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L’attente de la bulle atlantique est insupportable pour des familles séparées

Des gouttes de pluie sur une fenêtre avec un phare en arrière-plan.

Le report de la bulle atlantique désole des familles dont les membres sont séparés.

Photo : Autre banques d'images / Guy Leblanc

Radio-Canada

Des familles accueillent avec tristesse le report de la bulle atlantique qui prolonge leur séparation au moins quelques semaines. Certaines n’en peuvent plus d’attendre les retrouvailles.

Kathleen Couture a le cœur gros. Mère de famille à l'Île-du-Prince-Édouard, elle n'a pas vu depuis plus de cinq mois ses enfants et ses petits-enfants, qui habitent en Nouvelle-Écosse.

La famille, c'est ma vie. Puis, moi, j'ai besoin d'avoir mes enfants. Le besoin est plus gros que la bulle. J’ai besoin d'aller voir mes enfants, affirme Mme Couture.

Kathleen Couture dans sa maison.

Kathleen Couture affirme que le besoin de voir ses enfants et ses petits-enfants en personne est plus fort que la bulle atlantique.

Photo : Radio-Canada

Elle attendait avec impatience l'ouverture de la bulle atlantique prévue pour le 19 avril, ce qui aurait permis aux habitants des quatre provinces de voyager de l’une à l’autre sans obligation de s’isoler.

Le Conseil des premiers ministres de l'Atlantique a toutefois décidé de reporter l’ouverture de la bulle compte tenu de la récente flambée des cas de COVID-19 dans certaines parties du Canada atlantique et de l'émergence de formes plus transmissibles du virus, a-t-il expliqué mardi. La nouvelle date prévue pour le rétablissement de la bulle est le 3 mai à la suite des recommandations des médecins hygiénistes en chef.

L’attente est un supplice pour Kathleen Couture. Elle compte aller en Nouvelle-Écosse d'ici la fin du mois, quitte à s'isoler.

C'est un autre mode de vie très triste quand tu ne peux pas être là pour tes enfants, être là pour tes petits-enfants. Puis, là, c'est rendu au point que j'ai attendu, j'ai attendu. La bulle va peut-être ouvrir, va peut être ouvrir, va peut être ouvrir, on a une date, mais tout d'un coup la date est poussée. Là, je n'en peux plus. Mon petit cœur a besoin d'aller les voir, explique-t-elle.

Sylvie Plourde-Farrell interviewée à l'extérieur.

Sylvie Plourde-Farrell demande des exemptions pour les personnes vaccinées contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Sylvie Plourde-Farrell n'a pas vu ses parents depuis novembre. Elle, son mari et ses enfants vivent à l'Île-du-Prince-Édouard et le reste de sa famille habite au Nouveau-Brunswick. Ils n'ont pas encore fêté Noël et ils espèrent le faire bientôt.

On le fait aussitôt que cela ouvre. On préfère le faire aussitôt que l'on aura la chance de se rendre au Nouveau-Brunswick. On va le faire, puis on va échanger nos cadeaux à ce temps-là et aussi profiter de la famille, souligne Mme Plourde-Farrell.

Des familles demandent des exemptions

Le maintien de la fermeture de la frontière aux déplacements non essentiels entre l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick est encore plus déchirant lors de moments tragiques.

Réjeanne Arsenault, qui habite à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, vient de perdre son neveu décédé de l'autre côté du pont de la Confédération.

La cérémonie ne pourrait pas avoir lieu avant l'automne, alors c'est pour cela que l'on mettait [l'accent] d'essayer de le faire dès que la bulle serait ouverte, dit-elle.

Réjeanne Arsenault.

La famille de Réjeanne Arsenault a dû changer des plans de funérailles à cause du report de la bulle atlantique.

Photo : Radio-Canada

Il est impossible pour elle et sa famille de se rendre sur place pour la cérémonie. Il est difficile aussi de tout organiser pendant que sa sœur, qui habite dans un foyer de soins, est seule.

Il faut tout refaire les plans avec les gens à l'Île-du-Prince-Édouard qui peuvent appuyer ma sœur, indique Mme Arsenault.

Réjeanne Arsenault et d'autres familles réclament des exemptions pour les cérémonies funèbres, ainsi que pour les personnes déjà vaccinées contre la COVID-19.

Je me dis, si c'est quelqu'un du Nouveau-Brunswick qui a reçu ses vaccins, pourquoi ils ne peuvent pas nous visiter à l'île sans avoir besoin de s'isoler? Présentement, mes parents ont reçu chacun une dose des vaccins. s'ils ont reçu leur deuxième, pourquoi ils ne pourraient pas venir ici sans avoir besoin de s'isoler? s’interroge Sylvie Plourde-Farrell.

Les autorités sanitaires insulaires refusent pour le moment. Tous doivent attendre au moins jusqu'au 3 mai pour se retrouver.

D’après un reportage de Julien Lecacheur

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