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La CNESST invitée à revoir sa position sur le port du masque N95 en zone tiède

« Ses plus récentes directives ne reposent pas sur des bases scientifiques », jugent une centaine d'experts.

Un homme noir portant un masque N95.

Le masque N95 doit-il vraiment être la norme en zone tiède? Des spécialistes demandent à la CNESST de faire marche arrière.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

L'obligation pour les travailleurs de la santé du Québec de porter un appareil de protection respiratoire (APR) en présence d'un ou plusieurs patients en attente d'un résultat de test de dépistage de la COVID-19 doit être reconsidérée, estime un groupe de 109 médecins microbiologistes-infectiologues et spécialistes du contrôle des infections.

Et cette révision doit avoir lieu de façon urgente, soutiennent-ils dans une lettre transmise mercredi à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dont Radio-Canada a obtenu copie.

Car ces directives, qui ont créé le chaos et semé la confusion dans le réseau de la santé, risquent de faire plus de tort que de bien, plaident les signataires.

Des pénuries réelles de certains modèles d'APR sont déjà observées, écrivent-ils, inquiets que cette rareté ait pour effet de retarder inconsciemment la prescription d’un test chez un patient possiblement infecté [ou] de limiter les visites [des soignants] dans la chambre.

Les auteurs de la lettre rappellent en outre que le port prolongé d'un APR comme le masque N95 est associé à des risques pour les travailleurs, comme des lésions cutanées, des maux de tête, de la fatigue, etc.

Sans compter que les plus récentes directives de la CNESST ne reposent pas sur des bases scientifiques. Les conditions nécessaires pour la transmission de la composante aérienne des aérosols [...] lors de contact avec des patients "tièdes" ne sont pas réunies, soutiennent-ils.

Étant donné l’absence de preuves scientifiques concernant les bénéfices du port d’un APR plutôt que d’un masque de procédure lors de contact avec des patients "tièdes", nous suspectons que vos recommandations sont probablement fortement influencées par le "principe de précaution". Or, le principe de précaution doit reposer sur la science et non pas l’occulter.

Une citation de :Extrait de la lettre transmise à la CNESST mercredi

Les auteurs de la lettre demandent donc à la Commission de réaliser dans les plus brefs délais une analyse risques-bénéfices et une analyse du risque de pénurie potentielle [d'APR] qui, une fois publiées, leur permettront de juger du bien-fondé des directives actuelles.

Une approche ayant évoluée au fil de la crise

Le stock d'APR du système de la santé a été dans un premier temps réservé au personnel de première ligne dans les zones chaudes regroupant les cas confirmés d'infection à la COVID-19.

Mais à la demande de certains syndicats, le Tribunal administratif du travail a statué en mars que les employeurs du réseau étaient obligés de protéger de la même façon les employés oeuvrant auprès des patients « tièdes ».

La CNESST s'est conformée à la décision dès le lendemain, avec la bénédiction du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Mais trois semaines plus tard, rien ne va plus, à en croire la lettre envoyée à la Commission mercredi, rédigée à l'initiative de la Dre Marie Gourdeau, microbiologiste-infectiologue au CHU de Québec, et signée par la Dre Caroline Quach-Thanh, omniprésente dans les médias depuis le début de la pandémie.

La CNESST n'a pas encore réagi à la missive, qui a également été transmise au ministre Dubé, à sa sous-ministre Dominique Savoie, au directeur national de santé publique Horacio Arruda, au ministre responsable de la Commission Jean Boulet et aux trois partis d'opposition représentés à l'Assemblée nationale.

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