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Réinventer sa vision de l'activité physique en raison de la pandémie

Trois femmes courent dans un sentier en forêt.

Une recrudescence de l'activité physique lors de la pandémie a été noté par une étude du journal Frontiers in psychology.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Radio-Canada

Depuis un peu plus d'un an, la pandémie a chamboulé nos vies, mais aussi le monde du sport et de l'activité physique. Pour plusieurs, il aura fallu réinventer la manière dont on voit et pratique l'activité physique.

Paul Demers a toujours mené un mode de vie actif. Depuis de début de la pandémie de COVID-19, il s’est toutefois surpassé. En plein confinement, le temps n’a pas manqué pour faire de l’activité physique. Il a alors décidé de tenter de battre un record personnel de 60 jours d’activité physique consécutifs.

Paul Demers a fait 365 jours consécutifs d'activité physique pendant la pandémie.

Paul Demers a fait 365 jours consécutifs d'activité physique pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

Rendu à 60 jours, bien la pandémie continuait, alors là, je me suis dit : je vais me rendre jusqu'à cent jours. Je ne pensais jamais me rendre jusqu'à 365 jours. Mais de fil en aiguille, je me suis rendu jusqu'au 10 mars 2021.

En un an, il a fait 5300 km de vélo, 785 km de jogging et 1050 km de marche. En plus de nombreuses randonnées en raquette ou en ski de fond, il a aussi passé les journées à faire du yoga ou de la musculation lorsque le temps n'était pas propice aux activités extérieures. Il a fait pas moins de 429 activités ou sorties différentes en un an.

Daniel Charest en gros plan devant le mont Sugarloaf

Daniel Charest a monté le mont Sugarloaf 270 fois cette année pour atteindre son Défi Everest.

Photo : Facebook: Daniel Charest

Daniel Charest réside à Campbellton. Il a la chance d’avoir le mont Sugarloaf dans sa cour. Des amis lui ont proposé de se joindre à eux pour le Défi Everest qui consiste à gravir un mont Everest par mois pendant huit mois. On a regardé ça et un mont Everest, c’était l’équivalent de monter 34 fois Sugarloaf.

Je me disais : "Ça n’a pas de bon sens c'est extrême".

Une citation de :Daniel Charest

Il aura finalement monté la montagne 270 fois pour réaliser son défi.

Recrudescence de l’activité physique

Sans dire que tout le monde s’est lancé des défis aussi imposants que Daniel Charest ou Paul Demers, le professeur de kinésiologie de l’Université de Moncton, Grant Handrigan a vu, lors de la pandémie, une recrudescence de la pratique de l’activité physique.

Une étude de Frontiers in psychology, datant de septembre 2020, analyse les réponses de 16 000 personnes au sujet de leur pratique de l’activité physique. Un résultat inattendu de cette étude indique qu’un léger changement a été observé chez les personnes qui ne faisaient peu ou pas d’activité physique avant la pandémie.

Selon l’étude, ces personnes auraient ajouté ou augmenté la présence de sports dans leur vie quotidienne depuis la pandémie.

Selon lui, un des facteurs qui peut expliquer ce phénomène est lié à certaines barrières qui sont tombées. Surtout l’hiver par exemple, une des barrières qui peut freiner l’activité physique, c’est le transport. Avec la pandémie, de très nombreux cours de conditionnement physique ont commencé à être disponibles en ligne. Si vous avez accès à Internet et à un appareil, beau temps mauvais temps, ça ne change pas. Vous n’avez pas à prendre votre voiture, l’autobus ou le taxi pour vous rendre à votre destination, résume-t-il.

Grant Handrigan, professeur de kinésiologie à l'Université de MonctonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Grant Handrigan, professeur de kinésiologie à l'Université de Moncton

Photo : Courtoisie Grant Handrigan

Toutefois, il mentionne au passage que tous n’ont pas profité de la pandémie pour se mettre au sport. M. Handrigan explique que pour plusieurs l’activité physique ne faisait pas partie de leur vie à la base, mais que, grâce à de petites choses de la vie, ils arrivaient à demeurer un minimum actif. Que ce soit de marcher quelques minutes pour aller au travail par exemple, c’était important, mais avec le télétravail, ils ont perdu ce minimum-là, illustre-t-il.

Médias sociaux et motivation

Le nombre d’activités comme le Défi Everest se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Daniel Charest affirme qu’après un tel défi réalisé, il commence à y prendre goût. Les amis avec qui je fais du sport, ils voient apparaître ces défis-là et ils te lancent l’invitation : "Hey voilà un défi, et puis un autre!" On recherche ça beaucoup pour nous changer les idées et puis en même temps, c’est super bon pour la santé.

Grant Handrigan voit du positif dans ces interactions sur les réseaux sociaux tant pour les adeptes que pour ceux en recherche de motivation. Peut-être qu'ils ont eu une sorte de réflexion en se disant que s’ils peuvent partager leurs activités pour une source de motivation pour eux-mêmes, mais aussi pour agir comme modèle pour d'autres, lance-t-il.

Paul Demers a fait plus de 5000 km de vélo durant la pandémie.

Paul Demers a fait plus de 5000 km de vélo durant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

Paul Demers, de son côté, continue sur son élan. Après avoir brisé le cap des 365 jours d’activité physique, il a maintenant dépassé les 400 jours. Mais il se veut encourageant : Pas besoin de faire 365 jours de sports pour rester actif. Je veux surtout agir comme source d’inspiration.

Le plus gros à faire c'est de mettre tes espadrilles ou tes souliers de vélos et d'embarquer sur le vélo. Après ça y va tout seul. Plusieurs jours, je me disais que je ferais seulement cinq kilomètres, mais je finis toujours par en faire 12 ou 15 parce qu’en faisant du sport, je retrouve cette énergie que je ne croyais pas avoir.

Une citation de :Paul Demers

Trouver le positif

Grant Handrigan, Paul Demers et Daniel Charest s’entendent pour dire que cette année n’aura été facile pour personne. Toutefois, de voir autant de personnes se mettre au sport, que ce soit par passion ou simplement pour se changer les idées, est certainement le côté positif de cette année misérable.

Si on peut essayer de comprendre ce qui est arrivé pour inciter des individus à vouloir participer à des activités physiques, ça pourrait être utile pour essayer de continuer à motiver les gens dans le futur.

Une citation de :Grant Handrigan, professeur de kinésiologie, Université de Moncton

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