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Une porcherie de près de 4000 cochons s’installera à Maricourt

De nombreux jeunes porcs rassemblés.

Un projet de porcherie d'envergure est en voie de se concrétiser dans la municipalité de Maricourt, ce qui inquiète certains citoyens. (archives)

Photo : Fournie par Stacey Ash

Radio-Canada

Un projet de porcherie d'envergure est en voie de se concrétiser dans la municipalité de Maricourt, ce qui inquiète certains citoyens.

La porcherie permettra l’élevage de près de 4000 porcs destinés à l’engraissement. Cette éventualité inquiète René Robidoux, qui exploite un champ à une centaine de mètres du lieu visé.

Je trouve que ça fait beaucoup de cochons dans la région. On a déjà de grosses mégaporcheries de chaque côté. En rajouter encore, je trouve que ce serait peut-être un peu trop.

Une citation de :René Robidoux, propriétaire des Serres René Robidoux

Le soir, quand la rosée tombe, on dirait que l’odeur tombe avec. Ça vient nous chercher. [...] Quand ils brassent les fosses, quand ils étendent dans les champs, on est habitués à ça, mais à un moment donné, c’est peut-être un peu trop, ajoute-t-il.

Pas de refus possible

En plus des odeurs, des citoyens s'inquiètent des impacts potentiels du projet sur la qualité de l'eau et la diversité des projets agricoles.

Le maire de Maricourt Robert Ledoux se dit toutefois plutôt favorable au projet.

Ça ne m’inquiète pas du tout, soutient-il. Il indique qu’il sera à l’écoute des citoyens lors d’une consultation publique qui se déroulera le 28 avril, mais prévient les opposants qu’il ne sera pas possible de refuser le projet.

On a vu dans d’autres municipalités, il y en a qui se sont opposés. Le producteur a contesté, ça va en cour, ça coûte de l’argent. Finalement, ils ont perdu. [...] On ne pourrait pas vraiment s’opposer à ça. On peut mettre quelques restrictions, comme l'épandage surtout, et je pense que c’est ça qui inquiète les gens, souligne-t-il.

Selon le site web de la MRC du Val-Saint-François, le projet a reçu le certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement exigé par la Loi sur la qualité de l’environnement.

Pas d’évaluation du BAPE

La porcherie compte inclure 3996 bêtes, soit 4 de moins que la limite de 4000 qui aurait forcé le promoteur à passer par une évaluation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Ce genre d’évaluation est exigeant, et les citoyens peuvent y prendre davantage de place.

Le président des Éleveurs de porcs de l'Estrie Sébastien Pagé explique pourquoi les producteurs souhaitent éviter cette étape.

C’est trop coûteux [...] Les marges de profit sont déjà très minces en production porcine. De rajouter un processus coûteux comme un BAPE viendrait miner toutes les possibilités pour un producteur de faire des profits, avance-t-il. 

Il souhaite cependant rassurer les citoyens. Pour les éleveurs de porcs du Québec, qui sont pour la grande majorité des producteurs de fermes familiales, notre plus grande préoccupation, c’est la cohabitation avec nos voisins. On veut que ça se passe bien dans nos communautés, c’est important, on est membres de ces communautés-là.

Le promoteur du projet a décliné la demande d’entrevue de Radio-Canada, mais assure qu’il répondra aux questions des citoyens lors de la consultation publique du 28 avril. Cette dernière se tiendra en ligne sur la plateforme Zoom. Elle ne permettra pas aux citoyens de s’opposer au projet, mais portera plutôt sur les mesures d’atténuation des effets négatifs potentiels de la porcherie. Par exemple, l’utilisation d’écrans brise-odeurs y sera discutée.

Les citoyens qui souhaitent participer à la rencontre doivent obligatoirement s’inscrire avant le 23 avril en suivant les instructions sur le site web de la MRC du du Val-Saint-François (Nouvelle fenêtre).

L’an dernier, un projet similaire avait divisé des citoyens de la municipalité de Valcourt, aussi située dans la MRC du Val-Saint-François.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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