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La saison sans matchs des Élites de Jonquière

Des joueurs des Élites de Jonquière sur la glace en train de s'entraîner.

Les Élites de Jonquière ont passé leur saison à l'entraînement.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Roby St-Gelais

Une saison sans matchs. Si cette réalité pouvait sembler irréelle dans un passé pas si lointain, elle est pourtant devenue concrète pour l’ensemble des hockeyeurs midget AAA de la province, dont ceux des Élites de Jonquière. Les joueurs continuent toutefois de sauter sur la glace presque chaque jour dans l’espoir de disputer au moins une partie en 2020-2021.

Si jamais on avait la chance d’en disputer, ne serait-ce qu’une seule, on trouverait le moyen d’être prêt et on ne cracherait pas là-dessus, avoue sans détour l’entraîneur-chef des Élites, Arnaud Dubé, en entrevue avec Radio-Canada.

Cela pourrait être le cas au mois de juin pour certains joueurs de l’équipe alors que la Ligue de hockey midget AAA du Québec planche sur la création d’un événement regroupant les espoirs admissibles au prochain repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Malgré ce brouillard persistant, les hockeyeurs des Élites gardent le moral en dépit de la crise sanitaire qui les empêche de participer aux activités régulières depuis cinq mois. S’ils n’ont pas joué de matchs, ils n’ont jamais cessé de s'entraîner sur la glace du Foyer des Loisirs d’Arvida puisqu’ils sont membres du programme sport-études. Ils le feront encore pendant cinq semaines, soit jusqu’à la disparition de la glace pour l’été à l’aréna situé près du carré Davis.

Et même si la fenêtre pour tenir un calendrier de matchs, aussi réduit soit-il, se ferme de plus en plus au fil des jours, la résilience de ces jeunes âgés entre 15 et 17 ans continue d’impressionner leur entraîneur.

Ils ont été vraiment bons. L'ambiance a été bonne tout le long de l’année, la bonne humeur était là. Juste ça, c’était un gros plus. Ça aurait été facile de chialer jour après jour, de se rabattre sur le négatif par rapport aux nouvelles mesures qui arrivent (...) Toute est une question d’attitude et de perception. Ils l’ont pris du bon côté et on leur a fait réaliser qu’ils sont privilégiés et chanceux de pouvoir le faire (d’aller sur la glace), a raconté Dubé, qui en est à sa première campagne dans le rôle d’instructeur-chef de l’équipe.

Un homme en complet sourit devant un chandail de hockey accroché au mur.

Arnaud Dubé est l'entraîneur-chef des Élites de Jonquière.

Photo : Élites de Jonquière

Une éclosion marquante

En septembre dernier, une éclosion de coronavirus à l’intérieur du vestiaire est venue mettre de l’ombre sur les préparatifs entourant la saison qui n’aura jamais été lancée. Arnaud Dubé avoue que cet épisode a permis à l’ensemble de l’organisation de prendre davantage conscience des risques associés au virus et de sa rapidité de transmission, ainsi que ses impacts collatéraux alors que certains joueurs sont hébergés en famille d’accueil .

On était conscient que ça pouvait arriver. Maintenant, tant que tu ne le vis pas, ta perception change un peu. Tu es moins conscient que ça existe, les jeunes font peut-être un peu moins attention, même si les mesures étaient très strictes (...) Ç'a été une grosse prise de conscience de l’ampleur de tout ça quand ça rentre dans un groupe, que ce soit dans une classe ou dans une équipe de hockey (...) Si je ne fais pas plus attention et que je ne prends pas plus mes responsabilités, mes actions peuvent avoir des impacts sur vraiment beaucoup de monde. Les jeunes ont surtout réalisé ça, a soutenu l’entraîneur-chef, ajoutant que tout le monde a recouvré la santé depuis.

L’arrivée du beau temps coïncidant avec une recrudescence des cas de COVID-19 liés à la troisième vague ont miné le moral des troupes au cours des dernières semaines. Même si Dubé lève son chapeau face aux comportements adoptés par ses joueurs, tout n’est pas parfait dans ce contexte particulier.

Il y a eu des hauts et des bas. Ç'a beaucoup fluctué. Il faut être honnête, depuis que le beau temps est arrivé, c’est un peu plus difficile. Avec le début de la troisième vague, les jeunes sont conscients de ça et ils voient clair. Ils voient bien que ce sera difficile de jouer une partie. Ils ont été bons toute l’année, ils ont été très résilients, ils ont passé par-dessus et ont été très bons de mettre l’effort à l'entraînement et d’y retrouver du plaisir a-t-il souligné.

Malgré ces derniers mois hors du commun, il ne faut aucun doute dans l’esprit du pilote jonquiérois que ses jeunes ont amélioré leurs habiletés.

Je suis convaincu qu’on y est arrivés, surtout sur le plan individuel. Ça nous a permis d’explorer des avenues, qui, des fois dans une saison complète, on touche un peu moins. Je suis convaincu qu’on a donné des outils à long terme aux joueurs dans une saison de même s’est réjoui Dubé. 

Les trois premiers choix du repêchage 2018 de la LHJMQ prennent la pose pour le photographe

En temps normal, le repêchage de la LHJMQ représente un grand moment pour les joueurs midget AAA. En 2018, les trois premiers choix, Hendrix Lapierre, William Villeneuve et Mavrick Bourque, avaient pris la pose.

Photo : Vincent Éthier/LHJMQ

Et le repêchage ?

Quant au repêchage annuel de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) réservé aux hockeyeurs de 15 et 16 ans, dont aucune date de présentation n’a été annoncée cette année, le sujet meuble régulièrement les discussions entre les joueurs. 

Sans matchs, à l’exception de joutes préparatoires à quatre contre quatre à effectifs réduits en août et septembre, ils ont eu bien peu d’occasions de se faire valoir auprès des recruteurs de la LHJMQ.

Je ne mentirais pas que c’est une préoccupation pour certains joueurs. Les joueurs de 16 ans sont plus nerveux, car c’est souvent pour eux la dernière chance. Ces joueurs-là sont plus inquiets. Pour les joueurs de 15 ans, il y en aura une autre (une saison). Souvent, ils ont été connus parce qu’ils ont été bons au niveau bantam. Idéalement, on serait en mesure de leur donner une petite opportunité de se faire voir (...) Le plus difficile de la job sera de les classer a observé Dubé, qui n’a pas ménagé les coups de téléphone dans les dernières semaines pour promouvoir ses ouailles auprès des clubs juniors.

La saison - sans matchs - des Élites se terminera avec la conclusion des activités en sport-études.

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