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Vaccins : la famille d'abord dans une résidence pour personnes âgées de Mont-Joli

Des vaccins contre la COVID-19 ont été accaparés par des proches de la gestionnaire de la Villa Marronniers, déplore le CISSS du Bas-Saint-Laurent.

Une main tient une fiole et une seringue.

Le vaccin contre la COVID-19 est disponible pour certains groupes prioritaires seulement.

Photo : Reuters / CARLOS OSORIO

En pleine campagne de vaccination contre la COVID-19 dans les résidences pour personnes âgées, deux membres de la famille de la gestionnaire et du propriétaire de la Villa Marronniers se sont fait vacciner alors qu'ils ne figuraient pas sur la liste des employés.

L'histoire se déroule le 24 février dernier. Les infirmières du CISSS se rendent à la Villa Marronniers pour vacciner les résidents ainsi que les employés. Chaque dose est comptée. À ce moment, seuls les résidents en résidence privée pour aînées (RPA) ou en centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ainsi que les travailleurs du réseau de la santé en contact avec les usagers peuvent être vaccinés. Les malades chroniques et les personnes de 80 ans et plus qui demeurent à la maison n'y ont toujours pas accès.

À la fin de cette journée, il reste deux doses du vaccin. C'est à ce moment, confirme le CISSS, que la gestionnaire de la Villa Marronniers, Francine Dionne, sœur du propriétaire Gaston Dionne, décide d'appeler deux membres de sa famille.

Ceux-ci se présentent à la Villa et s'identifient comme des employés de la résidence. Cette information nous a été confirmée par les autorités de la santé du Bas-Saint-Laurent. Les deux membres de la famille obtiennent alors les deux dernières doses du vaccin.

Pourtant, ces deux personnes n'apparaissaient pas sur la liste des employés fournie à l'avance par Francine Dionne nous a certifié le CISSS par écrit. Une source nous a aussi mentionné qu'elles ne figurent pas non plus sur la liste de paie de la Villa.

Une résidence de l'extérieur.

La Villa Marronniers, résidence privée pour personnes âgées de Mont-Joli.

Photo : Radio-Canada

L'arrivée impromptue de ces deux membres de la famille de la gestionnaire et du propriétaire a soulevé plusieurs questionnements parmi les témoins qui ont assisté à la scène.

C'est insultant, c'est un devoir social de respecter les règles pour sortir de cette pandémie-là, a réagi la présidente du syndicat qui représente les professionnels de la santé du Bas-Saint-Laurent.

Selon le protocole en vigueur à ce moment-là, ces doses résiduelles auraient dû être offertes le jour même à des travailleurs de la santé ou des personnes âgées de la Mitis qui n'avaient toujours pas reçu le vaccin.

C'est vraiment dommage, ça peut venir briser un lien de confiance entre les professionnels en soins et les RPA.

Une citation de :Cindie Soucy, présidente régionale, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec

Dans une déclaration écrite que nous reproduisons plus bas, le CISSS a tenu à déplorer cette situation qui ne se serait pas reproduite ailleurs dans la région.

La famille se défend en bloc

Jointe au téléphone, Francine Dionne a nié en bloc ces informations pourtant confirmées par le CISSS et par des sources qui étaient sur place.

Ils étaient sur la liste du CISSS, a répété Francine Dionne à plusieurs reprises lors d'un entretien téléphonique.

Pourtant, par écrit, le CISSS nous a garanti que leurs noms n'y apparaissaient pas. Je répondrai à un juge, pas à un journaliste, ce sont des témoins qui veulent causer des problèmes, a alors renchéri la gestionnaire qui a pris sa retraite quelques jours après l'événement.

Radio-Canada a réussi à parler à l'un des deux proches s'étant présentés comme un employé.

Après avoir juré qu'il apparaissait sur la liste des employés, l'individu en question s'est ravisé, mentionnant que son nom figurait plutôt sur la liste des bénévoles. Or, aucune liste de bénévoles n'a été remise au CISSS.

De toute manière, le CISSS nous a confirmé que contrairement aux aidants naturels de 70 ans et plus, les bénévoles n'ont pas accès au vaccin.

T'as pas d'affaire là-dedans, c'est une résidence privée, s'est-il alors défendu. Or, bien que la résidence soit en effet propriété exclusive de Gaston Dionne, les vaccins appartiennent bel et bien au gouvernement du Québec.

C'est de la petite politique, ça fait des années que tout le monde essaie de faire du trouble à la résidence, a conclu le vacciné sans vouloir élaborer davantage.

Nous avons aussi contacté Gaston Dionne. Ce dernier a mentionné qu'il était impossible que le CISSS nous ait confirmé ces informations et a coupé court à la conversation téléphonique.

Déclaration écrite du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent tient d'abord à vous préciser que lors de la première vague de vaccination contre la COVID-19 qui s'est déroulée il y a quelques semaines dans les résidences privées pour personnes âgées (RPA) de la région, la façon de faire était toujours la même. Ainsi, le propriétaire de chaque résidence devait fournir à l'avance au CISSS la liste de ses employés et une équipe de vaccination se rendait ensuite sur place pour administrer les vaccins.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent a toutefois été informé que le 24 février dernier, deux personnes ont été vaccinées à la Villa Marronniers de Mont-Joli alors qu'elles ne figuraient pas sur la liste des employés de cette RPA.

Selon ce qui nous a été rapporté par les infirmières présentes sur place, deux doses étaient restantes à la fin de la journée. La gestionnaire de cette RPA a alors contacté deux membres de sa famille. À la demande de nos infirmières et selon le protocole établi, ils se sont identifiés comme étant des employés de la Villa Marronniers. Ces deux personnes ont alors été vaccinées.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent déplore cet écart au processus de vaccination régulier.

Aucune conséquence

Même si les deux vaccinés se sont identifiés comme des employés alors que ce n'est pas le cas, ils n'ont pas à craindre quoi que ce soit.

L'opération de vaccination repose sur la bonne foi des gens, rappelle le ministère de la Santé.

Une personne ne pourrait être poursuivie pour avoir fait une fausse déclaration dans l’objectif d’obtenir la vaccination, ajoute le ministère.

Pour sa part, le Regroupement québécois des résidences pour aînées ne nous a pas rappelés.

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