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La situation à l’Université Laurentienne préoccupe des Manitobains

Un bâtiment de l'Université Laurentienne.

L'Université Laurentienne a eu recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers, une première au pays pour une université de cette taille. Au total, 69 programmes sont abolis, dont 28 en français.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

L’annonce de l’annulation de programmes d'études et de licenciements massifs à l’Université Laurentienne à Sudbury en Ontario fait réagir la communauté universitaire en situation minoritaire au pays. Au Manitoba, des professeurs affirment que la situation met en péril l’avenir de l’enseignement postsecondaire en français.

Dès la mi-mai, une centaine de professeurs seront licenciés et 28 programmes en langue française seront abolis à l’Université Laurentienne. C’est vraiment triste, lance le professeur en philosophie, Denis Hurtubise, qui affirme avoir été licencié.

Selon lui, plusieurs de ses collègues se retrouvent désormais dans une situation précaire. L'Université Laurentienne dit faire face à des défis financiers sans précédent et souhaite se mettre à l'abri de ses créanciers.

Selon le vice-président de la Fédération des Associations des professeurs universitaires du Manitoba, Patrick Noël, qui est aussi professeur à l’Université de Saint-Boniface (USB), la décision laisse une université en ruine.

M. Noël affirme que toute la francophonie minoritaire du Canada est touchée. L’enseignement postsecondaire en milieu minoritaire francophone est précaire et fragile. Si nous ne prenons pas de démarches dans un avenir prochain, nous risquons de voir d'autres Laurentienne, lance-t-il.

Patrick Noël croit qu’il est déplorable que des défis financiers soient susceptibles de mettre en péril l’avenir d’établissements d’enseignement postsecondaires comme l’USB. Si les circonstances s’y prêtaient, il croit que le scénario de la fermeture de l’USB ou le scénario qu’elle se greffe à une autre université sont envisageables.

Cependant, assure la rectrice de l’Université de Saint-Boniface, Sophie Bouffard, l'établissement n’est pas en danger. On a une très bonne gestion de nos effectifs, de nos ressources. Il y a une gestion très prudente à l'Université de Saint-Boniface.

Déception d’une étudiante

L’Université Laurentienne offrait la seule formation en français de sage-femme, hors Québec. L’étudiante franco-manitobaine Anna Lamontagne Badiou s’y était inscrite cette année, et espérait recevoir une lettre d’admission la semaine prochaine.

J’étais un peu choquée […] de ce que je comprenais de l’Université Laurentienne, la formation de sage-femme était l’une des plus populaires, lance-t-elle.

Anna Lamontagne Badiou termine un baccalauréat en sciences à l’Université du Manitoba, mais souhaitait poursuivre ses études en français. J’ai fait presque toute mon éducation en français sauf l’université, et j’aime l’idée de faire mes études secondaires et d’avoir un emploi en français.

Elle croit aussi qu’il est très important de bien s’exprimer en français dans un rôle comme celui d’une sage-femme.

Il n’est pas possible pour Anna Lamontagne Badiou d’accéder au programme au Québec, puisqu’il est réservé aux étudiants d’origine québécoise. Elle note qu’elle a discuté avec sa famille de la possibilité d’étudier en France, mais sinon […] il faut maintenant que j’étudie ceci en anglais.

Optimisme pour les programmes francophones

Denis Hurtubise demeure optimiste quant au sauvetage des programmes francophones de l’Université Laurentienne, étant donné l’élan de solidarité de plusieurs corps professoraux et acteurs gouvernementaux.

On sent qu’il y a une intention du côté fédéral et du côté provincial maintenant. Mme [Caroline] Mulroney (responsable des Affaires francophones en Ontario) se montre ouverte à discuter avec Mme [Mélanie] Joly [la ministre fédérale des Langues officielles].

Mardi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, indiquait que le gouvernement fédéral était prêt à venir en aide à l'Université Laurentienne, à condition que l’Ontario en fasse la demande.

À écouter :

  • L'entrevue du 6 à 9 avec Valérie Lapointe-Gagnon, professeure agrégée en histoire et droits linguistiques au campus Saint-Jean de l’Université de l'Alberta

Avec les informations de Camille Kasisi-Monet

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