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Supergiant, le studio indépendant derrière le jeu vidéo à succès Hadès

Un personnage tient une épée et il est entouré de monstres.

Développé par le studio californien indépendant Supergiant Games, le jeu vidéo « Hadès » a créé la surprise en remportant pas moins de cinq récompenses aux BAFTA en mars 2021.

Photo : YouTube / IGN

Agence France-Presse

Quand la pandémie et la politique américaine ont transformé la vie quotidienne en univers menaçant, le personnel du studio indépendant Supergiant a trouvé refuge dans la confection de Hadès, un jeu vidéo où l'enfer a l'avantage d'être virtuel, drôle et distrayant.

Le résultat a conquis les joueurs et joueuses pour les mêmes raisons, surtout les adeptes des jeux à l'ancienne et des histoires bien ficelées, aux antipodes des suites de superproductions produites en un temps record par des studios qui fonctionnent comme des usines.

Hadès a même remporté le prix du meilleur jeu aux BAFTA 2021 des jeux vidéo, en mars dernier.

C'est un jeu très amusant, dans un style très tendance, qui semble avoir été conçu de façon éthique, a remarqué Mitchell Kernot, auteur d'un blogue sur les jeux vidéo. Supergiant a le don de concevoir des jeux dont le fonctionnement est intéressant et aussi agréable pour l'utilisateur ou l'utilisatrice.

La petite histoire

En 2009, les deux cofondateurs, Gavin Simon et Amir Rao, ont quitté Electronic Arts – l'éditeur de titres tels que FIFA et Apex Legends – et déménagé de Los Angeles à San José, ville californienne où ils ont lancé Supergiant depuis la maison d'enfance du second, dans la plus pure tradition des jeunes pousses de la Silicon Valley.

Mon père nous disait qu'on devrait fonder notre entreprise tant qu'on était jeunes, pour avoir la possibilité de retrouver du travail deux ans plus tard en cas d'échec, a raconté Amir Rao lors du salon du jeu vidéo PAX, en 2019.

Au bout de neuf mois, les deux amis étaient devenus sept, et ils travaillaient sur Bastion, un jeu dont le succès fulgurant a lancé leur petite entreprise.

Amir Rao dirige désormais une équipe de 23 personnes, à qui il tente d'insuffler le même esprit que celui qui régnait dans l'équipe il y a 12 ans.

On a établi des règles pour nous sauver de nous-mêmes, parce que nous adorons travailler ensemble et que nous sommes du genre à ne jamais nous arrêter.

Une citation de :Amir Rao

Supergiant interdit aux membres de son personnel d'envoyer des courriels après 17 h le vendredi, pour décourager le travail la fin de semaine. Et l'équipe est obligée de prendre au moins 20 jours de vacances par an.

Des adeptes du télétravail

Avant la pandémie, le personnel avait accès à des bureaux à San Francisco, mais le télétravail était déjà la norme. L'équipe n'a donc pas eu trop de mal à finir Hadès à la maison.

Pour beaucoup de personnes de l'équipe, le plus difficile c'était quand elles ne travaillaient pas, se souvient Amir Rao. Parce que dans ces moments-là elles étaient confrontées à ce qui se passait dans le monde.

Il affirme que la jeune pousse a été fondée sur des valeurs de bienveillance et d'acceptation des limites de tous et toutes et des circonstances imprévues.

Si ce qui rend nos jeux différents des autres, ce sont les gens qui les conçoivent et leur manière de travailler, alors toute notre culture d'entreprise doit soutenir et encourager ces comportements sur le long terme.

Une citation de :Amir Rao

Un jeu près du dessin animé

Sorti en septembre, Hadès est un jeu de rôle et d'action où les joueuses et joueurs affrontent des adversaires démoniaques dans les différents sous-sols d'un donjon d'où il leur faut s'extraire.

Contrairement aux jeux de rôles à gros budget, qui ont des graphismes et histoires dignes de films hollywoodiens, les décors et personnages du jeu ressemblent à des dessins animés, et le scénario fait la part belle à l'imagination.

Un personnage de jeu vidéo ressemblant à un dessin animé avec des serpents dans ce qui semble être une caverne.

Le jeu vidéo « Hadès » récole les honneurs depuis son lancement, en 2020.

Photo : Courtoisie Supergiant

L'histoire du jeu s'inspire de la mythologie grecque, et le joueur ou la joueuse incarne un fils rebelle du dieu Hadès, le roi des enfers, décidé à s'échapper malgré le désaccord de son père.

Tout le monde a mis la main à la pâte pour donner corps aux personnages, même le chien d'Amir Rao, dont les aboiements ont servi pour le bruitage de Cerbère, le chien à plusieurs têtes qui garde l'entrée du royaume.

Hadès est un drame familial, en fin de compte, s'amuse Amir Rao. Parce qu'on met en scène des dieux et des déesses de l'Olympe qui ressemblent à une immense famille avec beaucoup de problèmes.

Avec un avantage de taille : mourir fait partie du plaisir. Si tout marche bien, quand vous mourrez, ce n'est pas trop décevant pour vous, parce qu'il y a beaucoup de choses qui se passent.

Les adeptes de jeux vidéo aiment aussi la liberté en ce qui concerne la progression, avec des batailles différentes en fonction de leur niveau.

Le jeu s'adapte à vos compétences, note Lucas Garcia, un étudiant californien en informatique. Je me suis senti bien dans le jeu même quand je n'étais pas bon. Leur concept est vraiment prometteur.

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