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Pouvoirs policiers, construction, commerces : l'Ontario réagit au resserrement des mesures

Une ambulance roule dans les rues de Toronto pendant qu'une piétonne portant un masque traverse la rue.

Les nouvelles restrictions ne font pas l'affaire de tous, mais devant la gravité de la situation, l'Ontario est de plus en plus limité dans ses choix.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

L'Ontario introduit une série de restrictions supplémentaires pour tenter d'éviter un désastre dans sa lutte contre la COVID-19, des mesures qui ne font pas l'unanimité. L'ordre de rester à la maison sera en vigueur au moins jusqu'au 20 mai.

L'Ontario serre la vis devant la menace grandissante de la COVID-19. Dès samedi, la police aura davantage de pouvoirs pour s'assurer que les Ontariens restent à la maison.

Les policiers pourront dorénavant interpeller toute personne à l’extérieur pour lui demander son adresse et la raison de son déplacement.

Même s'il s'agit d'une mesure temporaire, le directeur général de l'Association canadienne des libertés civiles, Michael Bryant, juge que les réponses du gouvernement à la pandémie se heurteront à des obstacles constitutionnels.

C’est un vendredi noir de droits bafoués par Queen’s Park aujourd’hui, au risque d’une éruption de profilage racial et de pouvoirs de police excessifs, lance l'ancien procureur général de l'Ontario.

Les contrôles aléatoires de la police pendant la COVID-19 sont inconstitutionnels, en supposant que ceux qui sont à l'extérieur ou que ceux qui conduisent sont coupables, ajoute Michael Bryant dans un communiqué.

Selon lui, ces nouvelles restrictions [...] peuvent faire l’objet d’une contestation judiciaire.

Des habitants de London, en Ontario, font la queue pour entrer dans un supermarché.

La capacité d'accueil des supermarchés, épiceries, dépanneurs, marchés fermiers intérieurs et pharmacies sera limitée au quart, dès samedi, dans toute la province.

Photo : Radio-Canada / Colin Butler

La capacité sera dorénavant limitée à 25 % dans tous les commerces de détail où le magasinage en personne est permis.

Il sera important pour le gouvernement de recentrer ses efforts sur l’aide à fournir aux commerces de détail non essentiels au moment où ceux-ci sont gravement touchés par les ordres de fermeture et les confinements, écrit la PDG du Conseil canadien du commerce de détail, Diane J. Brisebois.

Selon le groupe, ces commerces ont été fermés pendant 170 jours en Ontario, depuis le début de la pandémie.

Le Conseil canadien du commerce de détail propose l'allègement des taxes et services publics municipaux, des prêts à faible coût et à long terme, un crédit d’impôt remboursable pour l'achat d'équipement de protection et une aide à la location et protection continue contre les évictions commerciales pour aider les entreprises.

Des ouvriers sur un bâtiment en construction, avec une grue en arrière-plan.

Des inspecteurs visiteront des chantiers pour s’assurer du respect des mesures liées à la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Tous les lieux de travail non essentiels du secteur de la construction seront également fermés à partir de samedi.

Les chantiers pour la construction de logements ou d'hôpitaux, jugés comme étant essentiels, resteront ouverts.

Le Consortium de la construction de l'Ontario demande déjà au gouvernement provincial de revoir les restrictions qui entravent encore une fois l'industrie de la construction.

Les chantiers de construction continuent de fonctionner en toute sécurité grâce aux efforts des employeurs et employés, écrit son président Phil Gillies.

Sur un total de 10 000 réclamations concernant la COVID-19 à la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT), moins de 200 cas étaient liés à l’industrie de la construction, affirme-t-il.

Selon M. Gillies, tout le monde fait des efforts extraordinaires pour assurer la sécurité des travailleurs.

Un homme.

Yuri Katsuk a dû mal à voir la lumière au bout du tunnel, mais il respecte tout de même les mesures sanitaires.

Photo : Radio-Canada

Tout le monde doit être plus organisé cette fois, dit pour sa part le Torontois Yuri Katsuk.

Je travaille 8 heures par jour en portant un masque. Je suis fatigué, mais si nous ne le faisons pas, ce sera un désastre, dit-il.

Si tout le monde suivait les mesures sanitaires, on serait sortis de l'auberge, pense Bobby Balogh, un autre habitant de Toronto. Ça devient ridicule et hors de contrôle, ajoute-t-il.

Plan rapproché d'un visage, de l'intubation et d'une main gantée.

Le nombre d'Ontariens en soins intensifs atteint des sommets. La pression sur le système hospitalier se fait sentir.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Des experts de la santé demandent des mesures plus strictes depuis des semaines.

Le Dr Santiago Perez Patrigeon n'est pas surpris par ce resserrement des mesures à la vue du nombre de cas et d'hospitalisations qui ne cesse de grimper.

On tardait déjà à prendre cette décision, dit le médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Kingston et professeur associé au département de médecine de l’Université Queen’s.

Il faut limiter les occasions de rassemblement entre les différentes bulles [de personnes]. C'est là que ça devient délicat, ajoute-t-il.

Les rassemblements à l’extérieur avec des personnes qui ne vivent pas sous le même toit seront interdits à partir de samedi.

Selon la chef du NPD, Andrea Horwath, le premier ministre Doug Ford n'a mis en place aucune nouvelle protection et a choisi d'ignorer les experts et faire plonger l'Ontario plus profondément dans la crise, ajoute-t-elle.

Ses changements sont édulcorés et faibles, dit Mme Horwath. Il a été averti à maintes reprises par des experts et il choisit toujours de nous pousser tout droit dans une catastrophe longue, profonde et mortelle.

La table de consultation scientifique sur la COVID-19 de l'Ontario estime qu’il y aura plus de 5000 nouvelles infections quotidiennes à la fin du mois d’avril, selon le scénario le plus optimiste.

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