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Aucun conseil scolaire francophone de l’Alberta ne prendra part au programme scolaire

Une salle de classe avec des élèves.

Le Conseil scolaire Nord-Ouest est le dernier à refuser d’adopter le nouveau programme scolaire albertain, tout comme une majorité de conseils scolaires anglophones.

Photo : Radio-Canada

Le Conseil scolaire du Nord-Ouest (CSNO) est le quatrième et dernier conseil scolaire francophone de l'Alberta à annoncer qu’il ne participera pas au projet pilote controversé du nouveau programme scolaire albertain, à l'automne. Cette décision a été prise à la suite d'une réunion extraordinaire tenue mercredi.

Le CSNO a consulté les parents et les enseignants de ses communautés scolaires avant de se prononcer. Au terme de ce sondage, 100 % des répondants se sont opposés à la mise à l’essai de l’ébauche du nouveau programme, selon Sylvianne Maisonneuve, sa présidente.

Elle déplore le manque de perspectives francophones du programme et pense qu’il ne respecte pas l’arrêté ministériel sur l’apprentissage des élèves, notamment en ce qui concerne la perspective et l’histoire francophones, surtout dans les programmes de français et d’études sociales.

Nous avons besoin de voir des experts francophones impliqués dans la conception du curriculum, dit-elle.

Nos efforts de consultation et de collaboration ont été ignorés.

Une citation de :Sylvianne Maisonneuve, présidente du CSNO

« La décision des conseils scolaires de ne pas participer à la mise à l’essai permettra à tous les organismes francophones concernés de se concerter, d’analyser et de créer des groupes de travail avec des experts », explique Réginald Roy, le président de la Fédération des conseils scolaires francophones de l'Alberta, la FCSFA.

Nous avons rendez-vous avec le ministère à la fin du mois d'avril et nous leur présenterons les rétroactions issues des groupes de travail que nous aurons constitués, explique-t-il.

Si la province accepte de prendre en compte nos rétroactions, nous pourrons alors travailler ensemble à l’élaboration d’un curriculum plus adapté. Dans le cas contraire, nous entreprendrons une analyse juridique pour faire valoir nos droits, ajoute-t-il.

Raphaël Gani, qui est chargé de cours à l'Université de Sherbrooke et expert des programmes scolaires albertains, pense que la voie juridique est la bonne, car elle donnerait un levier d'influence supplémentaire.

Le nombre de groupes qui veulent rencontrer la ministre pour faire des changements est trop important, d’après lui.

Je ne vois vraiment pas comment la ministre pourrait donner quoi que ce soit de plus aux francophones, car sinon, on ouvre une boîte de Pandore pour d’autres réclamations, venant d’ailleurs, dit-il.

La FCSFA compte également militer auprès de la ministre de l'Éducation, lors de leur rencontre, pour le retour de la Direction de l'éducation française.

Un calendrier inadapté

Le nouveau programme scolaire albertain proposé par la province devrait être mis en place, avec de possibles modifications, en septembre 2022. Néanmoins, Sylvianne Maisonneuve pense que le calendrier proposé n’offre pas assez de temps pour une réflexion approfondie et convenable.

Il faudrait au moins une année supplémentaire. Il faut prendre le temps de bien faire le travail, puisque ce curriculum sera en place pour plusieurs années, dit-elle.

Tout comme Réginald Roy, elle pense qu’en attendant il vaudrait mieux conserver le programme actuel, qui, selon eux, correspond mieux à la perspective francophone.

Partir de ce qui existe actuellement pourrait-être un bon point de départ, disent-ils, en prenant le soin de préciser qu’ils ne sont pas des experts en pédagogie.

La majorité des autres conseils scolaires déçus

Sur l'ensemble des conseils scolaires que compte l’Alberta, seulement trois, pour le moment disent vouloir participer au projet pilote du nouveau programme scolaire albertain, à l'automne. Une vingtaine ont refusé, et les autres ne se sont pas encore prononcés.

Les résultats préliminaires d’une consultation de l’Association des enseignants de l’Alberta (ATA) auprès de ses membres révèlent que 91 % des répondants sont insatisfaits de l'ébauche du nouveau programme scolaire élaboré par le gouvernement albertain pour les élèves de la maternelle à la 6e année.

Selon l’ATA, 90 % des enseignants du primaire qui ont participé à la consultation n'aiment pas l’idée d’enseigner le nouveau programme, tandis que 95 % des directions d'écoles consultées hésitent à le promouvoir dans leur école et au sein de leur communauté.

Pour son président, Jason Schilling, les enseignants qui estiment que le contenu est inapproprié pour les enfants ont la responsabilité morale et professionnelle de refuser de tester le contenu dans les salles de classe.

La ministre de l'Éducation n'était pas disponible pour répondre à nos questions.

En revanche, son attachée de presse, Nicole Sparrow, a souhaité apporter une précision : Si certains conseils scolaires ne souhaitent pas réaliser un projet pilote, ils ne seront pas en mesure de fournir une rétroaction directe sur les changements potentiels.

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