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Les villes albertaines craignent pour leur avenir sans l'appui de la province

Rachel Notley compare la relation entre l'Alberta et ses villes à celle « d'un propriétaire qui ne répare pas la plomberie pour ses locataires ».

Des gratte-ciel et des fleurs au coeur de Calgary.

Le centre-ville de Calgary, en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Justin Pennell

Les relations sont plutôt tendues entre les municipalités de l'Alberta et le gouvernement de Jason Kenney. Accompagné de plusieurs députés provinciaux, le premier ministre albertain a abordé quelques-unes des inquiétudes exprimées dernièrement par les dirigeants des villes. Parmi elles, il y a l'avenir de l'économie et les impôts impayés des pétrolières.

À l'occasion de la réunion de printemps de l'Association des municipalités urbaines de l'Alberta (AUMA), plusieurs maires et mairesses ont rappelé leur mécontentement par rapport à l'importante baisse de leur financement.

Le budget provincial, déposé en février, indique que l'enveloppe de 1,2 milliard de dollars pour les projets des municipalités chutera de 60 % par année dès l'an prochain.

Dans son intervention, Jason Kenney a demandé aux municipalités de tenir compte la position difficile dans laquelle se trouve son gouvernement. Il a conclu son discours par un souffle d'espoir, en parlant d'une renaissance [de l'économie] en Alberta à la fin de la pandémie.

Le choix de serrer la ceinture des municipalités reste incompris, et de nouveaux projets d'infrastructure sont difficiles à imaginer, admet le président de l'AUMA et maire de la ville de Brooks, Barry Morishita.

Nous comprenons que la situation financière est difficile, mais ce qui est décevant, c'est que les municipalités doivent planifier à l'avance. Alors, quand on nous enlève toute certitude sans parler d'un plan, c'est un problème.

Une citation de :Barry Morishita, président de l'AUMA
Barry Morishita en costume et cravate, en entrevue lors d'une conférence.

Barry Morishita, maire de Brooks, veut collaborer avec le gouvernement provincial.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Brown

Pour améliorer la relation entre les villes et la province, il demande que cette dernière tende plus souvent l'oreille.

Lors de la réunion, cette semaine, la chef de l'opposition néo-démocrate, Rachel Notley, a comparé cette relation à celle d'un propriétaire qui ne fait pas réparer la plomberie pour ses locataires.

Un chevalet de pompage dans un champ de l'Alberta au coucher du soleil.

Des municipalités attendent impatiemment que les entreprises énergétiques remboursent leurs impôts fonciers.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Dettes géantes des pétrolières

Bâtir des ponts, tant au sens propre qu'au sens figuré, s'avère de plus en plus compliqué pour les municipalités, tant urbaines que rurales. C'est parce qu'une grande partie de leur budget provient des revenus de l'industrie énergétique, qui connaît ses propres difficultés.

Ces dernières années, les impôts impayés sont devenus chose commune pour les entreprises pétrolières et gazières en Alberta. L'an dernier, le gouvernement albertain leur a octroyé certains allègements en lien avec ces dettes.

Les voix de nombreux maires se sont élevées à ce sujet, vendredi, devant les représentants de la province.

Le ministre des Affaires municipales, Ric McIver, a admis que c'est un problème important, mais qu'il n'a pas de nouvelle solution à présenter. À son avis, bien que certains impôts impayés soient inexcusables, beaucoup d'entreprises sont véritablement en difficulté.

À long terme, Ric McIver encourage les villes à entretenir de bons rapports avec l'industrie pétrolière en dépit de leurs frustrations.

Vous devriez continuer de vous apprécier mutuellement, parce que vos villes pourront bénéficier de cette industrie pendant 50 ou 100 ans.

Une citation de :Ric McIver, ministre des Affaires municipales

L'idée de bien s'entendre ne constitue malheureusement pas une solution, a répondu Barry Morishita à la fin de la conférence.

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