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Une Soupe aux allumettes mijotée par Patrice Michaud et Guillaume Perreault

Montage des photos de Patrice Michaud, de Guillaume Perreault et de la couverture du livre « La soupe aux allumettes ».

Le livre pour enfants « La soupe aux allumettes » réunit Patrice Michaud à l'écriture et Guillaume Perreault aux illustrations.

Photo : Fonfon / Photo de Patrice Michaud : Andreanne Gauthier

Patrice Michaud a spécifiquement choisi le Gatinois Guillaume Perreault pour donner vie à son premier texte destiné aux jeunes lecteurs. L'humour coloré de La soupe aux allumettes, qui paraîtra le 21 avril, témoigne d'ailleurs de la complémentarité de leurs univers et talents, à leur avis.

Écrire un livre pour enfants est une idée qui trottait depuis un moment dans la tête de l’auteur-compositeur-interprète Patrice Michaud. Le musicien a un fort penchant pour le conte et un amour avoué pour les bandes dessinées.

Ce dernier a tranquillement façonné l’histoire de Lolo (le diminutif du prénom de son fils, Loïc), un petit garçon qui aide un gros dragon déprimé à retrouver la flamme qu’il n’arrive plus à cracher. Et pour accompagner avec humour les valeurs qu’il souhaitait mettre de l’avant, Patrice Michaud savait qu’il fallait confier à Guillaume Perreault la tâche de créer l’univers graphique de cette histoire.

C’est que, dans la bibliothèque familiale des Michaud, on retrouve la presque totalité de l'œuvre de l’illustrateur, incluant Le Facteur de l’espace, Pet et Répète, Mammouth Rock et la série Simon, que le Gatinois a réalisée avec l’auteur jeunesse Simon Boulerice.

J’aime son utilisation de la ligne. Il y a quelque chose de très franc dans le dessin de Guillaume [Perreault]; l’utilisation des couleurs, les aplats, une palette toujours surprenante, énumère l’auteur. Je voulais travailler avec ce gars-là.

Une page du livre « La soupe aux allumettes » de Patrice Michaud et Guillaume Perreault.

«La soupe aux allumettes» met en vedette un petit garçon qui vient en aide à un gros dragon déprimé.

Photo : Radio-Canada

Patrice Michaud, à peine initié à l’univers du livre pour enfants, avait une petite idée de la façon dont il voulait illustrer l’empathie, la curiosité et la rencontre de l’autre qu’il proposait dans son texte. Mais il était loin de se douter à quel point ses mots seraient portés par les images.

L’un ne va pas sans l’autre

L'auteur confie d'ailleurs avoir profité de chaque étape pour en apprendre davantage sur l’importance de faire parler les illustrations. S’il mentionne avoir donné quelques pistes à Guillaume Perreault, il a surtout choisi de s’en remettre à l’expérience de celui-ci.

Il ne faut pas penser qu’un illustrateur, c’est comme un fonctionnaire qui fait exactement la commande. On lit le texte, premièrement, puis après, on analyse ce qu’on en pense, comment on voit nos personnages. Puis après ça, c’est une discussion avec la maison d’édition, avec l’auteur, détaille Guillaume Perreault.

L’artiste explique que la création des images d’un livre implique notamment de penser à la complémentarité, en dessinant des éléments d’information supplémentaires, en allant au-delà de la ligne de texte pour suggérer une idée ou carrément en créant des images à double sens.

Une page du livre « La soupe aux allumettes » de Patrice Michaud et Guillaume Perreault.

Pour Guillaume Perreault, le plus grand défi de «La soupe aux allumettes» a été de créer le fameux dragon de l'histoire.

Photo : Radio-Canada

Je ne suis pas là en train de juste illustrer l’histoire : je participe au processus de création et c’est ça qui est super intéressant.

Une citation de :Guillaume Perreault, illustrateur

À de multiples reprises, on a coupé du texte pour le donner "à voir" et ça a gagné en efficacité, ça a gagné en style, s’étonne encore Patrice Michaud.

Dérouté : c’est le mot qu’utilise ce dernier pour décrire sa réaction lorsqu’il a vu les premières esquisses de son histoire sous la mine de Guillaume Perreault. J’ai fait : "Wow! Le livre a de la gueule, les couleurs sont super le fun et elles ne sont pas attendues", se réjouit-il.

S’amuser avec l’image

Pour Guillaume Perreault, le plus grand défi de La soupe aux allumettes a été de créer le dragon. Devait-il lui donner une image classique avec un long cou et de grandes ailes ou aller complètement ailleurs pour sortir du stéréotype? L’illustrateur indique que c’est là toute l’importance de la réflexion qui s’impose avant le dessin.

On a un dragon qui ne parle pas, qui est au bout du rouleau, qui est déprimé, rappelle-t-il.

L’illustrateur a choisi de refléter l’analogie entre le dragon et la dépression dans les pages en octroyant souvent la moitié, voire les trois quarts de l’espace disponible à la créature fantastique. Je me suis dit : "C’est lourd. Il faut quelque chose qui prend de la place, qui doit être gros", ajoute-t-il.

Guillaume Perreault révèle que l’humour est aussi omniprésent dans ses dessins. Il fait de multiples clins d'œil aux parents, par exemple en intégrant des costumes du groupe de rock Kiss dans une scène de concert, ou encore en s’amusant à cacher des personnages dans les décors, comme lorsque son facteur de l’espace s’invite inopinément dans l’histoire.

Je suis un adulte qui dessine pour les enfants et j’ai envie de créer quelque chose d’intéressant. [...] J’ai envie que les parents aient autant de fun, affirme-t-il.

Une page du livre « La soupe aux allumettes » de Patrice Michaud et Guillaume Perreault.

Patrice Michaud avoue avoir un faible pour le personnage de la petite soeur de Lolo et ne ferme pas la porte à un deuxième livre la mettant potentiellement en vedette.

Photo : Radio-Canada

Pour Patrice Michaud, ce style colle tout à fait au format qu’il souhaitait donner à son premier album pour enfants.

J’aime bien qu’on joue avec les codes et qu’on ne soit pas dans ce qui est attendu dans une relation entre deux personnes.

Une citation de :Patrice Michaud, auteur

C’est d’ailleurs pourquoi il a imaginé un petit garçon qui vient en aide à un gros dragon, une petite sœur qui remet du gaz dans la machine quand son grand frère est à cours de solutions pour remonter le moral du monstre de feu. L’auteur s’amuse d’ailleurs à dire qu’il a un gros crush sur la petite sœur de La soupe aux allumettes et qu’il n’en [a] peut-être pas fini avec elle.

Je ne mets pas l’étiquette "impossible" sur quoi que ce soit, évoque Patrice Michaud, laissant planer le projet d’un deuxième livre jeunesse.

Avec les informations de Marilou Lamontagne

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