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Erin O'Toole propose une taxe sur le carbone « plus audacieuse »

Les conservateurs s'engagent à respecter les cibles fixées dans le cadre de l'Accord de Paris.

Un homme parle derrière un lutrin dans un décor représentant le Soleil et la Terre.

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O'Toole, a dévoilé son plan « Agir pour l'environnement » lors d'une conférence de presse à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les conservateurs changent de cap et promettent maintenant d'adopter leur propre système de tarification du carbone s'ils sont élus. Le chef Erin O'Toole propose de remplacer la tarification des libéraux par une série d'autres mesures, dont un prix sur le carbone pour les particuliers.

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O'Toole, a présenté jeudi le plan Agir pour l’environnement, qui prévoit d'atteindre les mêmes cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) que celles que se sont fixées les libéraux de Justin Trudeau.

Mais M. O'Toole fait valoir que le plan conservateur favorisera la création d'emplois et la croissance économique, ce que le plan des libéraux ne réussit pas, selon lui.

Les conservateurs s'engagent à respecter les cibles fixées par l'Accord de Paris sur le climat.

En conférence de presse jeudi à Ottawa, les journalistes ont demandé au chef conservateur pourquoi son parti ne proposait pas des cibles encore plus ambitieuses que celles de cet accord international. Erin O'Toole a éludé ces questions, affirmant qu'en redressant l'économie tout en réduisant les émissions de GES, le Canada saura mieux résister à la concurrence étrangère.

M. Trudeau a échoué à atteindre les cibles fixées pendant toutes les années où il a été premier ministre, a rétorqué Erin O'Toole, qui est chef de l'opposition officielle.

Nous reconnaissons que la manière la plus efficace de réduire nos émissions de gaz à effet de serre est de recourir à des mécanismes de tarification.

Une citation de :Erin O'Toole, chef du Parti conservateur du Canada

Le plan de tarification des conservateurs prévoit taxer les consommateurs canadiens à chaque achat de carburant à base d'hydrocarbure. Les fonds ainsi recueillis seraient déposés dans un compte d'épargne personnel et pourraient être utilisés, par ces consommateurs, pour acheter des services ou des biens écoénergétiques, par exemple des laissez-passer pour le transport en commun ou des véhicules électriques.

Une fois que vous faites un achat qui a un élément de carbone dedans, vous obtenez immédiatement un crédit [...], a expliqué le député conservateur Gérard Deltell à l'émission Midi info, jeudi, sur ICI Première.

Pour le député de la circonscription de Louis-Saint-Laurent, cette formule laisse les consommateurs faire leurs propres choix.

En vertu du plan des conservateurs, le prix sur le carbone pour les consommateurs serait limité à 50 $ la tonne. En ce moment, ce prix, à la tonne, s'établit à 40 $ et doit atteindre 170 $ en 2030.

Pour les grands émetteurs de GES, comme les industries, les conservateurs limiteraient la tarification à 170 $ la tonne d'ici 2030.

À l'heure actuelle, le gouvernement libéral impose un système de tarification du carbone dans les provinces qui n’ont pas leur propre régime. Les revenus sont redonnés aux citoyens, là où la tarification s’applique.

Souhaitant travailler en collaboration avec les provinces, M. O'Toole s'engage à respecter les mécanismes mis en place par le Québec et la Colombie-Britannique. Je vais discuter avec [le premier ministre François] Legault, a-t-il dit.

Les États-Unis et la Chine

Le plus important partenaire commercial du Canada, les États-Unis, ne dispose pas encore d'un programme national de tarification du carbone, a rappelé M. O'Toole.

Et, dans l'état actuel du commerce international, a-t-il poursuivi, quelques-uns des plus gros pollueurs s'en tirent au détriment des travailleurs canadiens. Tout plan [environnemental] sérieux doit tenir compte de ces réalités.

Long de 15 pages, le plan des conservateurs prévoit aussi :

  • d'exiger des constructeurs d’automobiles qu'ils vendent plus de véhicules à émission zéro;
  • de réduire les émissions industrielles;
  • d'augmenter l’utilisation de gaz naturel renouvelable;
  • d'appliquer une norme sur le carburant faible en carbone.

Les conservateurs préconisent qu'Ottawa taxe les produits importés de pays dont les normes en matière d'environnement et de GES sont moins sévères que celles du Canada. À ce chapitre, Erin O'Toole a cité nommément la Chine.

Un caucus divisé

Un homme photographié de profil devant quatre drapeaux du Canada.

Erin OToole, chef du Parti conservateur du Canada, assure que, s'il accède au pouvoir, il collaborera avec les provinces et respectera les mécanismes de tarification du carbone fixés par le Québec et la Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Ce plan est présenté au moment où la pression est forte sur le Parti conservateur pour qu’il démontre son engagement en matière d'environnement.

Lors de son dernier congrès, cette question a porté ombrage au parti. Une résolution visant à reconnaître l'existence des changements climatiques et à s'y attaquer a été rejetée par 54 % des membres.

Aux conservateurs et aux membres de son caucus qui pourraient être déçus par le fait qu'il promeuve désormais une tarification sur le carbone, Erin O'Toole répond ceci : Je leur dis que je mets fin à la taxe de M. Trudeau pour mettre de l'avant une approche intelligente, transparente et basée sur le marché.

Selon le chef conservateur, cette façon de faire permettrait aux Canadiens de mesurer leur empreinte carbone respective. C'est tellement innovateur que ça va prendre un peu de temps aux gens à le comprendre, a-t-il déclaré.

Une idée « bizarre »

Aussitôt déposé, le plan conservateur s'est valu des critiques.

De l'avis du ministre fédéral de l'Environnement et du Changement climatique, Jonathan Wilkinson, il s'agit d'un incitatif pour polluer plus. Une idée bizarre, selon lui.

D'après le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, ce plan serait si compliqué à gérer qu'il nécessiterait beaucoup de bureaucrates et de fonctionnaires. Ce qui est vraiment étrange de la part des conservateurs, a-t-il fait observer.

Ça ne nous donne pas l'indication qu'ils sont véritablement sérieux ou crédibles dans leur action climatique, a déclaré pour sa part Kristina Michaud, porte-parole du Bloc québécois en matière de changements climatiques.

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat et Énergie chez Greenpeace Canada, accueille sans enthousiasme le plan conservateur qui propose d'abaisser la barre, dit-il.

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a pour sa part proposé aux conservateurs déçus de rejoindre sa formation politique : La porte est ouverte, a-t-il dit en conférence de presse.

Avec les informations de Madeleine Blais-Morin

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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