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« Avortements sélectifs selon le sexe » : le chef conservateur permet un vote libre

Erin O'Toole pose une question à la Chambre des communes.

Le chef conservateur Erin O'Toole, lors de la période des questions à la Chambre des communes le 9 mars 2021.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Le chef conservateur Erin O'Toole autorisera un vote libre sur la proposition d'une membre du caucus pour interdire les « avortements sélectifs selon le sexe ».

Un projet de loi d'initiative parlementaire sur la question a été présenté mercredi par la députée de la Saskatchewan Cathay Wagantall et débattu à la Chambre des communes.

Mme Wagantall a cité un sondage qui a indiqué que de nombreux Canadiens sont opposés à l'interruption volontaire de grossesse sur la base du sexe.

Elle a fait valoir que son projet de loi promouvait l'égalité des sexes pour les filles et les femmes, et avait plus de soutien que d'autres questions liées à l'avortement tout en étant moins polarisant.

J'encourage chaque membre de cette Chambre à avoir le courage d'exercer sa liberté légitime de voter selon sa propre conscience, de la même manière que nous, de ce côté-ci de la Chambre, avons cette liberté de faire et d'adopter ce projet de loi, a dit Mme Wagantall aux députés.

Elle a particulièrement lancé un défi aux députés libéraux, soulignant que le premier ministre Justin Trudeau et son Cabinet s'identifiaient comme féministes.

Le projet de loi de Mme Wagantall a été présenté par la députée conservatrice Karen Vecchio, leader adjointe de l'opposition à la Chambre, qui a suggéré que les parlementaires devraient au moins être ouverts à discuter de la question, plutôt que de simplement se lancer dans des attaques contre leurs rivaux.

Les autres partis dénoncent un stratagème

Les représentants du PLC, du NPD et du Bloc québécois n'ont pas tardé à prendre à partie les conservateurs, y voyant une tentative dissimulée d'éroder les droits reproductifs des femmes avec des énoncés trompeurs et un langage autour de l'égalité visant à déguiser sa véritable intention.

Personne ne soutiendrait l'avortement sélectif selon le sexe, mais ce n'est pas ce qu'est ce projet de loi, a déclaré Jennifer O'Connell, secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé Patty Hajdu.

Si ce projet de loi ne vise vraiment qu'à interdire les avortements sélectifs en fonction du sexe, alors pourquoi son propre chef a-t-il déclaré qu'il ne le soutenait pas? Si ce n'est vraiment pas un moyen détourné d'éroder les droits des femmes, pourquoi son propre chef ne le soutient-il pas? a demandé Mme O'Connell.

M. O'Toole a mentionné plus tôt dans la semaine qu'il voterait personnellement contre le projet de loi, car il soutient le droit d'une femme de choisir d'interrompre sa grossesse.

Il n'a pas indiqué directement s'il autoriserait ses porte-parole de l'opposition à voter librement sur la question.

Sa porte-parole, Chelsea Tucker, a confirmé mercredi que les votes de conscience sont des votes libres pour tous les membres.

L'organisation anti-avortement RightNow s'est réjouie de voir M. O'Toole respecter la promesse faite pendant la course à la direction du parti de permettre à ses députés de voter librement sur des questions de conscience.

Bien que nous soyons heureux qu'Erin ait confirmé cet engagement envers les pro-vie, nous sommes toujours déçus de sa décision de ne pas voter pour cette loi raisonnable et populaire, a déclaré la cofondatrice de l'organisation Alissa Golob dans un communiqué.

Nous continuerons de surveiller de près quels députés voteront pour et contre la législation, et encouragerons nos partisans à voter et à se porter volontaires en conséquence lors des prochaines élections.

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