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COVID-19 et travailleurs étrangers : une autre année compliquée

Un travailleur mexicain travaille sur une ferme québécoise.

Les écueils possibles sont nombreux pour les producteurs qui comptent sur les travailleurs étrangers (archives).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Pour une deuxième année, le coronavirus complexifie l'arrivée des travailleurs étrangers en Gaspésie. Retards, nombre réduit de travailleurs et délais d’attente pour le dépistage sont autant d’inquiétudes pour ceux qui espèrent des renforts venus d'ailleurs.

L'entreprise agricole Les Plantations de la Baie de Carleton-sur-Mer espérait accueillir 4 travailleurs provenant du Mexique, au début du mois de mai.

Déjà, la copropriétaire Édith Roussel explique que des retards dans le processus laissent entrevoir une arrivée plus tardive de près d'un mois, par rapport à ce qui était prévu.

On sait que nos demandes faites pour le 1er mai ne seront pas effectives, explique Mme Roussel. On sait qu’on va avoir nos travailleurs étrangers en juin, mais on ne connaît pas la date précise. Avec la COVID-19, tout devient plus lent. On nous dit que le processus était retardé pour tout le monde.

C’est certain qu’on est préoccupé, mais on n’a aucun contrôle là-dessus.

Une citation de :Édith Roussel, copropriétaire des Plantations de la Baie
Les deux travailleurs mexicains posent aux côtés des propriétaires, devant un champ de sapins

Les propriétaires des Plantations de la Baie, Christian Roy et Édith Roussel, comptent sur des travailleurs étrangers pour les aider dans le cultures de céréales, de fruits et légumes et de sapins de Noël (photo prise avant la pandémie).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’agricultrice appréhende aussi des retards concernant le test de dépistage auquel les travailleurs doivent se soumettre le dixième jour de leur quarantaine. Sur la Côte-Nord, des Mexicains ont dû rester isolés durant près d’un mois en raison de ratés dans l’acheminement des résultats.

Ce qu’on entend, c’est que ces tests-là sont retardés, se désole Mme Roussel. Donc, il est possible que nos travailleurs fassent leur test de dépistage la dixième journée, mais qu’on ait seulement les résultats de ces tests-là 10 jours plus tard. Donc, même si la quarantaine est terminée, ils ne peuvent pas travailler tant qu’on n’a pas les résultats. On sait que ça peut aussi retarder leur entrée au travail. C’est insécurisant.

Des champs maraîchers, avec des plantations de sapin et des montagnes en arrière-plan

Les propriétaires des Plantations de la Baie s'attendent à devoir mettre les bouchées doubles dans les champs en attendant l'arrivée des travailleurs mexicains (archives).

Photo : Les Plantations de la Baie

La situation est particulièrement préoccupante alors que le printemps hâtif risque de permettre des travaux aux champs plus tôt qu'à l'habitude.

On devrait être en mesure de faire nos semis de grande culture trois semaines plus tôt que l’an dernier, mentionne Édith Roussel. Il faut repenser autrement la façon de faire nos cultures sans les travailleurs. On va repousser la taille des sapins de Noël, par exemple.

L’an dernier, les copropriétaires des Plantations de la Baie ont accueilli leur premier travailleur étranger le 9 juillet. L’entreprise a pu compter sur sept travailleurs étrangers alors qu’elle en attendait 12.

Moins de travailleurs que prévu à l’usine de Paspébiac

Du côté de l'usine Unipêche M.D.M. de Paspébiac, ce sont finalement 26 travailleurs, sur les 44 espérés au départ, qui sont au travail.

Étant donné les mesures de distanciation, avant les Fêtes, on a décidé de diminuer le nombre de travailleurs attendus à 32, affirme le directeur général du Groupe Unipêche, Gino Lebrasseur. Ça nous permettait de respecter les règles en matière d’hébergement.

Toutefois, l’usine s’est vu confirmer l’arrivée de seulement 26 travailleurs.

Des employés s'affairent autour d'un convoyeur où se trouve des bacs de plastique contenant du crabe des neiges.

L'usine M.D.M de Paspébiac accueille 26 travailleurs étrangers alors qu'elle en espérait 44 au départ (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

On n’a pas eu le nombre qu’on attendait et on doit diminuer certaines productions, souligne M. Lebrasseur. Par contre, dans les circonstances, 26 travailleurs étrangers, ça nous satisfait. On peut faire notre production, peut-être pas en aussi gros volume toutefois.

La ferme Bourdages Tradition reste optimiste

La ferme maraîchère Bourdages Tradition de Saint-Siméon attend 35 travailleurs étrangers cet été, dont trois pour le début du mois de mai.

À ce jour, on n’a pas de contre-indication négative, on espère vraiment d’avoir nos 35 travailleurs, lance le copropriétaire Pierre Bourdage. On recrute aussi des Québécois parallèlement.

L'entreprise familiale peut embaucher jusqu'à 70 personnes en haute-saison.

L'entreprise familiale peut embaucher jusqu'à 70 personnes en haute saison (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

L’an dernier, l’entreprise familiale reconnue pour sa culture de fraises avait seulement pu accueillir 15 Mexicains, alors qu’elle en espérait 40.

C’est certain qu’on a eu des pertes aux champs, admet M. Bourdage, mais on a été chanceux d’avoir des travailleurs québécois en renfort.

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