•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le mandat des consultations sur le charbon jugé trop étroit par des groupes

Un travailleur qui met du charbon dans une benne à l'aide de sa pelle.

Un travailleur de l'industrie du charbon en Alberta

Photo : Radio-Canada / Archives CBC

Radio-Canada

Les questions centrales de l'eau potable et de gestion du territoire ne seront pas incluses dans les consultations publiques portant sur des projets d’extraction du charbon dans les Rocheuses, ce qui fait sourciller des groupes d'opposants.

Le mandat des consultations inclut tout sauf ce dont nous voulons parler, lance Kevin Van Tighem, un propriétaire terrien de la région.

Dans un document du site Internet du gouvernement qui détaille le cadre des consultations, il est précisé que le comité de cinq membres ne pourra se pencher que sur les questions sous le contrôle du ministère de l'Énergie.

Le comité se concentrera uniquement sur les questions liées au charbon qui sont sous l'administration du ministre de l'Énergie, indique le document.

Cela signifie que le processus ne permettra pas de discuter des questions qui tombent sous le contrôle de la Loi sur le charbon (Coal Conservation Act), de la Loi sur le développement responsable de l’énergie (Responsible Energy Development Act), de la Loi sur l’intendance des terres (Land Stewardship Act) ou la Loi sur l’eau (Water Act).

La grande majorité des gens sont préoccupés par l'eau et par la protection des Rocheuses, explique Kevin Van Tighem. Pourtant, nous n'avons pas le droit de parler d'eau et nous n'avons pas le droit de parler de gestion du territoire.

Un plan controversé

Les consultations publiques ont été annoncées par la ministre provinciale de l’Énergie, Sonya Savage, en réponse au tollé soulevé par les plans du gouvernement, qui souhaite ouvrir des zones non touchées des Rocheuses à l'extraction de charbon à ciel ouvert.

Une mine à flanc de montagne, recouverte de routes, sans végétation.

Le gouvernement albertain veut autoriser les mines à ciel ouvert du côté est des Rocheuses, à l'instar de cette mine de Sparwood, en Colombie-Britannique.

Photo : Edward Burtynsky/Galerie Nicholas Métivier

Les contreforts des Rocheuses sont renommés pour leur beauté et comme étant une source importante des cours d’eau de la province.

De nombreuses municipalités, des Premières Nations, des éleveurs et des dizaines de milliers d'Albertains ont exprimé leurs préoccupations face à la volonté gouvernementale. Beaucoup craignent des dommages permanents à cette zone d'une grande beauté.

Un mandat trop étroit

Le mot environnement n'apparaît nulle part dans le document de quatre pages décrivant les consultations publiques, alors que Sonya Savage avait promis que ces dernières serviraient à connaître les opinions des Albertains en veillant à ce que le gouvernement de l'Alberta comprenne bien ces points de vue.

Une mine à ciel ouvert devant les Rocheuses albertaines.

La région de Crowsnest Pass a par le passé été une plaque tournante de l'industrie canadienne du charbon, qu'elle espère relancer aujourd'hui.

Photo : CBC

Les consultations semblent plutôt fortement tournées sur l'évaluation de ce que les Albertains comprennent des politiques et des règlements actuels sur le charbon en demandant s'ils perçoivent leur province comme un promoteur responsable et s'ils sont au courant des règlements qui régissent l’extraction du charbon.

Je trouve cela vraiment condescendant.

Une citation de :Katie Morrison, Société pour les parcs et la nature du Canada

C’est comme si le gouvernement disait : "De toute évidence, les Albertains ne savent pas de quoi ils parlent. S’ils comprenaient nos règlements, ils ne seraient pas aussi opposés." Je ne pense pas du tout que ce soit vrai, dit-elle.

Le comité n'aura pas à tenir compte, dans son rapport, de toutes les préoccupations mentionnées en dehors du champ restreint qui lui a été accordé.

De plus, le document charge le comité d’établir des relations avec les communautés autochtones, malgré les promesses de Sonya Savage de travailler de gouvernement à gouvernement avec ces communautés.

C’est très frustrant pour beaucoup de gens, dit Craig Snodgrass, le maire de High River, dont le conseil municipal a envoyé une lettre au gouvernement au gouvernement pour lui demander d’annuler ses plans de développement.

Les Albertains doivent comprendre que ce sera un combat très, très long.

Une citation de :Craig Snodgrass, maire de High River

Le porte-parole de l'opposition néo-démocrate en matière d'environnement, Marlin Schmidt, affirme que le document soulève des doutes sur la volonté du gouvernement de vraiment consulter la population.

Il est clair que Jason Kenney et le Parti conservateur uni ont donné à ce comité un mandat qui vise à atteindre un résultat prédéterminé, qui est l'expansion de l'extraction du charbon dans les montagnes Rocheuses de l'Alberta et leurs bassins versants, a t-il indiqué par courriel.

Un homme porte un veston et une cravate dans les couloirs de l'Assemblée législative à Edmonton.

Jason Nixon, le chef du caucus du parti conservateur uni à l'Assemblée législative.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement se défend

Personne ne décourage les discussions à propos du charbon.

Une citation de :Jason Nixon, ministre de l'Environnement de l'Alberta

La politique de 1976 sur le charbon ne fait aucune mention de l’eau. Nous prévoyons d’autres consultations dans les mois à venir sur les questions de gestion d’eau qui chevauche les questions d’extraction du charbon, mais la réalité est que rien n’a changé à propos de la protection de l’eau, a affirmé Jason Nixon.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !