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Des policiers d'Ottawa et de l'est ontarien ne mèneront pas de contrôles aléatoires

Affiche à l'entrée du poste de police.

Quartier général de la police d'Ottawa au 474 de la rue Elgin (archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

À Ottawa comme dans l’est ontarien, des corps policiers ont décidé de ne pas effectuer de contrôles aléatoires pour assurer le respect de l’ordre de rester à la maison, en vertu des pouvoirs accrus que lui a conférés le gouvernement de Doug Ford. Il reste à voir comment ils réagiront aux changements annoncés par Queen’s Park, samedi.

En soirée, le ministère du Solliciteur général a fait savoir que les policiers pourront interpeller seulement les personnes soupçonnées de prendre part à un événement public organisé ou un rassemblement social.

Les pouvoirs accrus aux policiers étaient déjà permis depuis le début de la journée de samedi, journée durant laquelle plusieurs intervenants ont souligné qu’ils attendaient de recevoir plus de détails avant de se risquer à procéder à des interpellations aléatoires.

Je comprends l'hésitation des chefs de police en Ontario. [...] Il y a beaucoup de questions qui se posent, donc [...] ma réaction est de me tenir avec notre chef de police, a dit la mairesse de Cornwall, Bernadette Clement, en entrevue avec ICI Ottawa-Gatineau.

On fait notre part pour appuyer la province et le fédéral et on va continuer à le faire, mais on a encore besoin de plus d'information, [...] de clarté, de clarification pour procéder à répondre aux questions des gens, a-t-elle ajouté.

La police de Kingston, de concert avec la municipalité, a aussi précisé par communiqué que les contrôles aléatoires seraient écartés.

Dès vendredi, le service de Le Service de police d’Ottawa (SPO) a indiqué, dans un communiqué envoyé aux médias qu’il n’effectuera pas de contrôles aléatoires .

Nous étudions minutieusement ces nouveaux pouvoirs. Nous sommes fort sensibles aux perceptions du grand public ainsi qu’à celles des collectivités marginalisées, racialisées et autochtones, a affirmé le chef du corps policier, Peter Sloly.

Peter Sloly dans une mêlée de presse.

Le chef du Service de police d'Ottawa (SPO), Peter Sloly, s'adresse aux médias (archives).

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Nous ne souhaitons pas que ces pouvoirs en viennent à miner la confiance du public.

Une citation de :Peter Sloly, chef du Service de police d'Ottawa (SPO)

En tout, plus d’une dizaine de corps policiers ont signifié leur refus de mettre en vigueur leurs pouvoirs accrus de contrôles aléatoires.

Il reste à voir si les indications apportées par le solliciteur général, samedi soir, sauront convaincre.

Le président de Nord-Sud développement, Racines et Culture Canada, César Ndéma-Moussa, a indiqué dans la journée de samedi qu’il craignait des dérapages.

Le fait de parler de moyens extraordinaires par rapport, notamment, à la pandémie, ne doit pas nous faire oublier la notion de droits et libertés qui fait en sorte que, même avec des moyens extraordinaires, il y a toujours un risque d'accroissement d'inégalités, a-t-il soutenu.

Un homme portant des lunettes de soleil et un béret derrière un micro

César Ndéma-Moussa, président de Nord-Sud développement, Racines et Culture Canada (archives)

Photo : Radio-Canada / André Dalencour

Il a rappelé que le profilage racial est une problématique qui existe, pandémie ou pas. Le fait de mesures extraordinaires par rapport à la pandémie et [...] les arrêts aléatoires au niveau de la police ne font que faire craindre, avec raison, le fait qu'il y ait plus d'inégalités qui viennent juste par le fait d'être noir au volant, a-t-il ajouté.

Pour Frédéric Bérard, docteur en droit, il est clair que d’accorder pareils pouvoirs aux corps policiers peut s’avérer une pente glissante, mais il reste à voir s’il y aurait réellement des dérapages et lesquels.

J’ai même l’impression que les policiers sont peut-être un peu plus indulgents après 13 ou 14 mois [de pandémie], a-t-il dit.

Quant à la désolidarisation des corps policiers, elle témoigne, à ses yeux, d’un manque de clarté dans les mesures annoncées.

Quand la règle n’est pas claire, quand la loi n’est pas intelligible, les premiers concernés, quand on y pense, ce ne sont pas tant les citoyens, mais les policiers qui doivent faire respecter une règle qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes.

Par ailleurs, le premier ministre Ford a annoncé sur Twitter qu'il reculait sur la fermeture des terrains de jeu.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, s'est réjoui, sur le même réseau social, du changement de cap peu de temps avant qu'il ne se confirme.

Il est temps de laisser les enfants être des enfants. Nous pouvons promouvoir la distanciation physique et tout de même permettre aux jeunes de prendre de l'air et de faire de l'activité physique, a-t-il lancé en anglais.

Avec les informations de Marielle Guimond et de Rémi Authier

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