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Une médecin d'Ottawa offre des tableaux pour accompagner des familles endeuillées

La Dre Marisa Azad crée une œuvre sur une tablette graphique.

La Dre Marisa Azad crée des œuvres pour les familles de patients décédés à l'aide d'un stylet numérique et une tablette graphique.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

Lors d’un long quart de travail, en 2017, la Dre Marisa Azad, qui était alors en résidence à l’hôpital d’Hamilton, s’est rendue dans la chambre d’un patient qui est décédé après une longue maladie. C’est ce qui l’a amené à se tourner vers l’art afin de supporter à sa manière des familles endeuillées.

Cette journée-là, la Dre Azad a retrouvé la famille de Chris Springle, âgé de 37 ans, en pleurs, rassemblée autour du lit du défunt. Des sculptures et des dessins qu’avait faits M. Springle avant de tomber malade les entouraient.

Quand la Dre Azad a quitté l’hôpital, elle était épuisée émotionnellement. À son arrivée chez elle, elle a senti qu’elle devait faire quelque chose.

Dans ma stupeur, je me suis assise et j’ai juste commencé à peindre, raconte celle qui est chercheuse spécialisée en maladies infectieuses à l’Université d’Ottawa et qui travaille au campus général de l’Hôpital d’Ottawa.

Je suis restée assise là pendant des heures et des heures, et j’ai créé ce premier tableau, dit-elle. J’ai pensé que je voulais créer quelque chose afin de célébrer la vie de cet homme.

Tableau peint par la Dre Azad représentant un vase avec des pissenlits et un colibri à gorge violette.

La Dre Azad a créée cette image nommée Tooth of the Lion, pour la famille de Chris Springle, un patient décédé en 2017.

Photo : Gracieuseté : Marisa Azad

Un souvenir de lui

Un cerveau partagé entre la science et l’art, c’est ce qu’a toujours ressenti la Dre Azad. Elle a peint à l’huile jusqu’à ce que de graves allergies l’obligent à troquer son pinceau et sa toile contre un stylet numérique et une tablette graphique.

Pour créer ce premier tableau, la Dre Azad s’est inspirée des souvenirs que la famille de Chris Springle avait partagés avec elle au sujet de son art, de sa gentillesse et de l’importance de son héritage mohawk.

Je vois [le tableau] tous les matins quand je me réveille, lance la mère du défunt, Deb Springle. C’est un souvenir de lui.

Selon elle, l’œuvre de la Dre Azad contient toutes les bonnes images, y compris un colibri à gorge violette qui signifie à la fois la créativité et l’orientation spirituelle dans la tradition mohawk, et les pissenlits que son fils transformait en tisane.

Depuis, la Dre Azad a créé neuf autres oeuvres à donner à des familles endeuillées. Ses observations sont rassemblées dans un document de recherche intitulé Art-ICU Project.

J’ai trouvé ça très thérapeutique, autant pour moi que pour les nombreuses familles à qui j’ai donné des peintures au fil des ans, souligne-t-elle. Ils me disent "le simple fait que vous parlez avec nous et de pouvoir partager des histoires sur notre être cher avec vous nous a vraiment aidés à naviguer dans le processus de deuil".

La Dre Marisa Azad devant l'Hôpital d'Ottawa.

La Dre Azad est chercheuse spécialisée en maladies infectieuses à l’Université d’Ottawa et travaille au campus général de l’Hôpital d’Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

L’art de la Dre Azad n’est pas passé inaperçu auprès de ses collègues, dont le Dr François Auclair, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital d’Ottawa.

La réponse qu’elle a tirée des familles avec son œuvre, ça valide son art et son effet, lance-t-il.

Le Dr Auclair et sa femme, Jennifer Toby, ont mandaté la Dre Azad de créer un tableau pour illustrer comment la pandémie a englouti le système de santé.

Mme Toby est la fondatrice de la fondation Creative Wellbeing qui travaille avec la Galerie d’art d’Ottawa pour favoriser les liens entre la médecine et l’art.

Cette dernière explique que l’œuvre illustrera de façon subtile le stress vécu tant par les médecins que les patients pendant cette pandémie grâce à ses couleurs et ses symboles.

Son travail est expressif, c’est aussi très métaphorique, mais peut facilement être saisi par n’importe qui, explique Mme Toby.

Le Dr Auclair estime que sa collègue permettra, par son travail artistique, d’exprimer l’isolement […] et la solitude et toute cette privation sensorielle que les patients ont ressentis quand ils ne pouvaient pas voir et toucher leurs proches. […] C’est une expérience très douloureuse.

Une fois terminé, le tableau devrait éventuellement être affiché dans le nouvel Hôpital d’Ottawa en construction sur un terrain à l’est du campus Civic.

Avec les informations de Sandra Abma

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