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18 avril 1971 : fin de l’émeute au pénitencier de Kingston

Vue partielle du pénitencier de Kingston dans les années 1960

Le 18 avril 1971 se termine au pénitencier de Kingston une des plus violentes émeutes qui ont eu lieu dans l'histoire carcérale canadienne.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 50 ans se terminait une importante émeute au pénitencier de Kingston en Ontario. L’événement est considéré comme l'une des plus violentes révoltes dans un établissement carcéral au pays.

Un établissement désuet

L’animateur Bernard Derome, dans la Revue de l’année 1971 au Canada du 31 décembre 1971, résume brièvement les événements entourant l'émeute de Kingston.

Revue de l’année 1971 au Canada, 31 décembre 1971

Le 14 avril 1971, les prisonniers se révoltent.

Le pénitencier de Kingston est le plus vieil établissement carcéral du Canada. Il existe depuis 1835.

Des tensions existent entre ses murs.

En 1954, une première émeute avait eu lieu dans cette prison. On a estimé à l’époque que les dégâts provoqués par les prisonniers s’élevaient à 2 millions de dollars.

En 1971, le pénitencier de Kingston est vétuste et souffre de surpopulation. Les relations entre les prisonniers et les gardiens sont tendues et le système des plaintes est inadéquat.

Les détenus se plaignent notamment du temps excessif passé dans les cellules et du confinement de prisonniers qui ne méritaient pas qu’on leur impose des mesures de sécurité maximales.

On critique également le retard apporté à la réforme des institutions pénitentiaires.

Le gouvernement fédéral, par l’entremise du Solliciteur général du Canada Jean-Pierre Goyer, promet dans un premier temps de prendre en considération les demandes des prisonniers.

Mais dans un deuxième temps, les autorités envoient des troupes spécialisées antiémeutes pour mater la révolte à Kingston.

Deux détenus sont tués, 13 des prisonniers mutins seront plus tard accusés de meurtre.

Une vue de l’intérieur

Que se passe-t-il vraiment quand un pénitencier explose dans un bain de sang?

Une citation de :Anne-Marie Dussault, 1986

Contrechamps, 14 novembre 1986 (extrait)

Le 14 novembre 1986, un extrait d'un reportage de Contrechamp de l’animatrice Anne-Marie Dussault nous propose un éclairage de l’intérieur saisissant sur ce qui s’est passé durant l’émeute de Kingston.

On entend notamment le témoignage de Roger Caron, qui vient d’écrire un livre intitulé Bingo qui nous donne une bonne idée de la dynamique de l’émeute.

Roger Caron nous fait observer le niveau de frustration des détenus et de la violence qu’a entraînée le soulèvement.

Il y a eu une émeute à l'intérieur de l'émeute. C'est l'heure d'assouvir des vengeances. Des détenus sont torturés par des prisonniers.

Deux prisonniers meurent et 12 sont blessés.

Le reportage d’Anne Marie Dussault utilise par ailleurs l’événement qui s’est déroulé à Kingston pour montrer certaines failles du système carcéral au Canada et l’inévitabilité que des révoltes éclatent dans ce dernier.

L’émeute qui se produit à Kingston provoque une onde de choc dans l'opinion publique et au sein des autorités gouvernementales.

En 1977, un rapport du juge Mark MacGuigan sur le système pénitentiaire au Canada propose certaines réformes, dont la création d’un mécanisme formel d’enquête sur les plaintes des prisonniers.

Le pénitencier de Kingston est définitivement fermé en 2013.

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