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Le Canada « prêt à s'associer » à la Zone de libre-échange continentale africaine

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est entrée en vigueur le 1er janvier 2021

Les dirigeants des pays signataires de l'entente pour établir une zone de libre-échange en Afrique posaient à la suite du sommet de l'Union africaine à Kigali au Rwanda.

Les dirigeants des pays signataires de l'entente pour établir une zone de libre-échange en Afrique posaient à Afrique posaient à la suite du sommet de l'Union africaine à Kigali au Rwanda.

Photo : Getty Images / STR

Affaires Mondiales Canada et l'attachée de presse de la ministre de la Promotion des exportations et du Commerce international indiquent que « le Canada reste prêt à s'associer à l'Union africaine et à ses États membres dans le contexte de la ZLECAf ».

L’attachée de presse de la ministre Mary Ng et Affaires Mondiales Canada se sont exprimées en réponse à Radio-Canada à savoir si un accord de libre-échange est envisageable entre les deux marchés.

Cette vaste zone, qui devrait compter jusqu’à 54 États, est un marché pour 1,2 milliard de consommateurs potentiels. Les États membres de la ZLECAf se sont engagés à réduire de 90 % les droits de douane. 36 parmi ces États ont déjà ratifié l’accord créant la ZLECAf.

On parle d’un PIB consolidé de 2500 milliards de dollars, donc on a un bassin potentiel de marché extrêmement important.

Une citation de :Carole Robert, présidente de l’ONG canadienne Biotechnologie pour le développement durable en Afrique (BDA)

Selon le site internet de la Banque africaine de développement, la ZLECAf représente un PIB combiné de 3000 milliards de dollars.

D'après Mbarga Yene Zacharie Roger, chercheur en intégration régionale et spécialiste de la ZLECAf, potentiellement, la ZLECAf est la plus vaste zone de libre échange intégrée du monde [et] le deuxième plus grand marché dans le monde [après le Partenariat régional économique global].

Mbarga Yene Zacharie Roger se tient devant un rideau blanc.

Mbarga Yene Zacharie Roger est analyste des questions internationales et chercheur en intégration régionale.

Photo : Fournie par Mbarga Yene Zacharie Roger

Selon Carole Robert, bien que la zone d’impact de la ZLECAf soit sur le continent africain, elle pourrait profiter aussi aux entreprises canadiennes déjà présentes en Afrique. C’est un multimarché par rapport au marché du Canada. Le développement de l'Afrique, c’est quelque chose à prendre très très sérieusement , déclare Carole Robert.

Carole Robert

Carole Robert, présidente de l'ONG Biotechnologie pour le développement durable en Afrique

Photo : Fournie par Carole Robert.

Malgré la pandémie, la ministre Ng continue de favoriser l'accroissement du commerce et des investissements en Afrique, mentionne l’attachée de presse de la ministre. Elle ajoute que la ministre participe activement à des événements virtuels pour promouvoir les possibilités de partenariat avec le Canada et les entreprises canadiennes sur le continent [africain].

Pour aider les entreprises canadiennes à tirer parti des possibilités commerciales, Affaires mondiales Canada a renforcé le service des délégués commerciaux en Afrique

Une citation de :Youmy Han, attachée de presse de la ministre de la Promotion des exportations et du Commerce international

L’Afrique, loin des priorités des entreprises canadiennes, selon des experts

Des ouvriers agricoles assis par terre autour d'un amas de fèves de cacao.

Une plantation de cacao près de Guiglo, à l'ouest de la Côte d'Ivoire.

Photo : afp via getty images / Issouf Sanogo

Selon Gwenaële Montagner, directrice senior au World Trade Center Toronto, l'Afrique est encore en bas des priorités des entreprises canadiennes, car elle est souvent perçue comme un ensemble de pays [où il est] difficile de faire des affaires. Gwenaële Montagner pense que cet argument n’est pas justifié comparativement à d’autres zones où opèrent certaines entreprises canadiennes. C’est souvent des idées préconçues, car moi-même, ayant vécu en Afrique pendant longtemps, je ne trouve pas plus difficile que d’aller faire des affaires, par exemple, en Amérique latine, déclare la directrice senior au World Trade Center Toronto. Elle pense que c’est la faible culture d'affaires avec l’Afrique et le manque de sensibilisation des entreprises canadiennes avec ce continent qui explique ce manque d’intérêt.

Le Canada fait plus d'échanges commerciaux par exemple avec le Mexique qu'avec tout le continent africain. Les échanges commerciaux entre l’Afrique et le Canada ne représentent que 0,6 % des relations commerciales internationales du Canada.

Gwenaële Montagner

Gwenaële Montagner, directrice au World Trade Center Toronto

Photo : Fournie par Gwenaële Montagner,

Mme Montagner indique toutefois que les entreprises québécoises sont beaucoup plus familières avec l’Afrique que les entreprises du reste du Canada. Elle encourage les entreprises canadiennes à profiter du contexte actuel de la pandémie pour explorer d’autres horizons.

C’est tellement mieux de faire des affaires avec un marché de plus d’un milliard d'habitants. Il faut déjà voir comment prendre l'entier avantage de la ZLECAf. C’est le moment de se construire pour aller à l’international et l’Afrique est un continent fabuleux avec une des croissances les plus rapides.

Le drapeau canadien flotte sur la colline du Parlement.

Le Canada a signé des accords de libre-échange commerciaux avec plusieurs pays dont l'Union européenne, deuxième partenaire commercial en importance du Canada.

Photo : Reuters / Blair Gable

Les partis d’opposition soutiendraient-ils un accord Canada-ZLECAf?

Au nom du Parti conservateur, la députée Tracy Gray, porte-parole de l'opposition officielle de la promotion des exportations et du commerce international déclare que les Conservateurs du Canada appuieront toujours de bons accords commerciaux qui créeront de nouveaux marchés d'exportation fiables pour les travailleurs et les entreprises canadiens et créeront des emplois ici au Canada.

Toutefois, la députée précise que son parti prendra le temps d'examiner en profondeur toute proposition et d'entendre les différents acteurs, dont les syndicats, les travailleurs, les entreprises canadiennes et les organisations de l’industrie.

Pour leur part, les Néo-démocrates indiquent soutenir un commerce équitable qui protège les travailleuses et travailleurs canadiens. Daniel Blaikie, porte-parole NPD pour la promotion des exportations et commerce international, insiste sur la prise en compte des droits humains dans la signature des accords de libre-échange. En outre, le NPD estime que le gouvernement devrait se concentrer d’abord sur le plan de vaccination et la reprise économique.

Il convient de noter que le gouvernement canadien n’a pas soutenu avoir inscrit dans son agenda la signature d’une entente avec la ZLECAf.

Encore des défis à relever

Une femme portant une robe fleurie et une casquette se tient près de nombreux sacs. Ces derniers semblent contenir des légumes.

L'évacuation des produits agricoles est parmi les difficultés que rencontrent des entrepreneurs dans certaines parties d'Afrique.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Mbarga Yene Zacharie Roger estime que certaines questions subsistent sur la gestion dans certains des pays africains et que ces questions représentent un frein à l’ouverture économique de l’Afrique aux entreprises occidentales. Il fait référence à la gouvernance politique, sociale et économique. Parmi les défis à relever par la ZLECAf, il cite notamment le manque d'infrastructures routières entre certains pays ainsi que des tracasseries douanières et policières.

D'après Mulualem Syoum, PDG et président du conseil d’administration du Groupe AeTrad, l’accord de libre-échange africain est un outil efficace pour restaurer la confiance envers l’Afrique. La ZLECAf offre une opportunité de promouvoir la bonne gouvernance à la fois au niveau mondial et à travers l'Afrique, à travers le concept d'intégrité commerciale, de transparence et de prix corrects. Une telle amélioration profite au système commercial mondial, soutient-il.

Mulualem Syoum

Mulualem Syoum, PDG et président du conseil d’administration du Groupe AeTrad.

Photo : Fournie par Mulualem Syoum

M. Mbarga Yene évoque un ensemble des dispositifs qui seront mis en œuvre par la ZLECAf pour réduire de manière significative les défis liés au climat des affaires en Afrique. Il ajoute que les États africains ne pourront profiter entièrement de la ZLECAf que s’ils améliorent leur climat des affaires, réduisent les barrières tarifaires et non tarifaires.

Il soutient d'ailleurs que le cadre juridique mis en place dans l’espace ZLECAf rassure les opérateurs économiques sur la protection de leurs investissements. Au-delà de la réglementation, il faudrait que tout cela soit mis en œuvre et c’est là le défi, fait-il observer.

Mbarga Yene Zacharie Roger indique toutefois que, malgré que le climat des affaires limite certes la pleine rentabilité des affaires en Afrique, on remarque que des entreprises sont rentables, et les multinationales sur le continent font plus de bénéfices que les petites et moyennes entreprises locales.

Avec la ZLECAf, 30 millions d’habitants du continent africain pourraient sortir de l’extrême pauvreté, selon un rapport publié en 2020 par la Banque mondiale.

Toujours d'après le même rapport, 68 millions d’Africains vivant avec moins de 5,5 dollars par jour pourraient voir leur revenu augmenter.

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