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Hautes attentes envers le budget fédéral en Outaouais et à Ottawa

Vue panoramique du dôme de la bibliothèque du Parlement avec derrière lui la rivière des Outaouais, le pont Alexandra et le Musée canadien de l'histoire

Les attentes des milieux municipaux et des affaires sont élevées envers le budget fédéral de lundi.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Émilie Bergeron

La communauté d’affaires de la grande région de la capitale fédérale a les yeux rivés, lundi, sur la colline parlementaire - du moins virtuellement. Les attentes sont élevées pour que le gouvernement Trudeau vienne, avec ce premier budget en deux ans, donner un sérieux coup de pouce aux entreprises sous respirateur artificiel en raison de la pandémie qui ne s’essouffle pas.

On s’attend à ce que le gouvernement puisse allonger des mesures et bonifier les programmes déjà en place pour aider les entrepreneurs à passer à travers cette période vraiment exceptionnelle, a résumé Stéphane Bisson, président par intérim de la Chambre de commerce de Gatineau.

En entrevue avec ICI Ottawa-Gatineau, il a prévenu qu’une simple prolongation des canaux d’aide qui existent déjà, comme la subvention salariale, ne saurait suffire à ses yeux.

Au lieu d’avoir fait des profits dans la dernière année, les entreprises sont en train de creuser un trou, a-t-il illustré en mentionnant qu’il faudra des années avant qu’elles puissent se remettre pleinement des contrecoups de la crise de la COVID-19.

Les entrepreneurs souffrent énormément et leurs employés aussi. Il faudra voir comment le gouvernement va agir, un peu comme un père de famille agirait pour aider ses enfants.

Une citation de :Stéphane Bisson, président par intérim de la Chambre de commerce de Gatineau

En présentant sa mise à jour économique, l’automne dernier, la ministre des Finances et vice-première ministre, Chrystia Freeland, avait annoncé qu’elle planchait sur un plan de relance économique de 70 milliards $ à 100 milliards $ sur trois ans. Il reste à voir ce que le Budget 2021 dévoilera à ce sujet et si les doutes émis par le directeur parlementaire du budget auront pesé dans la balance.

Chose certaine, du côté du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale, on presse le fédéral de prévoir un solide plan de match pour bien orchestrer la réouverture éventuelle des commerces. La réembauche de main-d'œuvre, après les nombreux aléas dans les restrictions sanitaires, est un défi prépondérant, a signalé la directrice générale de l’organisation, Lise Sarazin.

On a besoin de rouvrir les portes [des entreprises]. On sait que c’est [du ressort] du provincial, mais, pour ça, il faut que des vaccins entrent au pays [et] qu’il y ait des tests de dépistage pour s’assurer que tout le monde se sente en sécurité, a-t-elle insisté.

Elle a souligné qu’un crédit d’impôts pour permettre aux gens d’affaires de réinvestir dans leurs entreprises, par l’embauche de personnel, entre autres, serait certainement le bienvenu.

C’est aussi important d’aider les femmes entrepreneures à retourner au travail. Beaucoup de mères monoparentales ont des difficultés parce que les écoles sont fermées présentement. Quelle est la stratégie pour les aider [...]?, a lancé Mme Sarazin.

Mettre à profit l’expertise en cybersécurité?

Aux yeux de M. Bisson, un créneau à exploiter pour la relance économique est certainement l’expertise, dans la région, en matière d’identité numérique et de cybersécurité.

Portait de l'homme devant un tableau illustrant des chapeaux et des feuilles d'érable.

Stéphane Bisson est président par intérim de la Chambre de commerce de Gatineau.

Photo : Radio-Canada

On est [...] quand même dans la capitale canadienne [avec] les sièges du gouvernement, d’organisations telles que la Défense nationale, le Service canadien du renseignement de sécurité, l’ensemble du réseau des ambassades [...] On a déjà des entreprises qui excellent dans [ces] domaines, a-t-il dit.

Il estime qu’Ottawa pourrait passer par la Banque de développement du Canada et par des programmes de soutien à l'entrepreunariat pour donner un second souffle aux entreprises éprouvées. De l’aide au secteur du tourisme est incontournable, a-t-il en outre relevé.

D’ailleurs, les organisations de la francophonie ontarienne souffrent de l’annulation des festivals, a rappelé le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

Toutes les occasions que ces organismes ont de prélever des fonds, à travers différents événements [...] n’existeront pas, encore l’été prochain, et possiblement jusqu’à l’automne, a-t-il exposé.

Il a indiqué que l’aide de 1,5  million de dollars, allongée par le biais de l’Agence fédérale pour le développement économique pour le sud de l’Ontario (FedDev Ontario), a donné un bon coup de pouce, mais que le Nord de l’Ontario n’a pas bénéficié de la pareille.

C’est important que les organismes du nord aient, au prorata, une somme équivalente à l’aide qui a été apportée dans le sud [...], et, ensuite, [il faudrait] bonifier l’enveloppe pour l’année 2021-2022.

Logement, infrastructures et santé

Dans la sphère de la politique municipale d’Ottawa et de Gatineau, on surveillera les annonces du fédéral en matière de logements abordables.

L'entente en logement a été intéressante et ça nous permet de faire des choses [...], mais elle ne comble pas les besoins pour des nouvelles unités, a affirmé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, vendredi.

Il aimerait que le Budget 2021 dévoile des détails sur une éventuelle seconde phase du programme d’un milliard de dollars de l’Initiative pour la création rapide de logements.

Un des projets qu'on va financer avec ça, c'est des logements de transition. Alors, ça réglerait un problème important pour Gatineau, a-t-il indiqué.

Le gouvernement connaît très bien les trois grandes priorités du [caucus des maires des grandes villes] : les logements abordables [...], les infrastructures - pour des centres communautaires, entre autres - et les transports en commun, a renchéri le vis-à-vis de M. Pedneaud-Jobin à la Ville d’Ottawa, Jim Watson.

Concernant le projet de tramway, qui relierait l'ouest de Gatineau au centre-ville d'Ottawa, le maire Pedneaud-Jobin ne s’attend pas à grand suspense à ce niveau dans le budget fédéral.

La solution passera par le programme permanent de transport collectif de 15 milliards $, a-t-il souligné. En février, le gouvernement Trudeau s’est engagé à investir 14,9 milliards $ sur huit ans pour des projets de transport collectif.

L’élu municipal espère en outre que le souhait du premier ministre du Québec, François Legault, d’une hausse des transferts en santé sera exaucé.

Ce serait une façon de faire le rattrapage auquel on a droit et qui est urgent en Outaouais, a-t-il noté.

Et les travailleurs du fédéral ?

Quant aux membres de la fonction publique, ils porteront attention aux orientations et engagements d’Ottawa en matière de protection des travailleurs et de réduction des iniquités qui persistent pour les femmes et les personnes racisées.

Le vice-président de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Stéphane Aubry, a réitéré que les employés qui souffraient déjà de discrimination avant la pandémie ont été davantage ébranlés durant ces temps difficiles.

« On voudrait que le gouvernement regarde ces problématiques-là et, dans son budget, trouve les moyens d’inclure des ressources pour annuler cette forme de discrimination [...]

C’est une bonne occasion d’améliorer la société pour être plus équitable envers l’ensemble de ces travailleurs », a-t-il dit.

Dans la même veine, l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) réclame plus d’actions concrètes en matière de lutte au racisme.

Comme employeur, le fédéral se doit d’établir des pratiques d’équité et d’anti-oppression plus significatives, qui reconnaissent mieux la discrimination à laquelle les travailleurs autochtones et racialisés [...] font face à tous les jours dans leur milieu de travail ,pour bâtir une fonction publique plus inclusive et plus représentative du peuple qu’elle sert, a lancé Alex Silas, le vice-président exécutif régional de l’organisation syndicale pour la capitale nationale.

Prise d'image lors d'une entrevue Skype. L'homme se trouve assis devant des affiches syndicales.

Alex Silas, vice-président exécutif régional de la région de la capitale nationale à l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

Photo : Radio-Canada

L’AFPC demande aussi la fin de la sous-traitance de services qui pourraient être offerts au sein même de l’appareil fédéral, par son personnel.

C’est clair comme de l’eau de roche, que ce soit dans les bases militaires ou dans les centres d’appel, ça nous coûte plus cher et ça produit des services de moins bonne qualité.

Une citation de :Alex Silas, vice-président exécutif régional de l’AFPC pour la capitale nationale

Par ailleurs, l’IPFPC, souhaite un investissement de 750 millions $ à NAV CANADA, pour chacune des deux prochaines années.

Le syndicat avance que de nouveaux engagements envers la fonction publique fédérale pourraient être financés par un réajustement du système fiscal permettant d’aller chercher plus d’argent dans les poches des grandes entreprises ayant fait beaucoup de profits durant la pandémie.

Avec des informations de Samuel Blais Gauthier, de Nathalie Tremblay et d’Antoine Trépanier

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