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Les appels portant sur la santé mentale ont augmenté de 66 % à Saskatoon en 2020

Une image floue d'un homme assis sur un lit dans une petite chambre d'hôpital.

La situation pourrait se prolonger en 2021, selon la sergente chargée de l’Unité pour les personnes vulnérables, Jodi Earl, du Service de police de Saskatoon. (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La détresse psychologique, en partie due à la pandémie, a fait bondir les appels en lien avec la santé mentale au Service de police de Saskatoon de 66 % en 2020, par rapport à l’année précédente.

Le rapport annuel de l’Unité pour les personnes vulnérables de la police indique que les agents ont reçu 1578 appels en 2020, comparativement à 949 en 2019.

Lorsque les policiers reçoivent un appel de ce genre, ils travaillent étroitement avec un travailleur des services de crise Saskatoon Crisis Intervention Services pour répondre au mieux à la détresse de la personne.

La sergente chargée de l’Unité, Jodi Earl, affirme que cette augmentation importante est directement liée à la crise sanitaire provoquée par la COVID-19.

La COVID-19 a grandement touché la population. On a remarqué plus d’anxiété, plus de dépression chez les gens qui se sentent moins soutenus, plus isolés. Leur santé mentale a été fortement touchée.

Une citation de :sergente Jodi Earl, chargée de l’Unité pour les personnes vulnérables

Toutes les tranches d’âge et tous les milieux sont touchés, selon la sergente.

En plus des appels de détresse, les mandats pour des soins en santé mentale ont doublé au cours des cinq dernières années, passant de 165 en 2015, à 330 en 2020. Ce type de mandat peut être décerné par la cour à la demande d’une famille dont un membre refuserait d’obtenir de l’aide.

Le Service de police de Saskatoon a actuellement deux équipes qui comprennent un agent et un travailleur social. Le Service souhaiterait en avoir deux de plus.

Selon Jodi Earl, à l’heure actuelle, l’agent a un quart de travail de 12 heures, et le travailleur social, de 10 heures. Deux quarts de travail se font la journée, suivis de deux quarts de travail de nuit, avant que l’équipe ne soit remplacée, ce qui empêche l’Unité de répondre à tous les appels.

Ces appels sont souvent lourds émotionnellement et mentalement. Ils prennent du temps, car il y a beaucoup de discussions, de planification et de recherche de solutions de rechange.

Une citation de :sergente Jodi Earl, chargée de l’Unité pour les personnes vulnérables

Jodi Earl s’attend à ce que l’année 2021 soit similaire à 2020 en ce qui a trait au nombre d'appels.

Les dommages de l’isolement

La directrice générale des services de crise Saskatoon Crisis Intervention Services, Rita Field, souligne qu’en 2020 96 % des appels ont été principalement liés à des problèmes de santé mentale, comparativement à 63 % en 2019.

La pandémie a bouleversé beaucoup de choses, selon elle : L’isolement et le stress ont eu un effet boule de neige sur la population et les familles.

Le fait que les problèmes de santé mentale deviennent de moins en moins tabous serait une autre raison de l'augmentation de ces appels, ajoute Rita Field.

Le rapport annuel de l’Unité pour les personnes vulnérables affirme que la santé mentale est le facteur principal de risques pour les familles et les individus à risque. Les rapports précédents ont aussi soulevé les dangers liés aux drogues, à la criminalité, au logement et à l’alcool.

Cependant, en 2020, les drogues et l’alcool ont été remplacés comme risques majeurs par les besoins essentiels, ou encore les cours en ligne, indique Mme Field.

Si une personne avait déjà des difficultés avant la pandémie, comme des problèmes financiers, la pandémie n’a fait qu’exacerber la situation.

Une citation de :Rita Field, directrice générale des Services de crise Saskatoon Crisis Intervention Services

Rita Field se demande maintenant si cette augmentation des appels sera permanente, ou si elle est uniquement liée à la pandémie et que le nombre d'appels baissera quand la crise sanitaire sera chose du passé.

Elle dit néanmoins que les effets de cette crise seront durables et que son équipe aura beaucoup à faire pour aider la population à retrouver son équilibre.

Le rapport annuel de l’Unité pour les personnes vulnérables sera analysé par le Conseil des commissaires de police jeudi.

Avec les informations d'Ashleigh Mattern

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