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Les T.N.-O. songent à délaisser le cursus scolaire albertain pour celui de la C.-B.

Des élèves en classe.

L’ébauche du nouveau programme albertain fait l’objet de nombreuses critiques. Elle est accusée notamment d’être eurocentrique, notamment son approche envers le colonialisme et l’histoire autochtone.

Photo : iStock

Le ministère de l’Éducation des Territoires du Nord-Ouest étudie le renouvellement possible de ses programmes scolaires et il devient de plus en plus évident pour certains députés que le cursus britanno-colombien sera plus adaptable à la réalité du territoire que celui de l'Alberta. Ce dernier fait actuellement l'objet d'une réforme qui est fortement critiquée.

Dans le cadre de son processus de révision, le ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi a comparé les cursus scolaires du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique afin de déterminer lequel serait le plus bénéfique pour les élèves ténois.

Puisque le territoire ne peut se permettre de créer son propre cursus, il doit se limiter à créer certains programmes, à en adapter d’autres et à tout simplement adopter ceux d'autres provinces dans certains cas. C'est ce qu'il fait présentement avec le cursus albertain.

Le gouvernement a présenté le résultat de son travail lors d’une rencontre devant le Comité permanent des affaires sociales, mardi dernier.

Selon la directrice du développement du cursus territorial, Jessica Brace, quatre thèmes ont été priorisés dans l’étude des quatre cursus, soit l’inclusion, l'ancrage des perspectives autochtones, la façon dont l’accent est mis sur la pensée critique et les outils d’évaluation utilisés.

R.J. Simpson l'Assemblée législative.

Le ministre de l'Éducation des Territoires du Nord-Ouest, R.J. Simpson, doit prendre une décision sur l'avenir du cursus du territoire d'ici septembre.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Sur tous les fronts, le programme d'études de la Colombie-Britannique est le plus aligné aux besoins du territoire et est toujours le plus solide, a expliqué Jessica Brace devant les députés.

Elle prévient toutefois que son ministère n’a pas pu examiner le programme révisé du gouvernement albertain, un programme de plus en plus critiqué par les éducateurs de la province.

Ce travail devra se faire au cours des prochains mois afin de permettre au ministre de l’Éducation, R.J. Simpson, de prendre une décision d'ici septembre.

Un cursus critiqué

Pour les députés Kevin O’Reilly et Rylund Johnson de Yellowknife, la présentation de mardi ne fait que mettre en évidence la nécessité de délaisser le cursus albertain pour s’accrocher à celui de la Colombie-Britannique.

Même si l’étude du gouvernement ne s’attarde pas au programme révisé de l’Alberta, Kevin O’Reilly dit avoir de la difficulté à imaginer comment un programme si critiqué pourrait être amélioré compte tenu du penchant idéologique du gouvernement de Jason Kenney.

Kevin O'Reilly à l'Assemblée législative.

Le député de Frame Lake dans Yellowknife, Kevin O'Reilly, doute que le nouveau cursus albertain puisse être adapté à la réalité ténoise.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Rylund Johnson estime pour sa part qu’il serait préférable de rester loin de ce qu’il qualifie d’une joute politique en Alberta.

Nous devons être conscients que l’opposition en Alberta a dit qu’elle introduira un nouveau programme si elle est élue, explique-t-il. Je pense que, quel que soit le gouvernement en place, nous ne devrions pas [adopter un programme] qui risquerait de changer à nouveau en Alberta.

Un long processus

Le ministère de l’Éducation du territoire devra consulter les administrations scolaires, les gouvernements autochtones et le public avant de prendre sa décision.

La Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) doit d'ailleurs rencontrer le ministère à ce sujet lundi.

Selon sa directrice générale, Yvonne Careen, la CSFTNO partage les mêmes critiques et inquiétudes que les conseils scolaires de l’Alberta sur le nouveau cursus, notamment sur le manque de perspective autochtone et francophone.

Un logo de la CSFTNO sur la porte qui donne sur ses bureaux.

Le gouvernement doit consulter les administrations scolaires au cours des prochaines semaines. Le public aura aussi son mot à dire.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

C’est certain que quand on regarde ce qui est proposé en Alberta maintenant et ce qui est proposé en Colombie-Britannique, il y a des différences marquées, dit-elle en ajoutant qu’elle préfère tout de même attendre les discussions avec le gouvernement et la publication du programme de la 7e à la 12e année avant de se prononcer officiellement.

Yvonne Careen rappelle aussi que le renouvellement des programmes scolaires ne se fera pas du jour au lendemain et que le processus ne fait que commencer.

Si le ministre doit prendre une décision sur le programme d'ici septembre, le gouvernement compte ensuite prendre au moins toute l’année suivante pour élaborer ses programmes afin de commencer à les mettre en place à partir de l’année scolaire 2022-2023.

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