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Analyse

Budget fédéral : relance économique et réforme du filet social

L'édifice du parlement, à Ottawa.

Le gouvernement libéral présentera un budget la semaine prochaine, après une pause en raison de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Avec son premier budget en plus de deux ans, le gouvernement fédéral veut atteindre deux cibles : stimuler les secteurs de l’économie les plus lourdement affectés par la crise et moderniser le filet social pour qu’il réponde mieux aux nouveaux besoins.

Quelques mois après le début de la crise sanitaire, Justin Trudeau a confié une mission à certains ministres : sonder les leaders canadiens de tous les secteurs pour mieux cerner les lacunes exposées par la pandémie.

Le budget que Chrystia Freeland déposera lundi est un peu la réponse à ces constats. Ce sera l’occasion d’imposer un coup de barre à l'État.

Vous savez, on compare souvent ce déficit de 350, 400 milliards de dollars à celui du temps de la Seconde Guerre mondiale, explique le vice-président principal et économiste en chef pour IA Groupe financier, Clément Gignac, en entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir.

Mais cette fois-ci, il n'y a pas de viaduc ou d’édifice qui est tombé. Donc, il faut investir dans le capital humain beaucoup plus que dans le béton.

Une citation de :Clément Gignac, économiste en chef pour IA Groupe financier
L'économiste Clément Gignac en studio.

Clément Gignac, économiste en chef pour IA Groupe financier

Photo : Radio-Canada

Combattre la récession au féminin

Le gouvernement a déjà clairement indiqué son intention d’intervenir pour aider les femmes, qui sont davantage touchées par la pandémie.

Entre les salaires moins élevés et les responsabilités familiales souvent plus grandes, les femmes ont été plus durement frappées par la crise. Justin Trudeau a qualifié le phénomène de She-Cession, une récession au féminin. C’est ce qui a relancé le débat sur l'importance d’un programme national de garderies. Le gouvernement est manifestement ouvert à l’idée.

L’intégrale des entrevues avec Jean-Yves Duclos, Clément Gignac et Yves Giroux sera présentée dimanche à 11 h (heure de l'Est) à l’émission Les coulisses du pouvoir, sur ICI RDI et ICI Télé.

Une façon de faire, c'est de regarder ce qu'on a fait au cours des 20 dernières années au Québec, d'investir dans les femmes et les enfants pour que les mamans aient la même chance de s'épanouir sur le marché du travail que les hommes. Au Québec, on a fait des progrès remarquables au cours des 20 dernières années, explique Jean-Yves Duclos.

M. Duclos regardant droit dans la caméra.

Entrevue avec le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos

Photo : Radio-Canada

Je ne serais pas surpris qu’on mette cette mesure de l’avant, dit Clément Gignac. C’est souhaité et, on le voit bien au Québec, c'est autofinancé par l'augmentation de la participation des femmes au marché du travail.

Le budget pourrait également être le prétexte d’une réforme du programme de l’assurance-emploi. La pandémie a permis de souligner le côté archaïque du programme, qui offre peu de protection aux travailleurs autonomes, à ceux du domaine artistique ou aux gens qui vivent d’une succession de petits boulots (gig workers).

Une relance ciblée

En ce qui concerne les investissements pour la relance de l'économie, le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, laisse entendre qu’Ottawa interviendra de façon ciblée.

Les premiers seront les secteurs qui ont souffert durant la pandémie et qu’on sait être des secteurs d'avenir, selon M. Duclos.

Il évoque notamment le culturel, le tourisme et le transport, évidemment. Et des secteurs d'avenir pour la relance verte. On parle d'investissements dans des technologies qui vont réduire les impacts environnementaux de nos activités économiques, du secteur manufacturier avancé et du secteur agroalimentaire.

Est-ce que cela veut dire dépenser les 70 à 100 milliards de dollars sur trois ans promis l'automne dernier? Le directeur parlementaire du budget a des doutes sur la nécessité d’aller aussi loin.

Si le gouvernement a comme objectif uniquement la relance économique et le retour au niveau d'emploi et aux indicateurs du marché du travail d'avant la pandémie, ça n'est pas nécessaire de dépenser autant d'argent.

Une citation de :Yves Giroux, directeur parlementaire du budget

En entrevue aux Coulisses du pouvoir, M. Giroux a indiqué qu'il pourrait être nécessaire de dépenser un peu d'argent sur quelques mois, mais certainement pas les montants qui ont été mentionnés dans la mise à jour.

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, tient des documents.

Le directeur parlementaire du budget Yves Giroux

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Si Jean-Yves Duclos n’évoque aucun chiffre, il prend ce genre d’avertissement avec un grain de sel.

Trop souvent, les gouvernements ont sous-investi lorsque les récessions étaient sur le point de se terminer, et au lieu d'avoir une récession qui se terminait rapidement, on vivait une faible croissance économique, un taux de chômage trop élevé qui était mauvais pour les entreprises, pour la croissance, les travailleurs et les familles.

Pas de retour à l'équilibre budgétaire

Le gouvernement Trudeau va-t-il profiter du budget pour poser les jalons d’un éventuel retour à l’équilibre budgétaire? Le ministre Jean-Yves Duclos laisse entendre que ce n’est pas dans les cartons, surtout si ça veut dire des réductions de dépenses.

Vous savez, on est encore en période de très grande incertitude. On sait que l'austérité, présentement, ce n'est pas ce qu'il faut faire.

Une citation de :Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor

Un flou qui n'inquiète pas outre mesure l’économiste Clément Gignac. Je pense qu'il y a encore beaucoup trop d'incertitude. On le voit avec les variants, on est encore loin de 75 % de la population qui est vaccinée. Donc, ce n'est pas le temps de l'austérité.

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