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COVID-19 : des experts de la santé demandent des mesures plus strictes en Ontario

Un homme à vélo traverse la rue au centre-ville d'Ottawa.

Un homme à vélo traverse la rue au centre-ville d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lee

Des experts de la santé sonnent une fois de plus l'alarme et demandent au gouvernement Ford de resserrer les mesures sanitaires au plus vite pour ralentir la propagation constante du virus. Le cabinet ministériel se penche sur la question.

La COVID-19 continue de gagner du terrain en Ontario avec plus de 4700 nouvelles infections et 29 morts en 24 heures.

Pour tenter de trouver des solutions, le cabinet ministériel s'est réuni jeudi après-midi pour discuter de possibles mesures supplémentaires.

Pour l'instant, toutes les options sont sur la table pour tenter de freiner la propagation de la COVID-19, a lancé la solliciteuse générale de l'Ontario Sylvia Jones à la sortie de la période de questions à Queen's Park.

Les hôpitaux sentent de plus en plus la pression de la pandémie avec un total de 1932 patients atteints de la maladie, dont 659 aux soins intensifs.

Le gouvernement de l'Ontario doit mettre en œuvre de toute urgence des mesures encore plus strictes pour protéger la santé et la sécurité de la population de l'Ontario dans cette pandémie qui s'aggrave, écrit sur Twitter le président de l'Association des hôpitaux de l'Ontario, Anthony Dale.

Une photo de la Dre Samantha Hill en vêtement de chirurgie.

La Dre Samantha Hill, chirurgienne cardiaque, rapporte une situation difficile en soins intensifs. Selon elle, certains médecins transfèrent des dizaines de patients par semaine d'un hôpital à un autre.

Photo : Radio-Canada

Difficile de garder le moral à la lumière de la situation, raconte la présidente de l'Association médicale de l'Ontario, la Dre Samantha Hill. Dans les hôpitaux, on est fatigué. On est triste de constater une aussi grande pression sur le système de santé, dit-elle.

Les soins intensifs sont dépassés, affirme la Dre Hill, qui rapporte des conditions de plus en plus difficiles. Elle raconte que certains médecins transfèrent désormais des dizaines de patients par semaine d'un hôpital à un autre, dépendamment des régions, ce qui inquiète le personnel hospitalier.

Cette pression se traduit par une perte des choix qu’on peut prendre et des choses qu’on peut faire, ajoute la Dre Hill.

« On est dans une situation terrible et les chiffres ne se stabilisent pas. »

— Une citation de  Dre Samantha Hill, cardiologue et présidente de l'Association médicale de l'Ontario

Au centre-ville, on a déjà surpassé notre capacité de ventiler et [venir en aide à] un patient sans utiliser leur cœur ou leur poumon, affirme-t-elle.

À un moment donné, les ressources sont limitées que ce soit le personnel, les machines ou les lits, explique-t-elle. Selon la Dre Hill, il y a un grand poids sur les médecins et les infirmières qui devront faire des choix déchirants.

Le Dr Andrew Morris, spécialiste en maladies infectieuses du Réseau universitaire de santé et du Système de santé Sinaï, estime que le prolongement de l'ordre de rester à la maison est inévitable.

Selon lui, les restrictions de voyage entre régions et la fermeture de tous les commerces non essentiels sont aussi nécessaires pour tenter de limiter les dégâts.

« Nous sommes dans la plus grande urgence de santé publique du siècle. »

— Une citation de  Dr Andrew Morris, spécialiste en maladies infectieuses

Les congés de maladie payés, de meilleurs équipements de protection et une meilleure ventilation dans les lieux de travail essentiels sont aussi demandés par cet expert.

La Dre Samantha Hill abonde dans le même sens. On demande au gouvernement de donner des jours de maladie payés aux travailleurs essentiels [parce qu'on] voit que la propagation se passe [principalement] au travail, dit-elle. Sans ces congés, il sera difficile de limiter la propagation du virus, dit-elle.

Le Dr Andrew Morris ne pense pas qu'un couvre-feu comme au Québec serait une réponse adéquate pour l'Ontario. Les preuves [de son efficacité] sont mitigées. Vous finissez par blesser des gens qui travaillent tard, explique-t-il.

La ministre Sylvia Jones s'est d'ailleurs dite inquiète des manifestations contre les mesures sanitaires qui ont eu lieu à Montréal dimanche soir.

La présidente de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario Doris Grinspun.

Selon la présidente de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario Doris Grinspun, la province tire constamment de l'arrière dans sa réponse à la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Selon la présidente de l'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario (RNAO) Doris Grinspun, le gouvernement Ford et ses experts doivent réévaluer les balises de l'ordre de rester à la maison et non seulement le prolonger.

Nous devons aussi redéfinir ce que sont les entreprises essentielles et resserrer ces mesures, ajoute-t-elle.

« On avait prédit la gravité de cette situation il y a des semaines. On aurait pu l'éviter avec des mesures adéquates. »

— Une citation de  Doris Grinspun, présidente de RNAO

Au moment où nous avons assoupli les restrictions, nous avons perdu des jours de progrès, dit-elle.

Doris Grinspun fait le même constant que le Dr Morris : les déplacements ne sont, pour l'instant, pas limités d'une région à une autre. Les Ontariens continuent donc de se déplacer, ce qui augmente le risque d'être exposé au virus.

Le Dr Morris réitère l'importance d'une communication claire et honnête avec le public au quotidien sur la situation réelle en Ontario et suggère au gouvernement Ford d'adopter cette mesure.

De nouvelles projections de modélisation relatives à la COVID-19 seront présentées vendredi.

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