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Même couvert, un médicament qui prévient le VIH encore hors d’accès en N.-É.

« Les gens qui en ont le plus besoin sont les moins susceptibles d’y avoir accès. »

Une bouteille blanche affichant des informations sur les médicaments qu'elle contient.

La PrEP, une combinaison d'antirétroviraux, est hautement efficace pour prévenir l'infection par le VIH.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Même si elle est, depuis près de trois ans, remboursée dans certains cas par le gouvernement provincial, la prophylaxie préexposition demeure toujours difficile d’accès et peu abordable pour beaucoup de gens qui en bénéficieraient en Nouvelle-Écosse.

Communément appelée PrEP, la prophylaxie préexposition est un traitement préventif hautement efficace pour prévenir l’infection par le VIH, le rétrovirus qui cause le sida.

Le coût de cette combinaison d’antirétroviraux, commercialisée sous le nom Truvada, peut atteindre 3000 $ par année, ou 250 $ par mois.

Notre inquiétude fondamentale est que les gens qui en ont le plus besoin sont les moins susceptibles d’y avoir accès, mentionne Chris Aucoin, directeur de l'AIDS Coalition of Nova Scotia.

La plupart des personnes qui ont un risque élevé de contracter le VIH en Nouvelle-Écosse font partie de communautés qui sont souvent, et à divers degrés, sous-employées et économiquement défavorisées.

L’admissibilité d’un résident de la Nouvelle-Écosse au programme provincial d’assurance médicaments et les franchises (déductibles) à payer sont déterminées par une vérification annuelle de son revenu familial auprès de l’Agence du revenu du Canada.

La couverture provinciale ne rend pas les médicaments gratuits pour autant. Une personne aura quand même à payer une partie du prix des médicaments, ainsi qu’un montant annuel.

Ça ne devrait pas être un luxe

Même pour les individus qui ne sont pas défavorisés et qui ont une assurance - par l’entremise de leur employeur, par exemple - l’accès à la PrEP est loin d’être garanti.

Un homme verse quatre comprimés de médicament dans sa main.

La PrEP, une combinaison d'antirétroviraux, est hautement efficace pour prévenir l'infection par le VIH.

Photo : Reuters / Dylan Martinez

Puisque ce ne sont pas tous les médicaments qui sont couverts par un régime privé d’assurance, il y a des Néo-Écossais assurés pour qui la couverture sera inexistante ou insuffisante.

Mike Hall, un étudiant au doctorat à l’Université Dalhousie, est dans cette situation. Il a une assurance, a eu une prescription pour la PrEP en 2019, mais n’a pas les moyens de se payer le traitement.

Le coût annuel de la PrEP peut s’élever à 3000 $; son assurance rembourse un maximum de 500 $ par année.

Pour beaucoup d’entre nous, c’est un luxe. C’est là où se situe le problème. Ça ne devrait pas être un luxe, déclare Mike Hall.

Khanyiswa Kwatsha exhibe deux bouteilles de médicaments. Elle porte un t-shirt sur lequel est écrit : « Nous sommes la génération qui mettra fin au VIH ».

Une employée d'une clinique de santé sexuelle exhibe les bouteilles contenant la PrEP, traitement préventif contre le VIH, le 26 novembre 2020 à Pretoria en Afrique du Sud.

Photo : Associated Press / Denis Farrell

Une couverture provinciale médiocre

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse avait décidé d’ajouter la PrEP à son régime provincial d’assurance après une hausse soudaine du nombre d’infections au VIH en 2018. Il y avait eu 31 nouvelles personnes infectées par le virus, alors que la moyenne des années précédentes tournait autour de 16.

Selon le ministère provincial de la Santé, on a diagnostiqué 19 nouvelles infections au VIH en 2019. Les chiffres pour 2020 ne sont pas encore connus.

Matt Numer, un professeur adjoint de l’École de santé de l’Université Dalhousie, estime que la couverture offerte par la province est médiocre et que le gouvernement pourrait viser plus haut.

Nous avons les outils pour freiner complètement [la transmission du VIH] dès maintenant. Nous devrions avoir zéro nouveau cas par année, en faisant les efforts nécessaires.

Une citation de :Matt Numer, École de santé de l'Université Dalhousie

Pour être honnête, je ne crois pas que la province devrait se satisfaire d’une couverture médiocre, ou de résultats médiocres, dit M. Numer, qui dirige aussi le comité d’action sur la PrEP en Nouvelle-Écosse.

Matt Numer.

Matt Numer, professeur adjoint à l'Université Dalhousie et directeur du Comité d'action pour la PrEP.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

En 2018, M. Numer prédisait que la couverture proposée serait insuffisante. La majorité des personnes qui sont à risque d'être infectées par le VIH ne sont généralement pas admissibles au régime d'assurance médicaments, disait-il à l’époque.

Il souligne l’exemple de la Colombie-Britannique qui, depuis janvier 2018, offre la PrEP sans aucuns frais aux individus jugés les plus à risque. En 2019 et 2020, le nombre de nouveaux cas de VIH dans cette province ont été les plus bas jamais enregistrés.

Chaque nouvelle infection par le VIH coûte au moins 1 million de dollars : c’est le coût estimé des soins et des traitements qui seront prodigués à une personne qui contracte le virus, durant toute sa vie.

À titre comparatif, la PrEP pour une personne séronégative coûterait au gouvernement environ 3000 $ par an.

Pour Matt Numer, le remboursement complet de la prophylaxie préexposition par le gouvernement provincial est donc pleinement justifié, du strict point de vue économique.

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