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Envoyé spécial

Des Canadiens à l’avant-garde de la révolution indienne de la bière

Bangalore est considérée comme la Silicon Valley de l'Inde. Les milliers de jeunes professionnels du secteur technologique et expatriés à la recherche de brasseries artisanales ont fait de cette ville la capitale asiatique de la bière artisanale.

Des verres remplis de bière.

Une sélection de bières

Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin

BANGALORE, Inde - Des rires joyeux proviennent d'une des tables de l'immense terrasse sur deux étages de la microbrasserie Brahma. Le brasseur Martin Bernard dévoile fièrement à ses collègues canadien, allemand et indien sa toute nouvelle création : une bière au melon d'eau.

Le palais indien n'est pas très accommodant avec ce qui est très amer, donc, le sucré, ça passe. Le fruité, ça passe, explique-t-il. Je ne brasse pas de la bière juste pour moi, mais pour ce que je pense que la clientèle indienne aimerait.

Ce natif du Québec est en quelque sorte le parrain de la microbrasserie en Inde. Il est arrivé à Bangalore il y a huit ans alors qu'il n'y avait que huit microbrasseries.

C'est une fierté d'être là depuis le début, de voir aussi que, de plus en plus, les gens font la différence entre une bonne bière et une mauvaise bière, témoigne-t-il.

On compte aujourd'hui une soixantaine de microbrasseries dans cette ville de 12 millions d'habitants, malgré les ravages économiques causés par la pandémie. Les établissements ne peuvent vendre leurs produits que pour la consommation sur place. Ils n'ont pas l'autorisation d'embouteiller leurs bières ou d'offrir des produits à emporter. Une exception temporaire a été faite au début de la pandémie pour la vente à emporter, mais elle n'a duré que quelques mois.

Philippe Leblanc en Inde

Pendant six semaines, notre nouveau correspondant en Asie sillonne l'Inde pour nous raconter le deuxième pays le plus peuplé de la planète.

Retrouvez tous ses reportages dans notre dossier spécial.

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Soif de savoir et d’innovation

Dans le petit groupe joyeux attablé avec Martin Bernard pour goûter sa bière au melon, on trouve le maître-brasseur André P. Leblanc. Il travaille pour quelques établissements, dont Briggs Brewery. Il est originaire du Nouveau-Brunswick et y retourne aussi souvent qu'il le peut.

André P. Leblanc a longtemps été brasseur en Belgique avant d'arriver à Bangalore, il y a cinq ans. Il est le grand sage passionné du milieu de la bière artisanale indienne.

Moi, je suis dans l'éducation de la bière. Je suis maître-brasseur par passion, ça veut dire que j'aime bien transmettre mon savoir-faire aux autres. Et en Inde, ils sont avides de savoir. En ayant plus de 50 ans, on a de la difficulté à trouver du travail en Europe ou en Amérique. Ici, on valorise le savoir-faire et l'innovation est très importante.

Une citation de :André P. Leblanc

Il adore les occasions d'expérimentation dans ce nouveau marché aux possibilités infinies et entend en profiter longtemps.

Les gens me demandent combien de temps je serai ici. Je leur réponds que, depuis que je suis en Inde, je crois en la réincarnation. Donc, je serai ici au moins quatre vies, raconte-t-il.

André P. Blanc

Financer son propre laboratoire de levure brassicole

Le brasseur Martin Bernard a financé et mis sur pied il y a cinq ans le seul laboratoire indien pour la culture de levure brassicole. Il est ainsi possible de faire de la levure liquide qui confère un meilleur goût à la bière que la levure sèche. Le laboratoire fournit de la levure à quelques microbrasseries de Bangalore.

Martin Bernard rêve de créer une souche indienne. Pour l'instant, des cultures de levure importées de Norvège, du Canada, des États-Unis et de la France sont utilisées et manipulées.

Tout ça a commencé parce que je voulais réussir à faire plus de sortes de bières, de variétés et avoir plus de différences dans mes saveurs, dit-il.

Il est devant des cuves de bière.

Martin Bernard

Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin

André P. Leblanc et Martin Bernard ont chacun 1000 projets en chantier, mais ils s'assurent de trouver du temps pour se rencontrer chaque semaine. Une bulle canadienne dans un pays complexe.

On parle la même langue, donc c'est un peu comme se retrouver en famille, quoi! On ressort des mots qu'on n'a pas utilisés depuis longtemps, dit Martin Bernard.

Dans un marché en plein essor, ces deux Canadiens, la tête remplie d'idées, pilotent la petite révolution de la bière indienne.

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