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Aucun visiteur en Abitibi-Témiscamingue : un décret qui pourrait faire mal aux pourvoyeurs

Une personne en train de pêcher.

Les pourvoyeurs pourraient être affectés par le décret ministériel. (archives)

Photo : IStock/Austeja

Tanya Neveu

Les pourvoyeurs de l’Abitibi-Témiscamingue espèrent que le décret qui empêche les gens de l’extérieur de se rendre dans la région sera de courte durée.

À compter du 21 mai, ils souhaitent pouvoir accueillir des visiteurs de partout au Québec, qui sont normalement nombreux pour l’ouverture de la pêche.

Tourisme Abitibi-Témiscamingue dit ressentir la détresse de certains pourvoyeurs. L’organisme compte d’ailleurs interpeller le gouvernement du Québec.

C’est sûr que, s’il n’y a pas de changement par le gouvernement à partir du 21 mai, ça va nous faire mal. On a déjà perdu toute notre clientèle non résidente américaine. Si on perd notre clientèle hors région, c’est encore un bon coup qu’on va manger, avoue Réjean Béchard, propriétaire de la Pourvoirie Fern, à Duparquet.

Il s’estime tout de même chanceux de pouvoir compter sur le tourisme régional depuis le début de la pandémie.

Si je me fie à la période hivernale, le tourisme régional a quand même compensé. Ça ne compense pas à 100 %, mais ça donne un petit coup de main, se réjouit-il malgré la situation.

Le nouveau propriétaire de la Pourvoirie des Îles, Sébastien Marleau, ne ressent pas encore les répercussions de cette décision gouvernementale. Il espère toujours que la saison estivale sera bonne cette année.

Si c’est une mesure qui est prolongée pour l’été, par contre, tout le reste va venir avec. Ça va entraîner une diminution de l’achalandage partout et ça va être un coup dur pour l’industrie touristique. Ça pourrait nous faire perdre des réservations, dit-il.

Il demeure cependant optimiste et dit comprendre les décisions prises par la santé publique.

Fermer pour une deuxième année?

Diane Kosh est propriétaire de deux pourvoiries à Senneterre, et 80 % de sa clientèle est américaine. L’an passé, elle a décidé de fermer ses portes.

Cet été, elle mise sur la clientèle locale et les visiteurs du Québec et de l’Ontario. Depuis l’arrêté ministériel de mercredi soir, c’est l’incertitude.

C’est terrible, ça nous affecte beaucoup. Ce serait dommage que ça nous fasse fermer pour toujours, déplore-t-elle.

La pourvoirie Taggart Bay à Laniel, au Témiscamingue.

La pourvoirie Taggart Bay à Laniel, au Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

La propriétaire craint aussi pour l’avenir de ses employés. Certains travaillent avec nous depuis plus de 40 ans. Si on n’a pas cette clientèle-là, on ferme. On ne peut pas fonctionner avec toutes les dépenses d’une ouverture. Juste des hydravions, ça coûte très cher. C’est un obstacle. Qu’est-ce qu’on fait? Une chance que nous avons la Fédération qui nous soutient moralement et qui travaille politiquement de ce côté-là, affirme Diane Kosh.

Vitalité du milieu

Tourisme Abitibi-Témiscamingue salue la décision de la santé publique et du gouvernement de fermer les frontières de la région pour assurer la santé de la population.

L’organisme se préoccupe toutefois de l’avenir de ses membres. On s’inquiète des drames humains, parce que plusieurs de nos entrepreneurs touristiques ont mis des garanties pour développer leur entreprise. On sent qu’il y a un découragement et qu’on n’arrive pas à remonter le moral des troupes. Par contre, tout le monde est très conscient qu’on doit se protéger avant tout. Si ça perdure, par contre, ce sera dangereux pour la vitalité de notre milieu.

Tourisme Abitibi-Témiscamingue dit vouloir discuter rapidement avec le gouvernement pour voir comment il peut venir en aide aux acteurs de l’industrie.

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