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Marmen à Matane : retour sur 15 ans d'histoire

L'usine de Marmen, à Matane.

Marmen Énergie s'est installée à Matane en 2005, alors que l'entreprise était basée à Trois-Rivières depuis 1972 (archives).

Photo : Radio-Canada

Pour la première fois depuis son inauguration en 2005, l'usine matanaise de Marmen Énergie fermera ses portes en juillet. Si la direction de Marmen indique pour l'instant qu'il s'agit d'une fermeture temporaire, aucune date de reprise n'est prévue.

Le maire de Matane, Jérôme Landry, garde espoir que de nouveaux projets éoliens permettront à l'usine de reprendre ses activités. Toutefois, au moment où Marmen Énergie construit une nouvelle usine dans l'État de New York, ces projets suffiront-ils pour sauver l'usine matanaise?

En 2005, c'est la création du concept de région désignée de l'éolien, qui correspond à la région administrative de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et de la MRC de La Matanie, qui oblige Marmen Énergie à construire une deuxième usine hors de la Mauricie, où elle a son siège social.

Ce concept est créé dans la foulée de l'appel d'offres historique de 1000 mégawatts lancé par Hydro-Québec en 2003.

Ils n'ont aucune vision, aucune vision! Ils sont incapables de voir en avant, déplore alors le fondateur de Marmen, Fernand Pellerin, sur nos ondes.

Fernand Pellerin lors d'une entrevue en 2005.

En 2005, le fondateur de Marmen Énergie, Fernand Pellerin, critiquait le fait de devoir construire une usine à Matane, plutôt qu'en Mauricie où l'entreprise était implantée depuis 1972 (archives).

Photo : Radio-Canada

Le président de l'entreprise, Patrick Pellerin, souligne quant à lui le fait que de devoir s'implanter loin de Trois-Rivières alourdit énormément la tâche. Le projet à Matane fonctionne parce qu'on a développé les connaissances ici sans demander l'aide de personne, déclare-t-il en 2005.

Une usine de 25 M$

Malgré tout, Marmen Énergie a le vent dans les voiles à cette époque. L'usine de Matane représente un investissement de 25 millions de dollars qui doit créer 160 emplois.

Marmen va être le plus grand fabricant de tours d'éolienne dans le monde! J'ai bien dit, dans le monde, lance Fernand Pellerin lors de l'annonce de la construction de l'usine.

Ce contrat assure du travail aux employés de Matane jusqu'en 2012, mais dès 2006, la direction de Marmen admet qu'à long terme, ce sont les exportations vers les États-Unis qui permettront à l'usine matanaise de survivre.

Patrick Pellerin prévoit donc déjà faire des designs de tours pour mettre ça par train, en vue de faciliter le transport des pièces. À partir du moment où tu mets ça par train, tout le monde est en compétition avec tout le monde, explique-t-il.

Un premier ralentissement en 2010

Cinq après son inauguration, l'usine de Matane réduit sa production à deux jours par semaine en raison des difficultés connues par certains projets éoliens, notamment aux Méchins et à Saint-Maxime-du-Mont-Louis.

Néanmoins, cette pause est de courte durée.

Marmen Énergie obtient un nouveau contrat grâce à un deuxième appel d'offres par Hydro-Québec lancé l'année précédente, en 2009, cette fois de 500 mégawatts.

Des employés préparent un convoi de tours d'éolienne qui sera transporté par train.

Dès 2006, la direction de Marmen prévoyait transporter ses tours d'éolienne par train. Une voie de raccordement au chemin de fer a été construite à Matane en 2018 (archives).

Photo : Radio-Canada

Le travail est donc assuré jusqu'en 2015. Et après? L'entreprise envisage de modifier la vocation de son usine matanaise, pour en faire une filière minière.

Avec l'annonce du Plan Nord en 2011 par le gouvernement libéral de l'époque, Marmen Énergie souhaite faire de Matane un point pivot pour développer le marché asiatique.

Or, le changement de gouvernement en 2012 remet en question l'avenir du Plan Nord et, en 2015, Hydro-Québec lance un troisième appel d'offres, dont Marmen obtient le plus gros contrat. L'usine de Matane continue donc de se consacrer à la fabrication de tours d'éolienne.

Mais en 2016, le gouvernement de Philippe Couillard met en veilleuse l'implantation de nouveaux projets éoliens au Québec. Rapidement, l'usine de Matane, qui exportait déjà une bonne partie de sa production, doit exporter 100 % de ce qu'elle produit vers l'Ontario et les États-Unis.

L'entreprise fait d'ailleurs construire en 2018 une voie de raccordement au chemin de fer, afin de transporter ses pièces par train plutôt que par camion ou par bateau.

Deux ans plus tard, la pandémie bouleverse le monde entier. En novembre 2020, 55 travailleurs de l'usine de Matane sont mis à pied. En juillet 2021, ce sont tous les employés qui sont sans emploi, pour une durée encore indéterminée.

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