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Saison printemps-été 2021 : quel(s) masque(s) porter face aux variants?

Des amoureux masqués s'enlaçant.

De nombreuses personnes font le choix de porter deux masques superposés pour tenter de réduire le risque de transmission de la COVID-19.

Photo : Reuters / Mario Anzuoni

Maud Cucchi

De plus en plus de personnes croisées dans les transports en commun semblent avoir délaissé le couvre-visage en tissu pour un masque chirurgical. D’autres privilégient carrément le double-masque alors que certains ne veulent surtout pas en entendre parler, même dans les métropoles. Que faire?

L’Agence de la santé publique du Canada, instance officielle qui donne la marche à suivre en matière de protection sanitaire, n’a pas modifié ses recommandations depuis février. Elle précise toujours que des masques non médicaux bien conçus, bien ajustés et bien portés peuvent vous aider à vous protéger et à protéger les autres de la COVID-19.

Alors que les variants dits préoccupants, car plus virulents et contagieux, ont fini par dominer dans la propagation virale, comment s’y retrouver derrière son masque?

Les recommandations pourraient privilégier les masques de procédure (masques chirurgicaux) qui possèdent une meilleure efficacité de filtration, défend Ali Bahloul, chercheur en prévention des risques chimiques, biologiques, mécaniques et physiques.

Les masques de procédure sont encadrés par la norme plus sévère ASTM F2100, explique le chercheur. Leur efficacité de filtration est plus grande que les masques couvre-visages et ils sont donc à privilégier.

Pour l’heure, la directive officielle autour de l’utilisation des masques médicaux au sein de la population concerne surtout les employés privés de télétravail. Dans certains milieux de travail non liés aux soins de santé, les masques médicaux peuvent être plus appropriés que les masques non médicaux, suggère prudemment l’Agence de la santé publique.

Pour la Dre Parisa A. Ariya, professeure de chimie à l'Université McGill, la logique, derrière la recommandation de porter des masques chirurgicaux, c’est de s’assurer que toutes les personnes ont une protection minimale.

Une couche c’est bien, mais deux c’est mieux

L’accessoire médical aux effluves pétrochimiques n’est pas indispensable pour se protéger contre la COVID-19, dit la Dre Parisa A. Ariya. Plusieurs études ont démontré que le port d'un masque multicouche fait maison en matériaux respirants peut offrir une bonne protection.

Le plus important, rappelle la professeure de McGill, c’est de faire preuve de prudence et de porter un masque lorsque des personnes de foyers différents se côtoient, a fortiori en extérieur où il est plus tentant de baisser la garde.

Une douzaine de jeunes assis, serrés les uns contre les autres, à une table de pique-nique à Toronto.

La semaine de relâche tire à sa fin en Ontario. L'ordre de rester chez soi n'a pas dissuadé ce groupe de se réunir sur les rives du lac Ontario, à Toronto, le 15 avril 2021.

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Premièrement, parce que de nombreux chercheurs ont montré que la transmission d'aérosols dans l'air est possible bien au-delà de deux mètres (jusqu'à plusieurs mètres - une étude a montré jusqu'à neuf mètres!), nous écrit-elle.

Deuxièmement, la plupart des gens ne savent pas exactement ce que représente une distance de 2 m les uns des autres; ils ont tendance à être beaucoup plus proches que 2 m, et donc plus sujets à la transmission.

Dans la mesure où nous ne savons vraiment pas grand-chose des mécanismes de transmission spécifiques aux variants, reconnaît la Dre Ariya, la prudence reste de mise.

Selon elle, comme le Canada n'est pas largement vacciné, les métropoles comme Toronto, Vancouver ou Montréal devraient inciter leurs habitants à porter le masque en extérieur.

Une question de fuites

Autrefois raillé, Joe Biden l’a fait avant tout le monde. Aujourd’hui, force est de constater que le port du double-masque a fait des émules. La pratique est même officiellement recommandée aux États-Unis.

Joe Biden et sa petite fille masqués.

Dès l'automne 2020, alors en campagne présidentielle, Joe Biden s'affichait avec un double masque.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Le port de deux masques superposés — ou d'un masque chirurgical très ajusté — confère une protection renforcée contre la diffusion dans l'air du coronavirus, selon une étude des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) publiée en février.

Les masques généralement utilisés par la population ne sont pas complètement étanches, explique le chercheur Ali Bahloul. Des gouttelettes peuvent fuir des côtés. Or, l’ajout d’un masque pourrait aider à réduire les fuites.

Le hic, c’est que la superposition des tissus peut rendre la respiration inconfortable et entraîner une accumulation de l’humidité dans le masque, prévient-il. Avec la hausse des températures, le double-masque perdra-t-il en popularité?

La Dre Ariya revient au b.a.-ba pour expliquer l'efficacité du couvre-visage : Vous devez être à l'aise et être capable de respirer correctement.

Ajouter un deuxième masque augmente les risques de devoir l'ajuster, de toucher la surface qui potentiellement porte le virus.

En bref, mieux vaut porter un masque lorsque vous êtes à proximité d'autres personnes que de ne rien porter du tout, conclut-elle.

Avec les informations de Michel Bolduc

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