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Deux hommes rient alors qu'ils terminent un sous-sol.

En attendant de connaître son sort, le prêtre Hervé Sauvé a retrouvé le sourire sur un chantier de construction.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Crucifié sur la place publique, le père Hervé Sauvé de Kapuskasing a vécu un véritable cauchemar. Afin de se libérer l'esprit, le prêtre, contre qui les accusations de fraude viennent d’être abandonnées par la Couronne, est retourné sur les traces du Seigneur en faisant le même métier que lui.

Vu que j’étais suspendu de mon ministère, il fallait que je me tienne occupé. Je ne pouvais pas rester à l’appartement, je serais devenu fou, souligne le natif de Fauquier.

L’entrepreneur général Yvan Carlo Tremblay l’a alors invité à venir construire un chalet à Harty.

Carlo sacre beaucoup. Il me dit toujours : '' je sacre tellement que j’ai été obligé de m’embaucher un curé pour me donner l’absolution tout le temps'', lance le prêtre, à la blague.

Passer du calice, ce vase sacré, au marteau a été toute une adaptation pour Hervé.

C’était vraiment un autre monde, retourner sur la construction à 59 ans, ce n’était pas évident, se souvient-il alors qu’il travaille sur le chalet Murray depuis le mois de septembre.

Il n’était pas très bon, relate l’entrepreneur général. Il prenait son marteau à deux mains.

Un homme plante un clou.

Hervé ne savait même pas tenir un marteau correctement en septembre. Aujourd'hui, il a bâti un chalet de A à Z à Harty en compagnie de son ami Yvan Trembaly.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Le prêtre est bien reconnaissant qu’Yvan lui ait donné la chance d’apprendre le métier de Jésus et de son père Joseph. Depuis le mois de septembre, il a appris les rudiments du métier en se rendant au chantier chaque jour.

À tout bout de champ, je prenais des notes sur la construction qui vont me servir pour une homélie, ajoute le prêtre.

Un long chemin de croix

La dernière année n’a pas été de tout repos pour le prêtre Hervé Sauvé. Son diocèse a été dans la tourmente, secoué par des accusations à caractère sexuel contre le prêtre Fernand Villeneuve et ensuite des accusations de fraude dans deux églises.

La vie d’Hervé prend un tournant inattendu en juillet alors qu’il est suspendu de son ministère pour des accusations de fraude de plus de 5000 $.

Hervé Sauvé dans une célébration eucharistique.

Père Sauvé prendra une petite période de réflexion avant de retourner à son poste.

Photo : Avec l'autorisation d'Hervé Sauvé

Ça a été difficile, à un moment donné, j’ai dû prendre des médicaments. J’en ai pris très, très peu, relate-t-il à propos de la période noire qu’il a traversée.

Monsieur Sauvé quitte la paroisse où il s’était établi pour rentrer à la maison.

OK. Je suis prêtre. Comme tous les croyants, on peut avoir des doutes. On croit en Dieu, mais on ne l’a jamais vu. Je dois dire que, durant ces 10 mois-là, Dieu était présent et il me précédait.

Alors qu’il vient d’avoir le feu vert de l’évêque pour retrouver son poste à l’église, Hervé n’a qu’un seul souhait : rebâtir le diocèse, blessé.

Il y a eu beaucoup de blessures dans notre diocèse. C’est un clergé qui est blessé [...] Il va falloir jusqu’à un certain point reconstruire. Maintenant, je vais passer de la reconstruction d’un chalet à la construction d’un diocèse, conclut-il.

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