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Un entraîneur de volleyball congédié en raison d’insultes raciales

Whitney Ashu est photographiée dans un gymnase alors qu'elle s'apprête à faire un service au volleyball.

Whitney Ashu, 14 ans, a dénoncé les propos de l'entraîneur de son équipe de volleyball, qui a été congédié.

Photo :  Gracieuseté Pauline Takor

Radio-Canada

Selon une joueuse de volleyball de Winnipeg, Whitney Ashu, son entraîneur, Ben Solmundson, a dit qu’il devrait avoir le droit d’utiliser des insultes raciales pour exprimer son opinion à propos de la mort de George Floyd aux États-Unis.

Whitney Ashu, originaire du Cameroun, affirme que l’incident est survenu la semaine dernière, pendant une séance d’entraînement de l’équipe U15 du club de volleyball Vision Elite. L’équipe est composée d'adolescentes de 14 et 15 ans.

L’incident s’est produit alors que le procès de Derek Chauvin, accusé d'avoir tué George Floyd l'an dernier à Minneapolis, se déroule aux États-Unis.

La joueuse affirme que tout a commencé lorsque l’entraîneur a demandé aux membres de l'équipe si elles avaient lu quelque chose d’intéressant dernièrement. L’une d’entre elles a déclaré qu’elle lisait The Hate You Give, un livre portant sur une adolescente noire qui assiste à la mort de son meilleur ami, abattu par la police.

Selon Whitney Ashu, Ben Solmundson a alors abordé la mort de George Floyd, en disant que ce dernier avait eu des problèmes de consommation et qu’il avait déjà été arrêté auparavant.

L’entraîneur aurait invoqué son droit à la liberté d’expression pour pouvoir dire ce qu’il veut, notamment le mot en n.

Alors ça m’a enragée, et je lui ai répondu qu’on ne peut employer le mot en n parce que ce mot est incroyablement douloureux, et qu’il renvoie à des années d’histoire, dit-elle.

Elle raconte que l’entraîneur lui a rétorqué que le mot importait peu, puis a poursuivi en employant une insulte raciale similaire.

CBC a parlé avec d’autres joueuses qui étaient à l’entraînement et qui ont confirmé l’histoire.

Whitney Ashu dit qu'elle a été choquée d’entendre un adulte en qui sa famille et elle avaient confiance parler de cette façon. Elle affirme qu’elle adore le volleyball et que son entraîneur occupe une grande place dans sa vie, puisqu’elle a des séances d’entraînement trois fois par semaine.

Il essayait de me montrer ce que c’est d’être noir, alors qu’il n’a aucune idée de ce que c’est, ajoute-t-elle.

Elle dit qu’elle n’est pas la seule personne racisée dans l’équipe, et que plusieurs joueuses étaient bouleversées. Certaines ont quitté le gymnase, d’autres étaient en larmes, raconte-t-elle.

La mère de Whitney Ashu, Pauline Takor, affirme qu’elle a interpellé Ben Solmundson après la séance d’entraînement. Il se serait excusé d’avoir abordé la question, en admettant avoir employé une insulte raciale.

Ben Solmundson n’a pas répondu aux demandes de commentaires de CBC.

L’entraîneur congédié

La directrice de programme de Volleyball Winnipeg, Alison McDougall, a indiqué que Ben Solmundson avait été relevé de ses fonctions après l’incident, et ce, pour tous les programmes de l’organisation. Un nouvel entraîneur prendra la relève pour le reste de la saison.

Volleyball Winnipeg ne tolère pas l’usage d’un langage dénigrant, a déclaré Alison McDougall.

Néanmoins, des parents sont toujours insatisfaits de la manière dont la situation a été gérée.

Kim Stevenson, parent bénévole dans l’équipe, dit qu’elle a envoyé un courriel à l’entraîneur en chef, Luc Tremblay, le lendemain de l’incident.

Même s’il lui a répondu que Ben Solmundson ne serait plus l’entraîneur de l’équipe U15, Mme Stevenson dit que, pendant une semaine, on ne savait pas si M. Solmundson pourrait être actif dans d’autres programmes de Volleyball Winnipeg.

M. Tremblay a ensuite envoyé une lettre assurant que M. Solmundson était relevé de ses fonctions pour toutes les équipes du club, mais il a aussi suggéré qu’il pourrait réintégrer ses fonctions à l’avenir s’il le souhaitait.

S’il cherchait un jour à se racheter, il faudrait qu’il puisse le faire, écrit M. Tremblay.

Kim Stevenson dit qu’elle a l’impression que Luc Tremblay fait porter le blâme aux parents.

Luc Tremblay n’a pas voulu faire de commentaires.

Le directeur général de Volleyball Manitoba, John Blacher, affirme que l’incident a été porté à son attention ainsi qu’à celle du responsable pour un environnement sportif sécuritaire de Volleyball Canada. Il assure qu’une révision de la procédure est en cours dans le cadre de la politique en matière de plaintes et de mesures disciplinaires.

Avec des informations de Sarah Petz, CBC

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