solution de paie électronique en temps réel pour le gouvernement du Canada.

Cette initiative s'inscrit dans une accélération de travaux déjà entamés avec d’autres entités de l’appareil fédéral, comme le ministère de l’Emploi et du Développement social.

Le fédéral s’engage aussi à doter l’ARC d’une enveloppe de 330,6 millions $ sur cinq ans pour investir dans des solutions pour mieux protéger les données des Canadiens. Rappelons que la PCU a profité à bien des fraudeurs, durant la pandémie.

Cette somme doit servir à investir dans de nouvelles technologies et de nouveaux outils à la hauteur de la complexité croissante des cybermenaces, et pour s’assurer que l’effectif de l’ARC possède les compétences spécialisées lui permettant de surveiller de façon proactive les menaces et de mieux préserver les données canadiennes.

Des dépenses à suivre à la trace?

Par ailleurs, on prévoit allonger 456,3 millions $ sur cinq ans à Services partagés Canada et au Centre de la sécurité des télécommunications.

Steve Waterhouse, ancien officier en sécurité informatique au ministère de la Défense nationale, trouve surprenantes les allocations d'argent pour Services partagés Canada, considérant les imposants investissements qui ont déjà été faits en 2019.

Là, on a un budget encore plus gros pour la modernisation. C'est là où ça m'échappe un petit peu, a dit en entrevue celui qui est aussi chargé de cours à l'Université de Sherbrooke pour un programme relatif à la protection des données.

Comment ces [sommes]-là vont être utilisées? J'espère juste que, dans cette grosseur d'enveloppe, on y retrouvera l'argent nécessaire pour former le personnel afin qu'il soit beaucoup plus compétitif et compétent, a-t-il ajouté.

La création d'un poste de commissaire aux données, alors qu'un commissaire fédéral à la protection de la vie privée existe déjà, le mystifie quelque peu.

Est-ce que cette autre personne [occupant] ce poste de commissaire aux données va être, à ce moment-là, un commissaire d’égale partie à celui à la vie privée ou il va être subordonné à une autre organisation? Ce n’est pas mentionné [aujourd'hui]. Cependant, je ne voudrais vraiment pas que ça devienne un goulot d’étranglement pour l’accessibilité, lorsqu’il y a des questions à poser, alors qu’on a déjà de la misère à y voir clair, a-t-il commenté.

Il reste aussi à voir comment s’orchestrerait la modernisation des systèmes de la fonction publique et à quel point le fédéral pourrait faire appel au secteur privé en matière de cybersécurité.

Prise d'image lors d'une entrevue Skype. L'homme se trouve assis devant des affiches syndicales.

Alex Silas, vice-président exécutif régional de la région de la capitale nationale à l'Alliance de la fonction publique du Canada (archives)

Photo : Radio-Canada

Le vice-président exécutif régional de l'Alliance de la fonction publique canadienne (AFPC) pour la capitale nationale, Alex Silas, redoute que le fédéral tende à sous-traiter des services qui pourraient être offerts à l'intérieur même de l'appareil fédéral par son personnel.

C’est assez décevant de voir que, encore une fois, le gouvernement fédéral ne semble pas comprendre que la privatisation des services publics [...] ce n'est pas comme ça qu'on va renforcer la fonction publique pour offrir de meilleurs services aux Canadiens, a-t-il dit.

Pour Steven MacKinnon, secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Anita Anand, il est clair que les investissements annoncés lundi constituent une bonne nouvelle pour la grande région de la capitale fédérale.

Nous développons notre propre petit créneau en cybersécurité. C’est donc très très prometteur pour la région, s'est enthousiasmé celui qui est aussi député de Gatineau.

La Chambre de commerce de Gatineau y voit des occasions qui se profilent pour les entrepreneurs, même si elle attend plus de détails.

Ce sera au gouvernement d'établir des lignes directrices [en vertu desquelles] nos entreprises locales pourront soumettre des projets ou se voir attribuer des contrats du fédéral, a dit le président de l'organisation, Stéphane Bisson.

Portait de l'homme devant un tableau illustrant des chapeaux et des feuilles d'érable.

Stéphane Bisson, président par intérim de la Chambre de commerce Gatineau (archives)

Photo : Radio-Canada

Réduire les dépenses de fonctionnement

Par ailleurs, le gouvernement Trudeau propose au Secrétariat du Conseil du trésor (SCT) un financement de 88 millions $ sur quatre ans pour renouveler et élargir la capacité de son Service numérique canadien, lancé en 2017. Ces fonds ne seraient toutefois alloués qu’à compter de 2022-2023.

Le gouvernement Trudeau a l’intention de financer la modernisation des technologies de l’information avec, notamment, des économies qu’il compte réaliser en réduisant les coûts de fonctionnement du gouvernement. On estime être capable d’aller chercher 1,1 milliard $ sur cinq ans, à compter de 2021-2022, et 222,5 millions $ par année par la suite.

La COVID-19 a beaucoup influé sur le fonctionnement du gouvernement fédéral, qui s’appuie davantage sur l’interaction numérique et virtuelle, et compte moins sur les déplacements note-t-on, à l’ère du télétravail.

Pendant qu’il mise sur la modernisation, le fédéral doit encore juguler le fiasco du défaillant système de paie Phénix, qui perdure depuis son déploiement, en 2016.

Le budget prévoit 23 millions $ en 2021-2022, et pareille somme en 2022-2023, pour éliminer l’arriéré des problèmes de transactions d’ici décembre 2022. Ce financement passera par Services publics et Approvisionnement Canada.

Un autre montant est réservé, du côté du SCT, dans le but de stabiliser les ressources humaines, la paie et les pensions.

Avec des informations d’Estelle Côté-Sroka et de Kim Vallière

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