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Des familles de victimes d'un déraillement de train du CP poursuivent la compagnie

Une locomotive et des wagons sont empilés les uns sur les autres dans un banc de neige, près d'une forêt.

À l'aube du 4 février 2019, l'équipage n'a pas pu contrôler la descente en montagne du train de 90 wagons.

Photo : Radio-Canada / Genevieve Normand

Radio-Canada

Des familles de victimes du déraillement d’un train du Canadien Pacifique (CP), en Colombie-Britannique, le 4 février 2019, font appel à la justice.

Elles poursuivent la compagnie de chemin de fer, son service de police, son PDG, son conseil d'administration, Transports Canada et un ancien enquêteur.

Aucune des allégations n'a été prouvée en cour.

Le conducteur, Dylan Paradis, l’ingénieur Andrew Dockrell, et un stagiaire, Daniel Waldenberger-Bulmer, ont perdu la vie lorsque le train a déraillé à l'est de Field, près de la frontière avec l'Alberta, alors qu'il se dirigeait vers l'ouest.

La mère de Dylan Paradis, Pam Fraser, dit qu'elle se lance dans cette démarche pour que la justice soit rendue. Ce n’est pas une question d’argent, tient-elle à préciser.

Trois photos des victimes de l'accident les unes à côté des autres.

Les victimes de gauche à droite de l'accident ferroviaire à Field en Colombie-Britannique : le stagiaire Daniel Waldenberger-Bulmer, le mécanicien Andrew Dockrell et le conducteur Dylan Paradis.

Photo : Facebook

Je ne souhaite pas que d'autres familles subissent le même traumatisme.

Une citation de :Pam Fraser, mère de Dylan Paradis

Les poursuites, intentées par un avocat de Regina, Tavengwa Runyowa, allèguent au nom des familles Paradis et Dockrell que, pendant des années, le CP a fait des économies pour augmenter ses profits, au détriment de la sécurité de ses employés.

Pam Fraser face à la caméra.

Une plainte officielle déposée par Pam Fraser, a poussé l'unité des crimes majeurs de la GRC en Colombie-Britannique a ouvrir une enquête criminelle en décembre, pour examiner l'accident et les allégations de camouflage.

Photo : Radio-Canada / Mike Symington / CBC

Le CP avait l'habitude, selon les poursuites, d'utiliser des wagons qui avaient des freins défectueux et d'autres défauts mécaniques. Les freins étaient usés au-delà de ce qu’ils auraient dû être pour fonctionner de façon sûre et efficace, allèguent les poursuites.

Les déclarations affirment également que le service de police du CP a pour habitude de diriger, interférer et contrôler la conduite des enquêtes criminelles.

Le CP conteste

La société pleure la perte des trois cheminots qui ne seront jamais oubliés, affirme le CP dans une déclaration.

Le CP conteste ces allégations sans fondement et se défendra vigoureusement contre elles, devant les tribunaux, écrit la compagnie ferroviaire dans son communiqué.

Transports Canada refuse de faire tout commentaire tant que l'affaire est devant les tribunaux.

La police du CP

Après le déraillement mortel, le CP a déployé son propre corps de police (CPPS) pour examiner les gestes des trois membres d'équipage décédés, selon son chef, Al Sauve. Le CPPS n’a donc pas enquêté sur une potentielle négligence criminelle de l'entreprise.

D'après les poursuites, le CPPS n'a jamais porté d'accusations criminelles contre la société ou ses dirigeants.

Allégations de dissimulation

Sous la direction de Keith Creel, PDG du CP, les employés ont nettoyé les lieux afin que le trafic ferroviaire puisse reprendre, selon les documents judiciaires.

L'enquêteur Don Crawford, du Bureau de la sécurité des transports (BST), affirmait en janvier 2020 : Il y a suffisamment de preuves de négligence du CPPS pour que le déraillement fasse l’objet d’une enquête par la GRC.

Mark Tataryn, ancien agent du CPPS pensait également qu'il y avait une dissimulation orchestrée par le CP, lors d’une interview en 2019.

Mark Tataryn pose pour la photo, dehors, devant une voie ferrée, avec une casquette sur la tête.

Mark Tataryn a démissionné du CPPS et travaille maintenant comme agent de la GRC à Golden, en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Dave Seglins / CBC

Il était alors chargé d'enquêter sur le déraillement, lorsque ses supérieurs l'ont empêché d'examiner l'historique d'entretien du train, de vérifier si les politiques de sécurité étaient suivies sur la montagne, et les ordres donnés par les gestionnaires la nuit de l'accident.

La direction générale de CP a supervisé la collecte des preuves, y compris les boîtes noires de l’appareil qui enregistrent les événements, allèguent les poursuites.

À cette époque, Al Sauve avait qualifié Mark Tataryn d'employé mécontent qui a démissionné après des allégations d'inconduite. Mark Tataryn, explique que ces accusations visent uniquement à le discréditer.

Une plainte officielle, déposée par Pam Fraser, a poussé l'unité des crimes majeurs de la Gendarmerie royale du Canada en Colombie-Britannique a ouvrir une enquête criminelle en décembre, pour examiner l'accident et les allégations de camouflage.

En désignant aussi le gouvernement fédéral comme défendeur, les poursuites accusent Transports Canada de ne pas avoir assuré une surveillance adéquate du chemin de fer.

Avec les informations de Meghan Grant

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