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Photo du député Amos « nu » à la caméra : Pablo Rodriguez demande une enquête

 Pablo Rodriguez prend la parole à la Chambre des communes.

Le leader du gouvernement, Pablo Rodriguez, a demandé, jeudi, au président de la Chambre des communes d’enquêter sur la fuite de la photo où l’on voit le député libéral de Pontiac, William Amos, nu devant la caméra, lors d’une séance virtuelle du Parlement mercredi.

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

Radio-Canada

Le leader du gouvernement, Pablo Rodriguez, a demandé, jeudi, au président de la Chambre des communes d’enquêter sur la fuite de la photo où l’on voit le député libéral de Pontiac, William Amos, « nu » devant la caméra, lors d’une séance virtuelle du Parlement, mercredi.

Je voudrais dire que la conduite de la personne qui a pris la capture d’écran n’est pas seulement malheureuse, mais aussi mesquine et bouleversante pour un de nos collègues. Prendre une photo de quelqu’un qui est nu et en train de se changer, et la partager sans son consentement pourrait très bien être criminel, a lancé le leader du gouvernement à la Chambre des communes, jeudi.

Pablo Rodriguez demande au président d’entamer une enquête immédiate afin de déterminer qui a pris cette photo, afin que la Chambre puisse décider des actions à prendre subséquemment.

Mercredi, le député fédéral de Pontiac, William Amos, a fait les manchettes en apparaissant nu lors de la période des questions.

M. Amos participe à un débat dans le studio radio de Radio-Canada avec les autres candidats dans la circonscription.

Le député de la circonscription de Pontiac, William Amos (archives)

Photo : Radio-Canada

Une capture d'écran obtenue par La Presse canadienne le montre debout, le sexe caché par son téléphone, entre les drapeaux du Canada et du Québec dans ce qui semble être son bureau.

Depuis, la photo a été abondamment diffusée sur Internet.

Demande en délibéré

La demande de M. Rodriguez a été prise en délibéré par le président de la Chambre des communes, Anthony Rota, qui a indiqué vouloir l'examiner.

Car, comme le rappelle le député de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, il est interdit de prendre des photos à la Chambre des communes. Et dans une séance virtuelle, rares sont les personnes qui peuvent voir tous les députés lorsqu’ils ne parlent pas.

Comme député, je peux voir tous les autres députés qui ont leur caméra allumée, mais le public ne peut voir seulement que la personne qui parle, explique-t-il.

Une information confirmée par le whip en chef du gouvernement, Mark Holland, qui a rappelé jeudi, dans un communiqué, que le flux vidéo était privé et non visible par le public, et que seuls les députés ou un très petit nombre de membres du personnel y auraient eu accès.

Il est interdit de partager des vidéos ou des images de toute partie non publique des travaux parlementaires, a-t-il également ajouté. Malgré ce fait, quelqu'un parmi ce petit groupe a partagé l'image qui fait maintenant le tour des réseaux sociaux.

Des députés solidaires

Plusieurs députés ont réagi à la diffusion de cette photo du député libéral. Les libéraux ont notamment indiqué avoir l'appui des néo-démocrates et des bloquistes dans leur demande d’enquête.

Le règlement de la Chambre prévoit en effet qu’il est interdit de prendre des photos à l’intérieur de la Chambre des communes. En ce sens, nous jugeons qu’il est normal que le président veuille enquêter à ce propos et nous allons collaborer à ses demandes, a indiqué le Bloc québécois, dans une déclaration écrite.

Le futur adversaire conservateur de M. Amos dans Pontiac, en vue de prochaines élections fédérales, Michel Gauthier, n’a pas non plus voulu jeter d’huile sur le feu.

Malgré le côté saugrenu de la situation, je n'ai pas l'intention de commenter cet événement. [...] Ce qui nous préoccupe le plus, à ce moment-ci, c'est de vaincre la pandémie de COVID-19, de remettre l'économie de la région sur pied et d'offrir à tous nos concitoyens l'espoir que nous saurons mettre de l'avant les solutions viables pour notre avenir, a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Un homme devant un micro.

Le député d'Argenteuil—La Petite-Nation, Stéphane Lauzon (archives)

Photo : CBC - Radio-Canada © 2018 / Michel Aspirot

Interrogé en marge d’une annonce, mercredi, le député d’Argenteuil—La Petite-Nation, Stéphane Lauzon, a déploré la situation.

Malheureusement, il était devant une caméra au mauvais moment. Il faut penser à ce moment-ci à sa famille, ses enfants, qui doivent subir ces répliques-là, a-t-il réagi.

Présent à ses côtés, le ministre québécois de la Famille, Mathieu Lacombe, s’est fait avare de commentaires, soulignant toutefois que ça arrive à tout le monde de commettre des erreurs.

Le député Amos s’était excusé, mercredi, en fin de journée, dans une déclaration écrite.

Jeudi, il était finalement absent lors d'une annonce à laquelle il aurait dû participer aux côtés de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Anita Anand.

Des conséquences graves

Photographe professionnel à Québec, Francis Vachon se demande comment une telle mésaventure a pu arriver. Mais il souligne que le principal problème est celui de voir cette image diffusée.

C’était une session privée, donc ça veut dire que quelqu’un a fait une capture d’écran et l’a sortie de son contexte. C’est un gros problème. Cette personne pourrait être dans le trouble. On parle de nudité partielle rendue publique, ça pourrait aller dans la catégorie de la "revenge porn", quand on diffuse une image de nudité d’une tierce personne sans son consentement, dit-il.

Cette histoire pourrait avoir des conséquences importantes, confirme Pierre Trudel, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal.

Il y a deux aspects : l’aspect criminel, ça va vraiment viser la circulation de l’image dans la mesure où la personne est dénudée et cela constitue une infraction criminelle. Et il y a un aspect civil, car on ne peut pas utiliser l’image d’une personne contre son gré, à moins qu’on soit capable de démontrer qu’il y a un motif d’intérêt public pour le faire, rappelle-t-il.

Dans la mesure où cela semble accidentel et non planifié, c’est difficile de dire que c’est d'intérêt public.

Une citation de :Pierre Trudel, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal

La question, poursuit-il, sera de voir dans quelle mesure cela pourrait tomber sous le coup de l’une ou l’autre des dispositions de la Chambre et c’est probablement pour ça que le président [de la Chambre] a voulu prendre cette demande en délibéré.

En fin de journée, le député Amos a de nouveau réagi, dans une déclaration écrite, remerciant les messages de soutien reçus et disant trouver regrettable la diffusion de la photo, sans son consentement.

Personne ne mérite de subir un tel préjudice. Je m'attends à ce que le président de la Chambre des communes mène une enquête approfondie, tel que demandé par le Leader du gouvernement à la Chambre, Pablo Rodriguez, écrit M. Amos.

Avec les informations de Denis Babin et Antoine Trépanier

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