•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Portapique : la peur qui subsiste un an plus tard

Un arbre est décoré d'un coeur et d'un tartan, un foulard à carreaux typique de la Nouvelle-Écosse.

Le village de Portapique tente encore de se relever de la tragédie.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Un an après la tuerie des 18 et 19 avril 2020 qui a fait 22 morts dans le nord de la Nouvelle-Écosse, les résidents peinent à surmonter la tristesse et la peur.

Dans le village de Portapique, quelques affiches rappellent la tragédie survenue il y a un an, quand un résident a tué 13 personnes avant de prendre la route et de commettre d'autres meurtres.

L'artiste-peintre Joy Snihur Wyatt Laking confie qu'il lui a fallu du temps pour revoir la beauté du monde.

Nous sommes tous traumatisés et nous souffrons de dépression, raconte-t-elle, notant que les psychologues qui avaient offert leurs services après la tragédie sont repartis et qu'il n'y a pas de médecin de famille pour prendre la relève.

L'artiste est assise dans son atelier et peint un paysage de la Nouvelle-Écosse.

Joy Snihur Wyatt Laking dit avoir besoin d'un soutien psychologique que la peinture seule ne lui apporte pas.

Photo : Radio-Canada

Le tireur a aussi fait des victimes à Wentworth, Debert et Shubenacadie ainsi que sur la route 2, la route 4 et la route 224. Derrière lui, il a laissé un sentiment de peur qui persiste un an plus tard.

Je parle souvent à des gens qui l'ont vu. Moi je l'ai vu la journée d'avant, raconte Ronald Robichaud, un résident de Truro. Ils l'ont vu quand il a mis de l'essence dans la voiture. Ils l'ont vu quand il est passé à Shubenacadie et a tiré sur la femme. Ils l'ont vu à différents endroits où il passait. Il faisait ceci, il faisait ça. C'est incroyable combien de personnes ont été vraiment touchées.

Un autre résident, Pierre Landry, dit qu'il ne va plus se promener à certains endroits, car il ne se sent plus en sécurité.

Les deux amis se tiennent côte à côte près d'un lac.

Ronald Robichaud et Pierre Landry pensent tous les jours à la tuerie des 18 et 19 avril 2020.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Quand je marche avec mon épouse et qu'une voiture approche par-derrière, mon épouse s'arrête et se retourne. Elle a peur.

Une citation de :Ronald Robichaud, résident de Truro

Au cours des 13 heures de fuite du tueur, les résidents du nord de la Nouvelle-Écosse se sont téléphoné pour s'alerter les uns les autres et s'assurer que chacun était en sécurité.

Aujourd'hui, ils ont le même réflexe quand il s'agit de soutenir les proches des victimes.

Communiquer avec eux, leur rendre visite, sortir avec les aînés s'ils n'ont pas la capacité de conduire. Des bénévoles les accompagnent à des rendez-vous, les appellent au téléphone. Avec la COVID, c'est plus difficile, mais c'est important, explique Ronald Robichaud.

Un tartan accroché à une poutre en bois.

Un tartan, symbolisant la Nouvelle-Écosse, est attaché à l'entrée de Portapique le 15 avril 2021, près d'un an après la tuerie.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Des résidents de Portapique ont formé un comité pour rénover le centre communautaire laissé à l'abandon. À Truro, un sculpteur local a érigé un monument temporaire à la mémoire des victimes.

Les résidents débattent encore de la forme que prendra un monument permanent.

À Truro, un homme se tient devant le monument temporaire en l'honneur des victimes du drame de Portapique.

La sculpture intitulée «Coeur brisé» et réalisée par Wayne Smith est installée au parc Victoria de Truro.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

La dernière chose que nous voulons, c'est que les gens se souviennent de Portapique comme d'un lieu où il s'est passé quelque chose d'aussi terrible, explique Alana Hirtle, une des bénévoles qui réhabilitent le centre communautaire.

Sur un monument, tu vois le bien, mais les gens vont se souvenir du mal.

Une citation de :Pierre Landry, résident d'Onslow

Pierre Landry espère que le résultat de l'enquête publique sur la tuerie permettra d'apaiser la mémoire collective.

Ça fait un an, soupire-t-il. On doit savoir pourquoi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !