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Boutique Première met fin à la location de films

Des films rangés dans un club vidéo.

Boutique Première met fin à la location de films.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

C’est la fin d’une époque pour la chaîne régionale Boutique Première, qui ne louera plus de films.

L’entreprise, autrefois connue sous le nom de Première Vidéo, liquide tout son inventaire de DVD et de Blu-Ray.

Les copropriétaires de Boutique Première, Annie Archambault et Robert Naud, ont commencé à louer des films sur vidéocassette dans leur succursale de Vidéo Expert sur la rue Sacré-Cœur, à Alma dans les années 80. Ils ont ensuite acheté un compétiteur, puis un local sur l’Avenue du Pont, où a toujours pignon sur rue Boutique Première.

Dans les années 2000, l’entreprise détenait 12 magasins, parfois même deux dans une même ville. Dans certains cas, les détaillants pouvaient avoir jusqu’à 50 exemplaires d’un même film.

Ça prenait le club vidéo à côté, dans ton quartier pratiquement, parce que c’était tellement fort. Les fins de semaine, c’était épouvantable comment il y avait du monde. On dirait que c’était toujours Noël. Ça prenait ça. Un club vidéo, dans le temps, n’était pas suffisant pour une ville. Ça en prenait deux , se souvient Annie Archambault.

L’arrivée du numérique et de plateformes comme Netflix ont sonné le glas des commerces de location de films. En 2018, la bannière a changé de nom. Elle a fermé quelques-unes de ses succursales dans la région pour ne conserver que celles d'Alma et de Chicoutimi, sur le boulevard Talbot.

Quand on a vu que les films étaient encore en tablette le 24 décembre, ce qui n’arrivait jamais, on s’est dit qu’il fallait être logique. On a toughé le plus longtemps possible et on l’a fait pour nos clients. Avec la pandémie, il n’y a pas eu de sorties de films et les gens se sont beaucoup tournés vers les séries, a été forcée de constater Annie Archambault. La femme d’affaires s’inquiète au sujet de la possibilité de mettre la main sur des classiques, à l’ère du numérique.

La disparition de « l'église du cinéma »

La fin des locations de films en succursales pourrait effectivement nuire à la pérennité de certains documents, du point de vue de la responsable du marché du court pour le festival REGARD, Ariane Fecteau. Elle est d’avis que la beauté des clubs vidéo relevait du fait que ces lieux recelaient d’imposantes quantités de long métrages. Cinéma d’action, cinéma d’auteur, cinéma de répertoire : autant de genres jadis regroupés sous un même toit. En raison de la fréquence et de la richesse des rencontres que l’on pouvait faire au club vidéo, Ariane Fecteau croit qu’il s’agissait, en quelque sorte, de l’église du cinéma .

Les moteurs de recherche, la découvrabilité en ligne, les métadonnées, ça c’est un nouveau monde qui est beaucoup plus technique et peut-être moins accessible à monsieur et madame Tout-le-Monde qui aiment le septième art. Donc, il y a une partie à laquelle le public ne sera pas exposé , pointe-t-elle, ajoutant que les grands joueurs du numérique n’accordent ni temps ni efforts à la valorisation du travail des artisans du cinéma et à la médiation culturelle, comme le font certaines revues spécialisées.

C’est l’accès aux artistes et la valorisation de leur travail qui va se perdre , prédit Ariane Fecteau.

Sur la base des informations et des entrevues de Johanie Bilodeau

Écouter le segment de l'émission Place publique

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