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Accident d’autobus à Westboro : la formation sur les freins d’urgence n'a pas été notée

Des traces de pneus laissées par un autobus dans la neige, dans une voie réservée aux autobus.

Cette photo des traces de l'autobus, déposée comme preuve dans le procès de la chauffeuse d'OC Transpo, a été prise par des policiers d'Ottawa le soir de l'accident. Selon les données extraites du véhicules, les freins n'étaient pas activés au moment de la collision (archives).

Photo :  courtoisie / Cour de justice de l'Ontario

Radio-Canada

L’instructeur qui a enseigné à Aissatou Diallo comment actionner le frein d’urgence a déclaré au tribunal mercredi qu’il avait oublié de le noter dans son dossier de formation.

Mme Diallo était derrière le volant de l’autobus qui a percuté, en 2019, un abribus à l’entrée de la station Westboro à Ottawa, faisant ainsi trois morts et plusieurs blessés.

Elle a plaidé non coupable à 35 chefs d’accusation de conduite dangereuse et également à 3 chefs de conduite dangereuse causant la mort.

La défense avait déjà, par le passé, soulevé des questions quant au dossier de formation de l’accusée dans lequel il n’y avait aucune indication qu’on lui avait été enseigné comment actionner le frein de stationnement ou à ressort comme frein d’urgence.

Philip Latreille, un instructeur de relève et chauffeur d’OC Transpo depuis plus de 12 ans, a raconté à la Cour avoir enseigné à Mme Diallo le 21 juillet 2018, le jour où elle a été formée pour les autobus à deux niveaux.

Son nom, sa signature ainsi que ses initiales sont inscrits aux documents de formation de cette journée, tout comme une liste de contrôle de familiarisation du véhicule, qui mentionne le frein d’urgence.

M. Latreille a soutenu avoir enseigné à Mme Diallo ainsi qu’à deux autres stagiaires cette fonctionnalité, et de leur avoir fait faire un exercice au cours duquel ils devaient, dans le stationnement du chemin Coventry, aller à une vitesse de 25 km/h avant d'engager le frein à ressort sous ses indications.

Cependant, pendant le contre-interrogatoire, M. Latreille a ajouté qu’il avait omis d’inclure cet exercice au dossier de formation, dans lequel les instructeurs documentent les enseignements achevés ou devant être améliorés.

Je ne l’ai tout simplement pas noté. C’était une erreur de ma part, a-t-il dit.

L’avocat de la défense, Solomon Friedman, a fait valoir que l’exercice était distinct de la liste de contrôle de familiarisation du programme pour la journée de formation des autobus à deux niveaux.

Me Friedman a aussi noté que la signature datait du 23 juillet sur la liste de contrôle de familiarisation du véhicule à deux niveaux et qu'elle comprenait une partie pour la configuration du parechoc avant de l'ancien modèle de bus, ce qui a été vérifiée et tout de même signée.

Portrait de la femme à l'extérieure.

Aissatou Diallo a plaidé non coupable à toutes les accusations de conduite dangereuse qui pèsent contre elle pour l'accident d'autobus de Westboro en 2019 (archives).

Photo : Radio-Canada / Raphael Tremblay

L’avocat a également demandé à M. Latreille de détailler la performance de Mme Diallo et des deux autres stagiaires lors de l’exercice de freinage du 21 juillet.

Elle l’a fait selon mes instructions, je crois, a témoigné l’instructeur. Je crois qu’ils ont tous bien fait.

M. Latreille a toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas d’un exercice de réussite ou d’échec, mais plutôt d’un apprentissage les préparant à l’éventualité où l'autobus à deux niveaux rencontrait un problème avec le système de freinage régulier.

L’avocat de la défense a plutôt suggéré que M. Latreille n’avait pas de souvenir précis de la performance de sa cliente, bien que l'exercice puisse faire partie de sa pratique générale d’instructeur.

M. Latreille a ajouté avoir noté que Mme Diallo rencontrait des difficultés d'attention visuelle lors de la journée de formation.

Témoignage du conducteur qui a appelé les secours

Le tribunal a aussi entendu Brian Nesbitt qui conduisait un autobus à deux niveaux sur la route 277, non loin derrière le véhicule de Mme Diallo au moment de l’accident.

M. Nesbitt a raconté avoir ralenti son véhicule jusqu’à l’immobiliser quand il a vu que celui de Mme Diallo avait deux roues sur l’accotement et deux roues sur la route. Il n’était pas certain de l’endroit où le véhicule de sa collègue irait ensuite.

En voyant les victimes sur le sol, M. Nesbitt a raconté avoir appelé le centre de contrôle des opérations pour leur demander d’envoyer tout le monde. Un passager de son autobus est descendu pour aller porter secours aux gens, a-t-il ajouté.

Des policiers en habits d'hiver devant un autobus accidenté.

La police d'Ottawa sur la scène de l'accident d'autobus mortel d'OC Transpo à Westboro (archives).

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le chauffeur a expliqué qu’à l’époque, il croyait que la conduite de Mme Diallo suggérait qu’elle pouvait avoir affaire à un passager qui demandait de descendre, criait ou la déconcentrait. Il a ajouté qu’il n’avait aucun moyen de le savoir de son point de vue.

Pendant le contre-interrogatoire, Me Friedman a soulevé certains commentaires faits par M. Nesbitt lors d’un entretien avec la police le 16 janvier 2019, selon lesquels elle conduisait lentement à certains moments, et qu’il avait du mal à voir la rampe de la station Tunney’s Pasture sur le Transitway.

M. Nesbitt a convenu qu’il faisait correspondre la vitesse à laquelle roulait l'autobus de Mme Diallo à la plupart de la vidéo montrée en cour, filmée depuis le parebrise de son autobus.

Me Friedman a une fois de plus soulevé les commentaires de M. Nesbitt faits à la police que certains véhicules à deux niveaux ont des volants rigides et qu’ils peuvent être plus difficiles à conduire si vous êtes une personne plus petite.

Devant la cour, M. Nesbitt a expliqué que ses commentaires étaient basés sur des ouï-dire d’autres chauffeurs qui disaient qu'il peut être fatigant au cours d'une journée de travail de conduire ce type de véhicule.

Avec les informations de Matthew Kupfer

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