•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un agriculteur albertain cultive 930 hectares le long d'une autoroute à Edmonton

Ken Wegner à l'extérieur dans un champ.

Ken Wegner se sent chez lui lorsqu’il travaille dans ses champs, peu importe où ils se trouvent.

Photo : Radio-Canada / Kory Siegers

Radio-Canada

Insatisfait d’assister à l’envahissement progressif des mauvaises herbes et des déchets sur les champs bordant l’autoroute Anthony-Henday, à Edmonton, un fermier a entrepris de faire de la culture sur quelque 930 hectares de terres agricoles de premier choix.

Ken Wegner ne voulait surtout pas laisser ces terres à l'abandon. En 2014, l'agriculteur commence à se renseigner sur les moyens de mettre la main sur ces terres offrant beaucoup de possibilités d'exploitation. Je fais pousser de la paille depuis une cinquantaine d'années [...] J'ai vu dans ces terres une occasion à saisir.

À l'époque, il a une idée bien imprécise de l’ampleur du travail à faire avant qu'autre chose que des chardons ne poussent dans ces champs.

L’agriculteur embauche alors une cavalière et lui achète un cheval afin de lui faire parcourir, pendant deux mois, la portion nord-ouest de l’autoroute Anthony-Henday pour prendre des photos des champs jonchés d’ordures, de tas de ferraille, de béton et d’asphalte.

Il produit ensuite un rapport à l’aide des photographies recueillies pour mesurer les efforts nécessaires pour préparer la terre et la rendre utilisable.

Il présente alors son dossier au gouvernement dans l’espoir d’élaborer un plan de nettoyage avant de signer un bail, peu de temps après.

Ken Wegner assis sur la benne arrière de sa camionnette en train de fumer une cigarette.

Ken Wegner travaille comme agriculteur depuis une cinquantaine d'années.

Photo : Radio-Canada / Kory Siegers

J’ai perdu 141 000 $

Infrastructure Alberta possède 47 baux agricoles autour de la route périphérique d’Edmonton, connue aussi sous le nom de corridor de transport public, ou TUC. Environ 1740 hectares sont utilisés pour l’agriculture depuis la création de ce programme, il y a 10 ans.

Lorsque la province a lancé un appel d'offres en vue du nettoyage, certaines soumissions se chiffraient en millions de dollars, selon Ken Wegner.

Mon offre était vraiment plus basse que les autres, raconte-t-il.Étant agriculteur, je pensais pouvoir le faire à moindre coût, mais j’ai sous-estimé la quantité de travail que cela impliquait.

J'ai perdu 141 000 $, mais je l’ai fait. Je porte un autocollant dans mon camion pour me rappeler mon erreur.

Une citation de :Ken Wegner, agriculteur

Durant l'été 2016, Ken Wegner ensemence ses champs fraîchement nettoyés.

L’agriculteur possède aujourd’hui 22 baux, équivalant à peu près à 930 hectares, allant de la 17e rue à Manning Drive.

Une carte du tracé des terres cultivées par Ken Wegner.

La ferme routière de Ken Wegner s'enroule autour des parties nord, ouest et sud de l’autoroute Anthony-Henday, sur une distance de plus de 50 kilomètres.

Photo : Google Earth

Du bon usage de la terre

L’Alberta loue ces terres aux agriculteurs entre 20 $ et 45 $ l’acre (environ 4050 mètres carrés), selon la qualité du sol et son accès, indique Prasad Panda, le ministre de l’Infrastructure de la province.

Ce n’est pas de l’argent que nous voulons, affirme-t-il. Il s’agit surtout de voir ces terres utilisées de la bonne manière.

Une grande partie des terrains utilisés par Ken Wegner sont coincés entre des quartiers de banlieue et l’autoroute.

Ken Wegner regarde son tracteur.

L'aventure de Ken Wegner commence en 2014, après des années de frustration.

Photo : Radio-Canada / Kory Siegers

Chaque année, il dépense environ 15 000 $ pour ramasser les ordures jetées par les automobilistes ou par déversement illégal.

Je vois beaucoup de personnes assises sur leur balcon en train de nous saluer lorsqu’on coupe le foin ou qu'on le met en balles, mentionne l’agriculteur. Je crois qu’elles sont contentes que le terrain soit nettoyé et qu’il ressemble maintenant à quelque chose.

Avec les informations de Kory Siegers

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !