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Le visage des défenseurs de Fairy Creek

Sept manifestants se tiennent devant des bannières.

Plusieurs campements se sont érigés dans les environs de Fairy Creek, dont celui-ci, à Eden Grove où plusieurs personnes y ont installé leurs tentes.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

À Fairy Creek, sur l’île de Vancouver, des manifestants tiennent des barrages depuis des mois afin d'empêcher la coupe de forêts anciennes. Malgré une injonction obtenue par une division de l’entreprise forestière Teal Jones, ceux qui se qualifient de défenseurs de la forêt sont déterminés à rester.

Au mois d’août, une première barricade s’est érigée à quelques kilomètres de Port Renfrew afin de protéger les arbres anciens qui se trouvent sur le bassin versant de Fairy Creek.

Dès les premières semaines, Emily Twoney, originaire de l’île Texada, s’est empressée de venir soutenir le mouvement.

Portrait d'Emily Twoney.

Le visage des défenseurs de Fairy Creek

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

La première fois que je suis arrivée ici, j’ai été happée par la beauté de l’endroit, par son côté ancien et son écosystème rare et magique. C’était impossible de ne pas vouloir y revenir, se remémore-t-elle.

Depuis, elle est devenue la maman du campement de la rivière. Elle y amène régulièrement ses deux garçons qui adorent jouer dans les bois et elle s’occupe de la gestion de ce qui est devenu le camp de base.

Il y a une semaine, Martin Comtois est arrivé de Duncan pour se joindre au groupe et aider à la mise en place d’une cuisine de fortune.

Ici, ils en ont déjà pris 97 % de la forêt [ancienne] et il n’en reste seulement que 3 %... un moment donné il faut dire : "assez, c’est assez!", lance-t-il, le visage caché derrière un masque.

Portrait de Martin Comtois.

Martin Comtois croit que la mobilisation à Fairy Creek et dans les environs est très importante et encourageante pour la survie des forêts anciennes.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

La pandémie de COVID-19 est venue compliquer l’organisation du mouvement. Un peu partout, des bouteilles de désinfectants trônent à côté d’affiches qui demandent aux gens de garder leur distance. Tous portent un masque.

Malgré cela et les inquiétudes suscitées depuis la publication de l’injonction le 1er avril, Martin Comtois compte rester sur place aussi longtemps qu’il le faudra.

J’ai 62 ans et je crois que c’est la chose la plus importante que j'ai faite de ma vie.

Une citation de :Martin Comtois

Depuis la formation du camp de la rivière, plusieurs autres campements se sont érigés sur le territoire, protégeant chacun une parcelle de forêt et bloquant la route qui y mène.

Quelques kilomètres au sud du campement de Fairy Creek, le long d’une route cahoteuse, se trouve le campement d’Eden Grove.

Un arbre géant au milieu d'une jeune forêt.

L'un des symboles du campement d'Eden Grove est ce pin Douglas géant, qui se tient seul au milieu d'une forêt qui a été replantée.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Leanne Brown, une résidente de Victoria âgée de 65 ans, y vit dans une petite tente à même le sol. L’opération à la hanche qu’elle a subie au début de l’année ne l'a pas empêchée de rapidement venir rejoindre le groupe de militants.

Je n’arrive pas à me réconcilier avec l’idée que, même s’il ne reste que très peu de forêts anciennes sur l’île, ils souhaitent toujours couper dans cette vallée magnifique, explique-t-elle en soupirant.

Elle admet toutefois que ce n’est pas toujours facile de vivre avec les intempéries, mais comme beaucoup d’autres manifestants, elle ne souhaite pas baisser les bras.

Gros plan d'un arbre géant.

L’une des recommandations phares du rapport indépendant sur l'avenir des forêts anciennes, remis au gouvernement de John Horgan en septembre, est de suspendre immédiatement la coupe des forêts anciennes dans les écosystèmes qui risquent des pertes irréversibles de biodiversité, le temps de mener une réforme complète du régime d'exploitation forestière.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Duncan Morrison, qui réside à Sooke, participe à l'effort depuis le tout début du barrage et il souhaite ardemment sauver ces arbres géants.

Cet endroit est spécial et nous voudrions qu’il soit converti en parc pour que tout le monde puisse venir y admirer les grands arbres, souligne-t-il.

Entre-temps, une passerelle a été construite dans la forêt d’Eden Grove afin de permettre un meilleur accès pour aller voir les séquoias et les pins.

Il nuance toutefois que les militants ne sont pas en défaveur de l’industrie forestière. Il souhaite cependant que les forêts qui contiennent ces arbres ancestraux soient préservées des coupes.

Le 12 avril, le chef héréditaire de la Nation Pacheedaht, sur les terres desquelles se situent les campements, a indiqué que les manifestants ne sont pas les bienvenus et leur a demandé de partir.

Notre droit de posséder et de gérer les ressources de la forêt dans notre territoire doit être compris, écrit le chef Frank Queesto Jones dans un communiqué.

La Nation Pacheedaht est cependant divisée sur la préservation de cette forêt ancienne.

J’implore les gens à continuer d’être à mes côtés pour protéger cette forêt de la destruction et du colonialisme parce que nous avons besoin d’alliés sur place pour éviter la coupe des forêts anciennes sur mon territoire, indique pour sa part Bill Jones, un membre de la Nation Pacheedaht en réponse à la lettre du chef héréditaire.

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