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Le campus principal de l'Université de Hearst.

L'Université de Hearst pourra rompre tous ses liens encore existants avec l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Radio-Canada

Le gouvernement Ford autorise l'Université de Hearst à voler de ses propres ailes. L'institution peut maintenant rompre ses liens avec « sa grande sœur », l'Université Laurentienne, qui traverse une période de restructuration en raison de difficultés financières.

Jusqu'ici, l'Université de Hearst était affiliée à l'Université Laurentienne et n'avait pas l'autorité de décerner ses propres diplômes. L'établissement postsecondaire de langue française ne bénéficiait pas non plus d'une autonomie complète sur ses programmes.

Les changements annoncés font partie d'un projet de loi omnibus déposé jeudi par le gouvernement ontarien. Ils signifient que l'Université de Hearst deviendra une institution par et pour les Franco-Ontariens, affranchie de ses obligations envers la Laurentienne.

L'École de médecine du Nord de l'Ontario (EMNO), qui forme des médecins en partenariat avec l'Université Lakehead et l'Université Laurentienne, obtient aussi son indépendance. Plusieurs personnalités publiques s'étaient récemment prononcées en faveur de ce changement de statut pour l'EMNO.

« L'EMNO et Hearst proposent dans le Nord-Est de l'Ontario des possibilités d'éducation spécialisées importantes. Ces établissements sont prêts à franchir un nouveau cap en termes de développement et de maturité », a souligné par voie de communiqué le ministre des Collèges et Université, Ross Romano.

À la suite de l'Université de l'Ontario français, Hearst deviendra la deuxième université autonome de langue française en Ontario. 

Une citation de :Ross Romano, ministre des Collèges et des Universités

Si le projet de loi est adopté, les deux établissements auront l'autonomie et la capacité de faire des choix concernant leur croissance et leurs partenariats futurs, a pour sa part expliqué la ministre des Affaires francophone, Caroline Mulroney.

Le campus de Sudbury de l'École de médecine du Nord de l'Ontario.

L'École de médecine du Nord de l'Ontario a un campus à l'Université Laurentienne, à Sudbury, ainsi qu'à l'Université Lakehead, à Thunder Bay.

Photo : CBC / Jenifer Norwell

Plus tôt cette semaine, la direction de l'Université Laurentienne a licencié une centaine de professeurs et a aboli 69 programmes, dont 28 de langue française. L'annonce des compressions a déclenché un tollé parmi la communauté franco-ontarienne.

L'institution est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis le 1er février. Des années de mauvaise gestion l'ont plongée dans un gouffre financier de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Réjouissances

C'est une nouvelle qu'on attendait depuis longtemps, ça fait plusieurs années qu'on réfléchit qu'on souhaite que ça arrive, qu'on pense qu'on est prêt. On était en pourparlers avec le gouvernement, spécialement dans les deux dernières années, se réjouit le recteur Luc Bussières.

Aujourd'hui, c'est l'aboutissement d'un vieux rêve.

Une citation de :Luc Bussières, recteur de l'Université de Hearst

L'Université de Hearst entend décerner ses propres diplômes dès l'an prochain. Luc Bussières assure aussi que le nouveau statut de son établissement lui permettra de gagner en efficacité et en rapidité. Les projets de l'université pourront se concrétiser plus rapidement, puisqu'il y aura des étapes de moins à franchir pour obtenir des résultats.

Luc Bussières pose pour une photo.

Luc Bussières, recteur de l'Université de Hearst.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

On est content de ce qui nous arrive, mais on est conscient que c'est une semaine difficile pour les francophones, ajoute le recteur, en référence aux compressions à la Laurentienne.

L'annonce réjouit notamment Dènik Dorval, agent de développement économique à Moonbeam et ancien étudiant de l'Université de Hearst. Pour moi c'est une grande fierté, dit-il.

Je veux avoir mon propre diplôme moi aussi qui a l'Université de Hearst dessus et pas l'Université Laurentienne. Pour moi, j'étais étudiant de l'Université de Hearst.

Une citation de :Dènik Dorval, agent de développement économique à Moonbeam

Je vois d'énormes répercussions économiques pour notre région, pour garder nos jeunes, ajoute M. Dorval. C'est un énorme potentiel de développement.

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) a aussi tenu à souligner ce « grand jour » pour l'Ontario français. « L'université pourra ainsi prendre des décisions plus rapidement et être pleinement maître de sa destinée. Cette institution continuera à nous rendre fiers », a fait savoir le président de l'AFO, Carol Jolin.

Pour sa part, Denis Constantineau, directeur général du Centre de santé communautaire de Sudbury, voit d'un bon oeil l'indépendance de l'EMNO.

Avec ce qui se passe à [l'Université Laurentienne], je pense que c'est important d'assurer que l'École de médecine soit indépendante, affirme-t-il.

L'École de médecine joue un rôle essentiel dans le Nord de l'Ontario, ajoute M. Constantineau. La création de l'École de médecine est venue renverser la vapeur quant à la question de pénurie de médecins.

Un baume temporaire

Les nouveaux pouvoirs octroyés à l'Université de Hearst ne signifient pas que les programmes éliminés par l'Université Laurentienne seront nécessairement récupérés.

Avant d'intervenir davantage dans le dossier, le gouvernement Ford préfère attendre la fin du processus de restructuration, qui doit être terminé d'ici le 30 avril. Les ministres responsables, Caroline Mulroney et Ross Romano, ont plusieurs fois répété qu'ils n'avaient pas l'intention d'interférer avec le processus judiciaire en cours.

La ministre Mulroney a toutefois promis d'entretenir le dialogue avec le gouvernement fédéral, après la réception d'une lettre signée par la ministre fédérale des Langues officielles. Mélanie Joly y soulignait l'urgence d'agir pour assurer la pérennité de l'Université Laurentienne, et évoquait la possibilité d'une aide financière de la part du gouvernement Trudeau.

Si la nouvelle indépendance accordée à l'Université de Hearst et à l'EMNO est bien accueillie par le NPD ontarien, le député Guy Bourgouin estime tout de même que la province doit intervenir pour sauver les programmes francophones abandonnés par l'Université Laurentienne.

C'est une bonne nouvelle [pour Hearst], mais c'est dommage que ça vienne au détriment de la Laurentienne.

Une citation de :Guy Bourgouin, porte-parole de l'opposition officielle en matière de francophonie

Le député Bourgouin rêve d'une autre université indépendante, avec son campus à Sudbury, pour répondre aux besoins académiques des francophones du nord.

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